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jeudi 26 décembre 2019

épisode 167 : JdR épistolaire, lettre n°5

Voici la troisième missive par Louis Adamos de la part de mademoiselle Esparon. Toujours un retard considérable, de ma faute, quelque peu aidé par le crash de mon ordinateur pendant les vacances de la Toussaint (et par le fait que quoi qu'on puisse en dire, il semblerait que nous les profs devions travailler un peu de temps à autre). J'espère pouvoir reprendre tout ceci à rythme bien plus convenable, et éviter de décrocher de l'histoire (autant pour moi que pour Amaury). N'hésitez pas à jeter un œil sur les missives précédentes, les liens sont donnés en fin d'article.






vendredi 6 septembre 2019

épisode 159 : JdR épistolaire, lettre n°3

En réponse à son courrier à mademoiselle Linda Esparon, voici la lettre reçue par monsieur Louis Adamos. Il s'agit donc du troisième courrier, c'est pour cela que cet article porte le nom "lettre n°3" alors que le précédent sur ce blog était le numéro un. Viendra plus tard le moment de faire un joli récapitulatif, pour le moment, voici directement le contenu du courrier:







Joints avec cette lettre, le moustachu monsieur Adamos a pu trouver le contenu suivant :


vendredi 9 août 2019

épisode 157 : JdR? Correspondance? Cadavre exquis?


Cela fait bien trop longtemps que je n'ai pas fait de jeu de rôle. Les mauvaises langues diraient que depuis le temps que je dis que je vais masteriser du Star Wars, je n'ai qu'à m'en prendre à moi-même. Quoi qu'il en soit, la nouvelle expérience rôlistique qui s'annonce est d'un genre un peu particulier. Et ce blog va en accueillir une bonne partie. Il s'agit d'un jeu de rôle épistolaire avec le camarade Tamorky, dont vous trouverez le blog à droite. 

Pour paraphraser ainsi ce qui est déjà écrit sur son blog (je vous enjoins à aller lire directement sur son Reblog la présentation du bouzin), voici en quelques mots le concept: 
Les deux correspondants, chacun jouant le rôle d'un investigateur, s'échangent des lettres, enquêtant sur... Eh bien on verra sur quoi... Et se font ainsi parvenir leurs découvertes. Lors de la préparation, sur le thème envisagé on a laissé la liberté à ce cadavre exquis de développer ses propres univers. On verra bien où ça nous mène. Du Cthlhu? Du Dr Who? Des extra terrestres? Qu'en sais-je? Ce sera à mademoiselle Linda Esparon et à monsieur Louis Adamos de creuser et de voir sur quels éléments ils sont tombés. Pour le moment, il n'y a pas besoin de connaître d'autres éléments que la période, actuelle, et les personnages, dont je vous mets les caractéristiques ci-dessous.


Introducting Tamorky as Linda Esparon



  • Nom : Linda Esparon
  • Date de naissance : 15/06/1996
  • Adresse : Chemin Les Cannelles, Victoria, Seychelles
  • Situation familiale : non mariée, sans enfant. Fille unique d’un gros magnat de l’industrie thonière de l’archipel, elle s’est construite en opposition avec sa famille,… sans refuser son argent de poche.
  • Profession : Étudiante (géographie)/dilettante
  • Affiliation éventuelle : présidente de l’association “young researcher for the study and preservation of Seychelles”
  • Passions/champs de compétence : tout ce qui concerne de près ou de loin son île, écolo, aime traîner seule dans les petits villages et petites îles reculées. Navigation.
  • Traits de caractère : extrêmement curieuse, sportive et sociale. Elle n’a clairement pas sa langue dans sa poche.

And Ernest as Louis Adamos 




Le but de la publication va être de diffuser ici les lettres que je reçois, qu'Adamos reçoit, de la part de Linda Esparon. De son côté, Tamorky publiera le courrier qu'il reçoit. À chaque fois en rappelant le lien vers le courrier précédent sur le blog du compère.

Pour le moment, j'ai déjà reçu un premier courrier, complété de documents numériques tels des photos qui ne sont pas forcément aisées à imprimer et à envoyer. La réponse de Louis Adamos est en cours d'acheminement. L'affaire s'avère vraiment intéressante. Fort proche du cadavre exquis, le travail d'écriture est néanmoins ardu. Enfin, c'est peut être uniquement de mon point de vue. Le premier courrier reçu s'appuie sur des éléments réels, cela ajouté à l'ancrage dans le monde contemporain, donne un côté réaliste aux recherches effectuées par Adamos pour répondre à Linda. Et sans spoiler la dite demoiselle qui n'a pas encore reçu mon courrier, j'ai du coup fait un certain travail de recherche. Et pour le moment nombre des éléments renvoyés s'appuient sur des éléments réels.
De plus, ayant affaire à un maître de jeu aguerri avec lequel j'ai déjà fait moult parties, je me mets une pression supplémentaire, tout seul, en pensant que Tamorky dirige l'histoire. Ce qui bien entendu n'est pas du tout le but de ce projet. Pour le moment je n'ai pas la moindre idée d'où nous allons, et c'est ça qui rend tout le truc intéressant ! Tamorky écrit qu'il se servira probablement des cartes de "muses et oracles" pour résoudre des situations ou s'inspirer pour de nouvelles intrigues. Bien sûr, il n'est pas question ici de quelconques lancers de dés. De mon côté, je n'ai aucune idée d'aides de jeu ou d'écriture à utiliser ! Nous verrons bien au fur et à mesure ! Mais j'ai quelques idées que j'aurai plaisir à  placer...
Sur ce, et pour ne pas alourdir les futurs articles rolistico-épistolaires, je vous donne rendez vous dans une poignée d'heures avec l'article suivant qui contiendra donc le premier courrier reçu par Louis Adamos.


samedi 28 juillet 2018

épisode 114 : Une petite tranche de Soylent?

Un blog c'est un peu comme un cahier, avec des croquis, des idées griffonnées à droite ou gauche, et de temps à autre un bout de texte complet qu'on veut montrer. J'avais laissé en plan pas mal d'articles dans la section brouillon : des choses qui vont d'articles à demi écrits, à de simples idées, posées là, en me disant que j'écrirai l'article idoine plus tard. Bon, depuis 10 ans, les idées je les ai oubliées, mais il reste quelques petits bouts de textes. Du coup, je fais du cadavre exquis avec moi même... très conceptuel tout ça... Le début de ce qui suit a été écrit pour l'épisode 100. Et la suite est toute fraîche, sachant que je n'ai strictement aucune idée de la direction que je voulais emprunter...



La sueur coulait sur le front crasseux de l'homme. Jadis roux et courts, ses cheveux tombaient maintenant sur ses épaules, noyés dans la poussière et la saleté. Une barbe rousse et hirsute lui mangeait le visage, dissimulant à grand peine la cicatrice qui courait de son orbite gauche à son menton, fendant sa bouche en un rictus figé et presque ironique. Vestiges de son armure et de sa cape, ses hardes le mettaient au ban de la société dans chacune des villes qu'il avait traversées sur le trajet du retour. Seule son épée, dissimulée dans un fourreau rafistolé, gardait un peu de la superbe qui l'animait quand il avait quitté son foyer pour partir sur les routes, il y avait huit années de cela.
Il en avait tant vu en huit ans que plusieurs vies entières lui semblaient s'être écoulées. Mais il se rappelait vaguement, il avait quitté son pays... impossible de se souvenir d'un nom, d'ailleurs même le sien avait déserté sa mémoire depuis longtemps. La solitude, le dénuement, les épreuves qu'il avait traversées, les créatures horribles qu'il avait fuies ou vaincues... Tout ceci dans un seul but. Trouver le talisman de Xénon et le ramener pour pouvoir tuer le Maître. Trouver le talisman de Xénon et le ramener pour pouvoir tuer le Maître... Il n'avait plus en tête que ce leitmotiv. Et depuis que la lourde chaîne en bronze, soutenant le fameux talisman, mordait les chairs de son cou, sa rengaine ne le poussait plus seulement en avant, mais elle le maintenait en vie, effaçant sa fatigue, muselant sa faim, guidant ses pas sur le trajet de retour. Vers le dénouement de sa quête. Vers sa cité, et vers le palais du Maître.


