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dimanche 4 septembre 2022

épisode 191 : Où l’on passe pour un vieux con en disant que c’était mieux avant

 En préambule, disons immédiatement que cet article n’est pas une critique de la nouvelle série Amazon «  les Anneaux de Pouvoir », ni même de la série Disney «  Obi-Wan Kenobi ». Mais il s’avère que je viens de finir Kenobi et de regarder l’épisode 1 des Anneaux. Ce qui est l’élément déclencheur amenant à la rédaction de ceci.

Reprenons chronologiquement mes derniers visionnages : la Prélogie Star Wars, suivie de Kenobi et enfin Rogue One. Puis l’épisode 1 des Anneaux de Pouvoir.


Peu importent les défauts qu’on lui trouve, la Prélogie forme un tout, une histoire cohérente, mais surtout ce sont trois films. Trois histoires, assez longues pour qu’on y développe des personnages, pour qu’on s’investisse dans une histoire, mais surtout assez rythmées pour ne pas qu’on s’y ennuie. Alors non bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a pas des films longs, ennuyeux, mal rythmés, etc… mais le principe d’un film est de raconter une histoire complète sur un format relativement court, avec du rythme, parfois des rebondissements ou de l’action.

Passons