Son entrée dans les faubourgs s'était quasiment faite sans encombre. La population semblait encore plus raser les murs que lorsqu'il était parti et les troupes du maître patrouillaient, toujours omniprésentes, mais la tradition de la garde de la porte sud était toujours au laxisme. Et un vagabond, sale, puant et l'air illuminé était rarement considéré comme une menace pour la sécurité de l'état. Ses pas l'avaient mené machinalement vers la Place aux Ours, et son tableau d'affichage public, véritable état des lieux de la vie dans la cité. Il avait failli ne pas reconnaître le lieu: les chênes millénaires sculptés qui donnaient son nom à la place n'ombrageaient plus les pavés irréguliers. Ils avaient cédé la place à un gibet où se balançaient doucement plusieurs cadavres, certains morts depuis plusieurs jours. Le panneau d'affichage, quant à lui n'avait pas bougé, mais présentait maintenant uniquement des tracts à la gloire du Maître ou des avis de recherche contre divers traîtres, terroristes, ou tout opposant au Maître. Toutefois la répression avait dû gagner en efficacité vu le nombre limité de primes. D'ailleurs, en soulevant un parchemin vantant l'honnêteté et la bonté de la justice du Maître, l'homme resta figé devant une représentation naïve d'un groupe de jeunes gens affublés d'une prime de 180 couronnes. Les affiches placardées au dessus avaient empêché l'illustration de complètement disparaître, mais le texte et notamment les noms avaient été effacés par le soleil.
La voix lancinante qui guidait ses pas depuis des années et la tension de la chaîne du talisman autour de son cou semblèrent soudain passer à l'arrière plan, tandis que l'homme sentit des larmes tracer des sillons dans la crasse recouvrant son visage. Ses quatre amis étaient morts depuis longtemps, tombés les uns après les autres, les revoir ainsi, même sous un trait si grossier l'avait bouleversé. Et là, au centre de l'illustration, cheveux roux et visage étrangement juvénile, c'était lui, à côté de Myra! Myra... Il ne retrouvait pas les noms des autres, mais comment avait-il pu oublier celui de Myra? De vagues sensations, des images de joie passée lui revinrent. Les détails et le reste de son passé continuaient pourtant à lui échapper, occultés par sa rengaine incessante, maintenant renforcée par un renouveau de haine envers le maître. Un coup de hampe dans les côtes le fit sortir de ses pensées en sursaut.

*

vendredi 1 avril 2011

épisode 100: Il arrive...



La jeune femme marchait dans la rue d'un pas léger. Une veste fine recouvrait sa robe légère: malgré l'heure tardive, il faisait encore chaud. L'été allait bientôt pointer son nez. Dans la chiche lueur des réverbères, il était difficile de distinguer la couleur de ses cheveux. Sortant à peine d'une soirée bien arrosée, elle était d'excellente humeur. Elle sauta en riant par dessus un obstacle qui bloquait le trottoir. Si elle avait été sobre, elle aurait reconnu ce que c'était.
Une jambe. Sectionnée. Mais non, elle continua sa route tranquillement, vers la forme plus sombre d'une église en contrebas. Les cloches la firent sursauter: 11h52 sonnaient au clocher. Un grattement derrière elle la fit se retourner brutalement. Une forme sombre était penchée sur quelque chose, à l'endroit où elle venait juste de passer. Un frisson désagréable parcourut son dos. Toutes les rumeurs auxquelles elle ne voulait pas ajouter foi lui revinrent en mémoire. Elle se sentit comme douchée; les effets de l'alcool disparus comme par miracle.
Sans demander son reste, elle prit ses jambes à son cou, se précipitant vers l'église. Elle n'avait rien distingué d'autre qu'une forme indistincte mais quelque chose l'avait mise très mal à l'aise. L'avait même révulsée. Dans le cercle de lumière du lampadaire, elle s'était sentie vulnérable, seule, et la peur _peut-être n'était-ce qu'une peur irraisonnée_ l'avait saisie au plus profond d'elle-même.
Ses talons cliquetaient sur les pavés. Le souffle lui manquait; elle n'avait pas l'habitude de courir, encore moins après un bon repas mais un sentiment de panique l'aiguillonnait. Haletante, elle arriva au pied des murs de l'église et se réfugia dans l'ombre d'un contre-fort. Tentant de calmer les battements de son cœur, elle se renfonça dans l'ombre comme si elle voulait se fondre dans la muraille.
Elle étouffa non sans peine un cri. Trois silhouettes obscures perchées à mi hauteur la regardaient. Se fondant dans la pierre, leurs corps semblaient onduler le long du mur et leurs visages cauchemardesques tout droit sortis des enfers. Des gargouilles. Juste des saloperies de gargouilles; elle se morigéna en elle-même et reporta son attention sur le haut de la rue. La plus proche "gargouille" déploya silencieusement une patte griffue et ailée pour descendre un peu plus le long du mur.


La rue semblait calme et déserte. Comme si elle l'avait toujours été. L'heure tardive avait-elle joué avec l'imagination de la jeune femme ? Elle aurait bien rit d'elle-même si elle n'avait pas eu aussi peur. Elle commençait à respirer normalement quand une forme sombre se dressa devant elle, surgi de nulle part. Son cri se figea dans sa gorge quand la forme sombre la poussa violemment au sol et sortit une lame. La lame ornée de symboles brillants semblait sortie des ombres puis la jeune femme réalisa que la forme qui se dressait devant elle était revêtue d'un grand manteau sombre des plis duquel sortait cette arme.
La silhouette semblait fixer son attention sur les gargouilles qui l'avaient faite sursauter. Absurde, ce type était encore plus bourré qu'elle s'il prenait des statues pour des trucs vivants. Seulement, les gargouilles semblaient plus proches, avec une expression plus menaçante si cela se pouvait. La jeune femme recula en rampant, essayant de faire le moins de bruit possible, bien décidée à fuir au plus vite cet endroit. Elle cligna des yeux un seul instant; il lui sembla que plusieurs minutes s'étaient écoulées. Les gargouilles, toujours immobiles, étaient à présent tout près du sol et tendaient en avant de longs bras décharnés et griffus. Et leur visage ! Mon Dieu comme elle aurait voulu ne jamais avoir vu de pareilles abominations !
Cela n'était rien en comparaison du chuintement qui paraissait provenir de la forme sombre avec son épée. Le type en noir avait un contour flou et la jeune femme avait du mal à distinguer autre chose qu'une forme. Et ce n'était pas l'alcool ou la fatigue; l'adrénaline courait dans ses veines, améliorant ses perceptions. L'"homme en noir" parlait ou racontait un truc dans sa barbe, seulement, impossible d'en saisir un traître mot, ou même de reconnaître la langue utilisée. Une horrible sensation de saleté nouait les entrailles de la jeune femme, pétrifiée par les miasmes invisibles qu'exhalait le type en noir.
Au moins, cela avait l'air de faire quelque chose sur les gargouilles. Des craquelures se répandaient sur tout leur corps, dans la roche. La jeune femme passa sa main devant ses yeux, comme pour vérifier qu'elle n'était pas victime d'une quelconque illusion d'optique. Quand elle les rouvrit, les gargouilles étaient toujours dans la même position mais ressemblaient plus à... des gargouilles. De vraies gargouilles en pierre qui avaient subi l'outrage du temps: fendillées, craquelées, leurs contours s'effaçaient à l'image de quelque bloc de granit marin battu par le ressac.


"Fuyez !" L'homme en noir s'était retourné, le visage toujours caché dans l'ombre mais avait tendu une main vers la jeune femme, son épée disparaissant quand il se retourna vers elle. Se relevant d'un bond, elle s'en saisit sans trop savoir ce qu'elle faisait. Il n'y avait qu'une seule chose à faire: quitter cet endroit, tout le reste attendrait ! Ils commencèrent à s'éloigner de l'église. Mais pourquoi s'en était-elle approchée déjà ? Nom de Dieu ! Le quelque chose qui rampait dans l'obscurité ! Il n'y avait pourtant que quelques minutes à peine depuis sa course vers l'édifice religieux et pourtant ces,..., ces gargouilles ou quoi que cela puisse être avaient accaparé toute son attention.
Elle essaya de se libérer de la poigne de l'homme en noir. Ils avaient atteint l'endroit où elle avait cru voir quelque chose tout à l'heure. L'homme la poussa brutalement dans une ruelle, éclairée seulement par un soupirail d'où filtrait une lueur verdâtre qui avait l'air animée. Elle trébucha et s'étala de tout son long dans la poussière et les détritus qui jonchaient la ruelle. Rien qu'à voir les ombres mouvantes projetées par l'étrange lueur, elle en eut la nausée, comme si elle contemplait quelque chose d'interdit, d'ancien mais surtout d'infiniment malfaisant. Il lui fallut aussi quelques instants avant de reconnaître le liquide poisseux dans lequel elle gisait. Du sang. Le tas de sacs en plastique à côté d'une petite porte arrondie en était l'origine.
"Oh oui, c'est bien ce que vous croyez" répondit l'homme en noir à la terreur naissante que l'on pouvait lire dans ses yeux. Terreur doublée d'un début d'incompréhension et de questionnement. "Pourquoi je vous ai tirée de leurs griffes ? Mais voyons, aujourd'hui est un grand jour, aujourd'hui Il revient !". Il continuait à parler tout en s'approchant de la jeune femme. Sa voix avait quelque chose de répugnant, chaque phrase commençant dans un infâme gargouillis. En passant dans les rayons de lumière verte, ses traits semblèrent s'affermir, révélant dans l'ombre d'une capuche un visage presque humain. Sa peau semblait fine, avec un reflet jaunâtre. Trois grandes coupures s'ouvraient en rythme de chaque côté de ses joues. Comme des branchies.
Maintenant proche de la jeune femme _trop proche, bien trop proche_ elle sentait une odeur de mer, un vague remugle de varech et de décomposition.
"Vous devriez être honorée, vous êtes la centième !" Complètement affolée, la jeune femme ne put esquisser le moindre geste quand la lame brillante, miraculeusement réapparue dans les mains de l'homme, décolla sa tête de ses épaules. "Oui, la centième, enfin ! Il sera content !".

mardi 7 décembre 2010

épisode 83: TER Bombay direction Moscou




Le garçon avançait au milieu du wagon avec un air éteint. Sa peau mate contrastait avec celle de la femme d'âge moyen qui le suivait, tirant derrière elle une énorme valise à roulettes. Sûrement sa mère. Le garçon, habillé chaudement à cause du froid semblait vouloir se trouver à cent lieues de ce train et la femme dut le pousser légèrement pour qu'ils accélèrent, suivis par toute une foule désireuse de trouver une place assise dans le wagon.


Les sédatifs ralentissaient le jeune homme et sa ravisseuse pesta intérieurement. Quand ils se seraient installés à leur place dans le train, la somnolence du garçon passerait inaperçue, nombre de gens dormant lors des longs trajets. La femme espérait que le teint mat du jeune garçon ne la ferait pas repérer. Ce teint, il le devait à son père, le Maharadjah de Kapurthala, un riche armateur indien qui était arrivé très récemment en France pour conclure un contrat vital pour son empire.

Infiltrée dans l'entourage du Maharadjah depuis bientôt 6 mois sous la couverture de traductrice, la femme avait planifié avec ses complices l'enlèvement depuis presque 2 ans. Le Maharadjah était descendu avec tout son staff dans un hôtel de la côte d'azur. Son fils avait voulu profiter des fastes de la nuit sur la côte. L'imbécile. Rien n'avait été plus simple que de le droguer lors d'une soirée en discothèque puis de le faire sortir discrètement de la ville.

Les choses s'étaient gâtées au moment de l'accident. La femme devait conduire son "colis" dans le QG de sa bande, dans le nord de la France, le plus loin possible des recherches qui seraient mises en œuvre pour le retrouver. Indemne mais privée de voiture, la femme avait dû improviser. La vitesse était un élément essentiel du plan et elle s'était rabattue sur la sncf. Aucun contact n'était envisageable avec ses complices par téléphone. Le Maharadjah avait le bras long et dès le début de sa fuite, elle s'était débarrassée de son téléphone portable.

Mais c'était sans compter l'efficacité légendaire de la compagnie française en période de neige. Avec ses 2 heures de retard au départ, et sûrement bien plus à l'arrivée, la ravisseuse s'imaginait déjà attendue à l'arrivée par la police locale, ou bien pire, par des sbires à la solde du Maharadjah. Le riche indien ne s'encombrait guère de scrupules et la loi ne l'empêcherait pas de se débarrasser discrètement de celle qui lui avait ôté son fils.




La femme et le garçon passèrent devant deux hommes assis l'un à côté de l'autre, dans le sens de la marche. Tous les deux étaient d'âge moyen mais celui de gauche semblait plus âgé, plus mature que son voisin. Ces deux individus avait des cheveux très courts, quasiment rasés et portaient des bleus de travail qui n'auraient pas dépareillé sur un chantier: poussiéreux et tachés de peinture. L'homme de droite, côté fenêtre ne daigna pas jeter un seul regard au paysage enneigé pendant que le train prenait de la vitesse. Il sortit un lecteur mp3 de sa poche; sembla avertir son collègue qu'il allait écouter de la musique puis se coupa effectivement du monde par le biais de ses écouteurs.



Le train prenait de la vitesse mais l'homme ne l'entendait pas, son attention toute à la voix qui sortait de ses écouteurs. La voix gutturale de l'adjudant-chef Kornakov raisonnait dans ses oreilles. Entendre de nouveau du russe était presque apaisant, même par la voix de Kornakov, craint par tous ses hommes. Plus jeune de 2 ans que son voisin, l'homme aux écouteurs avait besoin d'un dernier point sur la mission. Ils avaient déjà été longuement brieffés sur leur cible mais le plus jeune avait enregistré les ordres détaillés et se les repassait de temps à autre. Pour être sûr de réussir parfaitement disait-il. Parce que les jeunes n'ont aucune mémoire avait l'habitude de répondre son voisin. Plus expérimenté, celui-ci se laissa aller à somnoler.

Chaque rouage de la mission était depuis longtemps imprimé dans sa mémoire. Fisher devait arriver dans 8 jours. Son hôtel particulier aurait une sécurité renforcée. Mais si le côté impromptu de sa visite avait accéléré la réaction du Service, sa sécurité n'avait pas eu autant de temps que d'habitude pour se préparer. Peu importait à notre voyageur pourquoi le Service voulait la peau de Fisher. Les ordres étaient clairs et venaient de très haut. Fisher ne devait en aucun cas quitter Paris autrement que les pieds devant.

Moins rodé, son compagnon se trémoussa sur son siège. Son bleu de travail le dérangeait, il n'était pas habitué à en porter, comme le témoignaient d'ailleurs ses mains, inaptes au travail de chantier. La voix numérique de l'adjudant continuait inlassablement son briefing, chaque détail répété encore et encore...







Y a des jours comme ça, dans le train, on se fait chier (désolé mais il n'y a pas d'autre mot). Le bouquin de côté (sachant qu'on va le lire pour les 5 prochaines heures), ni papier ni crayon à portée de main (à moins de vouloir étaler 20 kilos d'affaires à même le sol du wagon)... Et bien l'observation des gens (il y en a toujours pour avoir une mine patibulaire (mais presque)) fait bien passer le temps, surtout quand on imagine ce que font ou ce que sont réellement nos voisins de voyage.

jeudi 17 décembre 2009

épisode 38: Chapitre deuxième (partie 1)

Résumé des épisodes précédents (enfin, juste du chapitre premier vu qu'on en est seulement au 2ème; c'est juste que ça fait plus classe comme ça): après avoir échappé à une embuscade, Iléas et ses compagnons rentrent à leur campement. Mais ils ont été suivis et rapidement encerclés par des mousquetaires menés par le cardinal De Chazarieu, chef de la police royale. Iléas et Garimboldo, blessé, sont capturés tandis que le reste des malandrins, dirigés par Klaus fuit vers leur repaire secret. Hilarion, abandonné sur les lieux du combat décide de suivre les mousquetaires pour aller aider Iléas...



Chapitre deuxième: l'évasion


La lumière de la Lune éclairait les toits de Castel-Bourg d'une lueur fantomatique quasi irréelle. Hilarion se déplaçait rapidement, tel un chat, sur les toitures en direction du palais ducal où se trouvait sans doute Iléas, croupissant au fond de quelque cachot sombre. Il lui fallait à tout prix un plan ! Il s'accroupit derrière une cheminée pour réfléchir sans être vu. Comment pouvait-il entrer dans le palais sans attirer l'attention ? La présence du Cardinal entraînait des gardes supplémentaires et des patrouilles plus nombreuses.

Un bruit le fit sursauter. La porte arrière d'une taverne venait de s'ouvrir à la volée et le tavernier venait d'envoyer à terre un jeune homme apparemment saoul. Ce dernier meuglait des insultes incompréhensibles à l'encontre du sol. Le tavernier lui jeta un dernier regard noir avant de rentrer dans son établissement. Hilarion n'en crut pas ses yeux. L'homme à terre portait le costume de la garde rapprochée du cardinal. Sans hésiter, il se laissa glisser du toit et atterrit avec souplesse à côté de l'homme. Il ne lui fallut pas plus d'une minute pour le bâillonner ainsi que le délester de ses habits. L'homme qui ne pouvait lutter se retrouva barricadé derrière un tas d'ordure dans l'une des ruelles adjacentes. Il ne faudrait pas longtemps à ce dernier, une fois les effets de l'alcool dissipés, pour quitter cet endroit et le dénoncer. Cela laissait tout de même à Hilarion quelques heures pour trouver Iléas, ce qui était amplement suffisant. Dans le remue-ménage général que provoquait la venue du cardinal, un nouveau soldat passerait inaperçu.

Il gagna la grande rue et la remonta en direction du palais. Il vit alors s'approcher de lui une troupe de gardes du duc. L'un d'eux interpella:
_"Que fais-tu ici l'ami ? Votre ronde de surveillance ne s'arrête-t-elle pas au palais lui-même ? Florentin de Bussigny nous a demandé de patrouiller à l'extérieur du palais pour plus de cohérence." l'informa le mousquetaire.
_"C'est exact capitaine mais mes quartiers personnels se trouvent en ville et je viens seulement de prendre mon tour de garde" mentit Hilarion.
_"Il n'est pas prudent de patrouiller seul, le cardinal a des exigences très particulières. Voulez-vous que je dépêche quelques-uns de mes hommes pour vous accompagner ?" demanda la capitaine.
_"Ce ne sera pas nécessaire. Je vais accomplir ma tâche prestement et pour cela nulle aide n'est requise auprès de la garde du Duc" dit Hilarion.

Le capitaine fronça les sourcils avant de reprendre sa ronde suivi de près par ses mousquetaires.
"Il semblerait que les relations entre les mousquetaires du Duc et les gardes du Cardinal De Chazarieu soient ambiguës." ironisa Hilariuon pour lui-même. Cette situation l'enchantait.
Son habit suffit, à lui seul, à le faire entrer dans l'enceinte du palais ducal. Une fois ses grandes portes passées, il s'engouffra dans un mince corridor qui se trouvait sur sa droite. Il devait trouver les cachots coûte que coûte. Un peu plus loin sur sa gauche il aperçut un escalier qui descendait. Il dévala ce dernier et arriva dans la salle des armes. Dans cette pièce, se trouvaient des costumes de gardes, de nombreuses armes et quelques armures et plastrons. Il changea d'uniforme et enfila celui de la garde du Duc. Il valait mieux faire croire aux autres soldats qu'il n'appartenait pas à la garde du Cardinal. Il attrapa quelques dagues et une épée supplémentaire avant de remonter les escaliers. Il visita la moitié du palais avant de trouver ce qu'il cherchait: les cachots ! Durant cette visite, il eut la chance de ne croiser aucun garde mais les bruits qu'il percevait derrière la porte des cachots lui laissaient sous-entendre que plusieurs gardes se trouvaient à l'intérieur. Il inspira une grande bouffée d'air avant d'entrer dans la pièce.

Cette dernière était vaste et de chaque côté s'alignaient des cellules remplies de prisonniers. Deux mousquetaires étaient debout au milieu de la salle. L'un d'eux avait un fouet à la main, l'autre une épée. Aucun ne semblait surpris de sa venue. Devant eux, un homme était recroquevillé sur lui-même au sol.
_"Ah, te voilà enfin le jeune" dit le plus grand des deux. "Cela fait une demie heure que l'on a demandé qu'un mousquetaire vienne nous relayer." Il souleva le prisonnier et l'envoya s'écraser dans un des cachots les plus proches. Son corps heurta la pierre violemment dans un bruit sec.
Hilarion ne laissa pas transparaître sa colère, ni sa peur, son visage demeura impassible alors que son être criait à l'intérieur. Même s'il avait pillé et volé de nombreuses fois, il n'avait jamais torturé ni tué quelqu'un.
_"Nous reviendrons bientôt, aussi vite qu'il t'a fallut pour venir nous trouver jeune paresseux !" ricana l'autre garde. "Ne les quitte pas des yeux pour autant, nous avons de la racaille ce soir !" lui lança-t-il en claquant la porte de la cellule. Il se retourna vers son compagnon et lui dit avec un grand sourire:
_"Heureusement que les petits mousquetaires du Duc sont là pour nous permettre d'aller boire un verre" ricana-t-il. Ils sortirent de la pièce puis fermèrent la porte. Hilarion se trouvait seul entouré de prisonniers terrés dans leurs cellules. C'était trop facile... Qui ces gardes attendaient-ils réellement ?


... ...



Et maintenant; pour donner plus de consistance à notre récit, voici une ébauche de carte. Elle manque de détails parce que le cartographe s'y est mis vers 3h du mat', et quand on est crevé, on fait tout plein de conneries (dextérité -5, intelligence -5, et tout le reste est pareil). Alors pour dessiner des cartes c'est pas génial. Ainsi donc, une malencontreuse tache de bouffe et une tentative de vieillissement à la bougie ont achevé cette malheureuse carte. Mais il vous reste une version incomplète pour vous donner une idée.


lundi 7 décembre 2009

épisode 36: Anton Ego

Cet article est une réponse à un certain individu qui se reconnaîtra. Pour les autres, si ça vous fait chier (ce que je peux comprendre), normalement, je vous dirais: pas la peine de tout lire. Mais là, en fait, z'avez pas le choix: lisez !!!


Quand on fait un truc et qu'on le garde pas pour soi (Mon Dieu, mais pourquoi je l'ai publié ici ??), il y a toujours des gens pour critiquer. C'est bien, c'est constructif et ça permet de faire des progrès; évidemment, parfois, on en prend un peu plein la gueule (Mais pourquoi, Ô pourquoi ai-je posté ça ??). Voilà, malgré une incitation subtile à commenter les deux précédents articles (via mon pseudo msn); je n'ai eu que très peu de commentaires critiques (aucun en fait...) sur le blog. En revanche, sur msn, qu'est ce que je peux morfler !!! Pour préserver l'anonymat de ce lâche et infâme personnage qui n'ose me vilipender que sur msn, quand personne d'autre ne peut le lire, nous l'appellerons Anton Ego (en référence à ce maigrelet et squelettique critique dans Ratatouille). Je tiens à préciser que j'ai corrigé les innombrables fautes d'orthographes du malotru (ça t'apprendra, na !!, et puis ça fait plaisir d'être méchant).





Voilà donc que ledit Anton, a du mal à visualiser le lieu décrit dans le premier chapitre:

" *la colline au milieu de la forêt
*j'ai vraiment du mal à voir le truc
*ou plutôt
*c'est juste pas possible ta description "

De plus, l'évocation de risques d'éboulements rocheux (qui force Iléas et ses hommes à descendre de cheval pour arriver jusqu'à leur bivouac), semble grotesque à M. Ego, qui ne comprend pas comment des éboulements peuvent se produire en pleine forêt.

" *les éboulements rocheux
*en colline
*c'est pas ça
*et si en plus il y a des arbres
*tu peux faire une croix dessus "

Sans continuer à citer cet infect animal, cet Anton Ego, je vais donc vous faire une petite liste des trucs qu'il me reproche. Le Cardinal Gui de Chazarieu ne devrait pas être sur le terrain (ou alors il ne devrait pas être cardinal), les mousquetaires utilisent non pas des mousquets mais des arcs (et des épées mais ça c'est normal), tirer à l'arc en forêt serait compliqué (à travers les arbres pour une volée de flèches), il manque une présentation physique des personnages, après l'attaque du carrosse les malandrins ne cachent pas les corps des mousquetaires, lesdits mousquetaires craignent le combat contre Iléas à dix contre un... Le tout en plus de 2 ou 3 tournures particulières qui n'ont pas plu à Anton.

***
**
*

Bon alors, le premier truc sur lequel a bloqué Anton Ego (mais quand je dis bloqué, il a vraiment bloqué dessus !): la colline.
La scène se passe en forêt, le terrain est légèrement vallonné. Imaginons que c'est proche d'un contrefort montagneux (ou une ancienne chaîne de montagnes; je ne me lancerais pas dans un cours de géologie ici...). Donc, on a forcément diverses collines où il est très facile de situer la scène (c'est toujours mieux qu'au fond d'un ravin marécageux pour un campement). Comme nous sommes dans une zone boisée, ben, of course, y a des arbres !! Et dans les anciennes chaînes, on peut souvent trouver des moraines, en gros des éboulis rocheux dû à des anciens glaciers (ça fait 15 ans que je passe des vacances dans le Jura, je sais de quoi je cause). Et voilà, on a notre scène ! Il suffit juste de couronner notre colline d'arbres, tout en sachant que ceux du centre ont été soit foudroyés soit coupés, ce qui a donc créé une petit clairière au milieu. On résout par la même occasion les volées de flèches. Ben oui, où est le problème si il y a une clairière ??

Pour vous montrer ce que donne donc un bosquet d'arbres sur un petite colline au milieu de la forêt, voici Calas Galathorn, le cœur du monde elfique sur Terre. Pas obligé de faire si grandiose, ni si "elfique" (on vire les mallornes) mais c'est POSSIBLE ! ! ! !



Pour le Cardinal, Gui de Chazarieu, je me suis inspiré de quelques personnages tels que Bernardo Gui (que l'on voit dans Le Nom de la Rose), Le Cardinal Trébaldi, du Scorpion, et bien sûr le Cardinal de Richelieu des Trois Mousquetaires.
En gros, c'est un personnage très intelligent et très influent, un enquêteur de génie. Il est entré dans l'Église dès son adolescence (normal, à l'époque, c'est soit l'armée, soit l'Église , soit... ben la poursuite de l'entreprise familiale) et grâce à son talent, il a vite gravi les échelons de la hiérarchie. Comme il n'y a pas plus haut que Cardinal (sans parler du Pape, mais faut pas exagérer non plus !), ben il est Cardinal. Et s'il est très doué pour diriger ses hommes depuis on bureau de la capitale, il lui arrive de prendre aussi les choses en main pour certaines affaires.


Le cardinal Trébaldi, dans le Scorpion (ci dessous), prend souvent la tête de ses moines-soldats pour régler ses affaires, D'ailleurs, on n'est jamais mieux servi que par soi-même quand on fait des magouilles louches.



Quant à Bernardo Gui (ci dessous), on peut pas vraiment dire qu'il est pas sur le terrain puisqu'il meurt même à la fin du film, tué par une révolte paysanne (sorry pour le spoil, mais normalement, tout le monde a déjà vu ce chef-d'œuvre). OK, j'aurais préféré que ce soit un grand Inquisiteur, mais à l'époque où est censé se passer l'histoire (dans un XVIIème siècle romancé), l'Inquisition n'existe plus; et donc, ce que j'ai trouvé le plus proche du grand inquisiteur, très très influent, c'est ce cardinal.




Maintenant, la question des mousquets (bon déjà, Anton parle d'arquebuses, genre j'ai écrit arquebusiers ?? non pour des mousquetaires, ce sont des mousquets). En effet, j'ai introduit cette notion de mousquetaires, toujours dans l'inspiration des Trois mousquetaires, de Dumas (un excellent roman d'aventures dont je n'aurais même pas la prétention de vouloir un tout petit peu me rapprocher). Mais Laurianne aurait préféré une époque moins avancée technologiquement (sans arme à feu), donc nous avons gardé le nom mais troqué le mousquet contre l'arc à la Robin des Bois.

D'ailleurs, j'en profite pour toucher un mot de Robin des bois qui, lui, octroie le droit à ses troupes de lancer des volées de flèches en pleine forêt (alors pourquoi pas Iléas?).
Mais la question des mousquets n'est qu'un détail, surtout que notre histoire n'est pas censée se passer dans un quelconque pays réel ni respecter une quelconque cohérence historique (ce ne sont même pas des vrais anachronismes puisque ce n'est pas dans notre univers) .



Et pour finir, une rapide réponse au reste des critiques (constructives ?) de M. Ego:
Les malandrins ne prennent pas le temps d'enterrer les corps des mousquetaires car ils savent que d'autres risquent d'arriver. On perd pas de temps alors que toute la maréchaussée risque de nous tomber sur le poil !
Les mousquetaires ne peuvent pas se mettre à 10 contre Iléas. Au delà de 4 contre 1, on se gène et dans un groupe de 4, même si ils savent qu'ils vont tuer leur adversaire, personne n'a envie d'être le premier à clamser avant. Genre, la bonne âme: oh oui, je vais mourir pour que vous puissiez gagner !
Effectivement, il n'y pas de description physique des personnages. Mea Culpa. Je n'ai fait aucune description des personnages, ni même de leurs backgrounds. Lau s'est chargée de corriger ce dernier point mais pour les descriptions physiques, j'ai totalement zappé. Les seuls éléments sont justement le Cardinal (j'avais envie d'une image marquante pour son arrivée), et Hilarion, depuis sa nouvelle balafre. C'est surtout parce que je voyais le début de façon assez visuelle, comme une scène de ciné. Et dans la scène d'action qui débute un film, on ne s'appesantit pas sur le visage ni sur des flashbacks de la vie des personnages.


En plus; on peut noter deux ou trois tournures bizarres qui ont pu nous échapper dans le feu de l'action, mais je me suis mis comme règle de taper mot pour mot notre manuscrit (en supprimant bien entendu les fautes d'orthographes). Mais bon, tant pis...

En tout cas, je remarque surtout que les incohérences que j'ai repérées à la lecture (ou volontairement introduites pour améliorer visuellement la scène), sont totalement passées inaperçues !! Je ne les citerais pas pour ne pas permettre à Ego de continuer à me torpiller. En tout cas, j'espère juste que quelqu'un sera mieux disposé qu'Anton Ego à mon/notre égard(s)... Mais je sais déjà que de toute façon je continuerais à poster même si ça doit servir uniquement pour répandre la haine habituelle d'Anton Ego.

mardi 1 décembre 2009

épisode 35: Chapitre premier (partie 2)

Et voilà la fin du chapitre 1. J'avais pas pensé à le préciser dans l'épisode 34, mais j'ai fait exprès de ne pas noter qui a écrit quoi, dans le but de vous faire deviner... Toujours est-il que voilà la fin de ce chapitre "guet-apens"; et pour ne pas vous mettre dans l'ambiance, un extrait que tout le monde doit déjà connaître. N'y voyez aucun lien avec notre histoire mais l'époque pourrait être similaire et puis bon, cape, épée, poursuite à cheval, brigands,... on arrive vite à Zorro qui a baigné notre enfance (même celle des plus âgés: je rappelle que la série date de 1959).



Rappelons juste le début du chapitre: une attaque de carrosse s'avère être un piège mais Iléas et ses hommes tuent les mousquetaires. Bredouilles, ils rentrent à leur campement. C'est là que Stanko semble blessé...


Iléas aperçut alors la tache rouge qui grandissait sur le torse de son plus jeune ami. Après quelques pas de plus, il s'effondra sur le sol. Garimboldo arriva à son chevet en courant. A peine fut-il agenouillé près de lui qu'une flèche lui arriva dans l'épaule, le projetant en arrière dans un cri de douleur déchirant.
Lantelme qui accourrait derrière lui s'arrêta net ! A la lisière du bois une trentaine de mousquetaires armés les observaient. Pyrrhus et Caéfan arrivèrent à coté de lui et l'entraînèrent de toutes leurs forces jusqu'aux chevaux, sous une pluie de flèches.
-"Iléas, il faut y aller !" vociféra Klaus.
Mais celui-ci n'écouta pas son ami.
-"Cours, va guider les autres jusqu'à notre retraite, il faut que j'aide Garimboldo." lui répondit calmement son chef.
-"C'est du suicide !" répliqua Klaus en courant vers Guigoz qui l'attendait avec son cheval sellé, à côté du sien qu'il chevauchait déjà. Caéfan et Lantelme montèrent ensemble sur le cheval d'Ileas qui était alors le plus proche d'eux. Brin de vent était un majestueux cheval qui s'enfuit vers la forêt, avec ses deux cavaliers, au galop. Pyrrhus rejoignit Klaus et Guigoz puis ils partirent dans un nuage de poussière.

Lantelme se retourna pour voir ce qu'Iléas faisait. Il chercha des yeux Hilarion mais en vain. Où pouvait-il être ? La dépouille de Stanko gisait par terre et les soldats du roi allait bientôt la piétiner. Une larme de colère roula sur la joue du pillard et vint finir sa course au coin de ses lèvres. Que dira Idylle quand elle saura ?
-"Suivez-moi" hurla Klaus au reste de ses hommes. Lui seul connaissait le chemin de la retraite secrète aménagée par Iléas en cas de catastrophe. Il s'enfonça au galop dans la forêt suivi de Pyrrhus, Guigoz et Caéfan et Lantelme sur Brin de vent qui n'avait aucun mal à suivre l'allure malgré la charge supplémentaire. Les quatre montures s'éloignèrent rapidement entre les arbres et l'obscurité les déroba aux regards des troupes royales qui avaient laissé leurs chevaux plus loin pour ne pas alerter les brigands. Resté sur les lieux de l'attaque, Iléas dégaina sa fidèle rapière et se précipita vers Garimboldo qui respirait difficilement, la douleur lui déformant les traits. La flèche lui avait transpercé l'épaule mais heureusement sans atteindre de point vital et il y avait encore une chance de le sauver. Le cercle des mousquetaires se referma sur les deux hommes. Mais la renommée d'Iléas n'était plus à faire et les soldats du roi connaissaient son habileté à l'épée. S'il ne tuait jamais (hormis ce soir), c'est qu'il désarmait à chaque fois ses adversaires. Malgré leur nombre, les mousquetaires s'avançaient avec prudence.

"-Ecoutez-moi !" leur cria Iléas, "Je veux bien me rendre si vous soignez Garimboldo." Il désigna le blessé qui venait de perdre connaissance. Cette solution était la seule qui lui était venue à l'esprit. Il voulait à tout prix sauver Garimboldo, quitte à se laisser capturer. Il n'aurait qu'à s'évader après; une fois son ami tiré d'affaire.
"Vous savez qui je suis ! Si je dois périr au combat, ce ne sera pas seul: nombre d'entre vous tomberont avec moi."
Un homme en habit ecclésiastique rouge s'approcha alors du cercle de mousquetaires. Tous les hommes semblaient subjugués par sa présence.
-"Ainsi, notre hors-la-loi serait un humaniste", dit-il d'un air railleur. "Eh bien, il ne sera pas dit que l'Église manque de miséricorde."
L'homme se rapprocha encore et Iléas distingua alors son visage osseux et son nez aquilin. La lueur des torches jouait sur son visage et l'on aurait dit une vivante incarnation de la mort.
-"Je suis le cardinal Gui de Chazarieu, commandant en chef de la police royale. Rends-toi sans histoire et j'enverrai mon médecin personnel pour sauver ce va-nu-pied. Mais ça ne lui évitera pas un procès."
-"Eh bien, je dois être flatté que vous vous soyez déplacé en personne." répondit Iléas en jetant son épée à terre. Trois mousquetaires se précipitèrent immédiatement pour se saisir d'Iléas. Quatre autres, des lanciers, se servirent des hampes de leurs lances et de la cape de Garimboldo pour confectionner un travois de fortune pour le blessé.
-"Allons, messieurs, en selle," ordonna Gui de Chazarieu; "nous rentrons à Castel-Bourg ! Cela suffit pour ce soir: nous avons leur chef, vous n'aurez plus besoin de moi pour capturer le reste de ces crapules."

Encore sonné, Hilarion se releva avec précaution quand il entendit décroître au loin les éclats de voix de la troupe du cardinal. Dès le début de l'attaque, une flèche lui avait superficiellement éraflé le cuir chevelu. Le choc l'avait rendu inconscient et il ne devait sa liberté actuelle qu'à sa chute au milieu des taillis qui l'avaient caché aux mousquetaires. Mais sa situation actuelle n'était guère enviable. Sa blessure, certes sans gravité, le faisait souffrir et il allait à tout jamais garder une profonde cicatrice, courant de son front à sa tempe droite. En plus, il ne savait que faire: son chef était aux mains de la police royale, ce dont il était le seul à être au courant; et le reste de ses compagnons se terrait dans un repaire secret. Il erra quelques minutes sur les lieux de l'éphémère combat, recherchant il ne savait quoi, déboussolé. Puis il partit vers Castel-Bourg, décidé à aider Iléas, sans trop savoir comment. Il verrait bien sur place ! Il prit la direction de la ville, à pied, car les mousquetaires avaient "réquisitionné" les chevaux que Klaus et les autres avaient laissés dans leur fuite désespérée. Une dernière étincelle du feu de camp jeta un éclair sur le cairn. Avant de partir, Hilarion avait recouvert de pierres la dépouille de Stanko. Puis la nuit repris ses droits et vint recouvrir toute la scène d'une chappe d'obscurité et de silence. Et Hilarion s'enfonça dans les sous-bois, leur noirceur eut tôt fait de l'engloutir.

* * * *


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui; la prochaine fois, le chapitre deux: l'évasion !!

épisode 34: Chapitre premier (partie 1)

Comme d'aucuns le savent, nous nous sommes lancé dans l'écriture, selon un concept épistolaire: chacun écrit deux ou trois pages (ou plus, selon l'humeur du moment) puis envoie le tout à l'autre qui continue en essayant de respecter une certaine cohérence. Voilà donc le premier chapitre; enfin, la première partie parce que ça fait beaucoup de trucs à écrire. Les suivants arriveront dès qu'ils seront complets. Pas la peine de vous embêter à lire sur le scan, c'est juste pour vous donner une idée de la tronche du truc.






Chapitre premier: le guet-apens


Iléas ouvrit les yeux. Ses tempes le faisaient souffrir et du sang lui coulait dans le cou. L'entaille sur son cuir chevelu était impressionnante mais finalement peu dangereuse. Peu à peu, sa mémoire lui revint. Le carrosse devait transporter un important commerçant ainsi que son épouse. Caché dans les taillis, à la tête de ses hommes, Iléas avait bondi au passage de l'attelage pour le dévaliser. Depuis quelques mois, Iléas s'était taillé une belle réputation de bandit de grand chemin, et ce, sans jamais avoir à tuer quiconque. Alors quand il entendit parler de cette opportunité, il y vit une occasion supplémentaire d'amasser du butin.
Mais la surprise s'avéra très différente: le carrosse transportait quatre mousquetaires du roi, de féroces spadassins experts dans le maniement des armes. Quelqu'un les avait trahi ! Et le plus suspect était ce capitaine de la garde locale: Florentin de Bussigny. C'est lui qui indiquait de bonnes occasions à la bande d'Iléas, en contrepartie d'un juteux pourcentage. Naturellement, le coup de ce soir était encore son idée.

Se relevant d'un mouvement encore peu assuré, Iléas se dirigea vers un bosquet d'où s'élevaient des éclats de voix. Les quatre mousquetaires venaient de succomber sous la fureur de ses hommes. "Pour Iléas, vengeance !" criait Klaus, son second et fidèle lieutenant. Galvanisés de la sorte, les hommes d'Iléas avaient rapidement remporté le combat et les hommes du roi gisaient, morts, à leurs pieds. Quand ils virent leur chef, qu'ils avaient cru mort, tous les brigands entourèrent Iléas en poussant des vivats.
"C'est bon les amis, tout va bien". Après avoir remercié ses hommes, Iléas se dirigea vers les corps des mousquetaires. Miraculeusement, tous les malandrins étaient indemnes. "Ce sont bien des mousquetaires du roi", dit Iléas, "Mieux vaut ne pas s'attarder ici, des renforts pourraient arriver". Pyrrhus et Garimboldo, deux des malandrins récupérèrent les lames de Tolède des hommes du roi et toute la petite troupe se mit en selle pour quitter les lieux. Klaus et Iléas chevauchaient en tête, les sept autres malandrins légèrement en retrait pour les laisser discuter tranquillement.

-"Quelqu'un nous a trahi..." commença Iléas, "une personne qui était au courant de notre embuscade de ce soir..."
-"Tu penses à Florentin ? C'est lui qui nous avait rencardés pour ce soir."
-"Qui d'autre ?" rétorqua Iléas, renfonçant son chapeau que le vent menaçait d'envoyer dans la nature. D'un geste brusque, il tira sur les rênes de son cheval, le faisant quitter la route pour emprunter un petit chemin forestier. Le reste du groupe s'enfonça alors à sa suite dans les sous-bois, réduisant l'allure.
-"Mais je croyais que tu le connaissais bien ?" questionna Klaus quand il fut de nouveau à son niveau. "Tu disais avoir une totale confiance !"
-"En effet, nous avons passé notre jeunesse ensemble; c'est bien pour cela que je ne lui pardonnerai jamais cette infamie."
Après plusieurs minutes de petit trot, le groupe arriva devant une immense colline, au centre de la forêt. Ils mirent tous pied à terre pour la gravir: les éboulis rocheux pouvaient s'avérer très dangereux pour des cavaliers. Guidant leurs montures avec précaution, ils arrivèrent enfin à l'énorme bosquet couronnant la colline où Iléas avait établi son campement.
Pendant que les hommes s'affairaient à leurs besognes habituelles; brosser les chevaux, allumer un feu pour le repas du soir... Iléas et Klaus s'écartèrent du reste du groupe pour terminer leur conversation.

-"Dès demain, nous nous rendrons à Castel-Bourg pour nous occuper de Florentin", commença Iléas. "Quelle est l'importance du butin amassé ce soir ?"
-"Il n'y avait aucun trésor dans ce carrosse. Pas le moindre sou. Les passagers eux-même n'étaient que des leurres, des tas de paille recouverts d'habits !Serait-il possible que l'on ait fait une erreur ? Que l'on ait mal compris le lieu où..." demanda Klaus.
-"Dans l'organisation non, tu as été irréprochable comme à ton habitude, mais dans la réalité nous voilà devenus des tueurs, qui plus est de mousquetaires du roi. Cela change beaucoup de choses, il n'y aura aucune issue pour nous si l'on se fait prendre, la corde nous attend déjà !"
-"Florentin est bien capitaine ? S'il ne nous a pas trahis il se peut qu'il nous aide." rétorqua Klaus.
-"Tant de choses changent. L'époque où nous courrions ensemble dans les champs pour faire enrager les paysans voisins est révolue", s'attrista Iléas. "Il a fait ses choix, j'ai fait les miens. Je n'ai pas eu sa chance de grandir chez Mr et Mme le baron de Bussigny ! Mes parents vivaient tant bien que mal de faibles récoltes et de quelques corvées. C'est parce qu'il a fallut les nourrir que j'ai dû voler pour la première fois. C'étaient les parents de Florentin eux-même, avec l'aide de leur fils, que j'ai dépouillés. Il a alors commencé à contrôler ma vie puis la nôtre. J'en suis désolé. Les coups les plus fumants ont été, sans nul doute possible, les tiens. Je le reconnais Klaus. Tu es un fin stratège et un ami fidèle. Ma confiance en d'autres que toi est ébranlée." avoua Iléas.
-"Je n'ai pas eu la chance de connaître mes parents mais j'ai grandi avec ma sœur et nous avons usé de mille ruses pour subsister. Elle est devenue une belle femme et a trouvé un travail honnête au tavernier du village. Alors que moi, je n'ai jamais cessé de piller. Encore davantage après la rencontre des trois frères." conclut Klaus.
-"Comment as-tu connu Garimboldo, Caéfan et Lantelme ?" le questionna Iléas.
-"Lantelme avait jeté son dévolu sur ma sœur pendant un temps. Alaysia n'a jamais daigné poser les yeux sur lui. Mais nos nombreuses soirées ensemble nous ont fait découvrir une autre passion en commun. L'or ! Garimboldo désirait faire partie des mousquetaires du roi quand il était plus jeune. Mais sa "majesté" n'a pas voulu de ses services et a créé malgré lui un de ses plus grands ennemis. Caéfan désirait quant à lui reprendre la forge de son père. Il a rejoint ses frères lorsque celle-ci fut détruite par le roi, suite à une querelle avec son père." raconta Klaus.
-"Je vois" conclut Iléas, "et Pyrrhus ?" questionna-t-il.
-"Pyrrhus est un ami de Caéfan. Il aurait pu prétendre de même à un poste de forgeron. Il a eu une femme, raconte-t-on. Je ne sais pas si cette nouvelle est fondée. Pour les autres, Hilarion est arrivé en même temps que Guigoz dans notre groupe. Je ne sais pas grand chose de lui. Guigoz m'a dit qu'il était orphelin et passionné d'armes. C'est un vaillant combattant. Guigoz lui-même manie bien les armes et utilise maintes ruses pour vaincre son adversaire. Il prétend avoir grandi dans un petit village d'opposants au roi dans le sud du pays. Stanko a grandi pas loin de lui si on croit les cartes mais il n'a jamais connu un tel village. Stanko est le plus jeune de nos hommes, c'est même le plus timide mais son efficacité n'est plus à mettre en doute." détailla Klaus. "Tiens ! regarde-le revenir de son tour de garde en courant. Un passionné, je te jure !" dit-il.
La silhouette de Stanko se dessinait de plus en plus nettement au milieu des arbres. Sa démarche était maladroite et étrangement saccadée. Ses lèvres bougeaient sans qu'aucun son ne sorte.
-"Il est blessé !" hurla Lantelme.



Et voilà, suite au prochain numéro; rassurez-vous, on devrait être un peu plus rapide que Marvel, pas besoin d'attendre un mois pour la suite.

lundi 21 septembre 2009

épisode 10: Un peu de background

Mettons nous tout de suite dans l'ambiance adéquate: désert, souks et malandrins en babouches:



Les trois derniers jours avaient été fatiguants et sans grand intérêt. J'avais juste fini d'accompagner la caravane de Sidi Narif jusqu'au premier oued au sud de la ville. Le trajet s'était effectué sans encombre, et le retour, seul, à dos de dromadaire, m'avait laissé un goût de sable et d'inaction. Même si j'avais reçu mon salaire, et ce , sans sortir mon suyuf de son fourreau, ne rien faire me pesait. La poussière du désert faisait une couche grisâtre sur mes vêtements et je n'avais qu'une hâte: rentrer à Sagrada pour prendre un bain et un bon verre de vin de palme.


J'attachai donc mon dromadaire dans la cours de la taverne d'Abdal Raztif. Cela faisait presque quatre ans que j'occupais cette taverne très régulièrement. Sa position privilégiée, à la lisière de la ville basse de Sagrada m'offrait la proximité d'un certain nombre de contacts utiles. Je salivais déjà à la pensée du bain chaud et du repas épicé, servis par les magnifiques créatures qu'emploie Abdal Raztif. Ah ! Un peu de compagnie féminine pour me délasser me serait du plus grand bien, pensai-je, lorsqu'un pauvre ère, encore plus sale que moi, me bouscula.

Mes sens aiguisés repérèrent immédiatement le groupe de traîne-babouches qui collaient aux basques de l'homme. Leur allure brutale détonnait au milieu de la foule des badauds. J'interceptai le premier malandrin au moment où il s'apprêtait à donner un coup de poignard à sa proie.
_"Laissez cet homme ! Que vous a-t-il fait ??" Mon air menaçant et mon regard acéré firent fléchir la volonté du brigand et des deux comparses qui l'avaient rejoint. Mais un bref coup d'œil en arrière, vers un homme en sarroual sombre sembla les remotiver. Visiblement, ils avaient moins peur de moi que de leur chef. Je sortis promptement ma dague; me maudissant d'avoir laissé arc et suyuf dans les fontes de mon dromadaire. D'une rapide passe, je détournai la lame destinée à m'embrocher. Ces hommes n'étaient que des brutes sans expérience; il ne me fallut que quelques secondes pour en venir à bout, dans un tourbillon de lame.

_"Qui croyez-vous que je sois !!" m'écriai-je."Je suis Amjad Ibn Malik, et je permettrais pas que vous vous en preniez à ce pauvre homme !"
L'homme en noir, jusque là en retrait, se précipita vers moi, son khanjar prêt à me transpercer. D'un simple mot, je transformai son arme en sable. Au moment où je voulais en finir avec cet homme (pour enfin pouvoir goûter au repos et au repas bien mérités), des lianes apparurent par enchantement pour bloquer mon bras. Une fort jolie femme se détacha de la foule, intimant à tous d'arrêter le combat. C'est alors que je remarquai l'agalanthéen, à quelques mètres de là, lui aussi aux prises avec un groupe de truands; et l'homme frêle à la démarche féline qui s'approchait de moi. Nullement impressionné par l'intervention de la jeune femme, mon adversaire voulut sortir une dague de sa botte pour m'achever. Heureusement, l'homme à la démarche féline abattit une dague sur sa nuque et le brigand s'effondra.

Le maître voleur (personne d'honnête ne pouvait se déplacer ni agir de cette façon) s'approcha alors de moi pour couper mes liens végétaux. La foule s'était clairsemée pour éviter d'être mêlée à la bagarre. Seuls restaient alors, en plus du pauvre homme traqué: la jeune femme, le voleur, l'agalanthéen et l'un de ses adversaires survivant qu'il traînait dans la poussière et moi, avec mon dernier agresseur, encore inconscient.

Pour tirer plus au clair cette affaire, mes nouveaux compagnons et moi décidâmes d'interroger nos deux prisonniers; dans une ruelle, à l'abri des regards. Plus impressionnants et brutaux que les autres, l'agalantheen et moi se chargâmes de les bousculer un peu. Mais rien n'y fit, car grande était la crainte de leur employeur. Désireux de rapidement en finir pour -enfin- aller profiter de la taverne, je proposai quelques idées de mon cru. Comme nous avions une guérisseuse avec nous, nous pouvions toujours soigner les deux traîne-babouches entre chaque séance... J'avouerais bien volontiers que cette attaque, quand j'allais profiter d'un bain, d'un repas et d'une charmante compagnie m'avait mis hors de moi. Je ne laissai pas beaucoup de dents aux deux hommes et me préparai à leur entailler le tendon d'achille lorsque ...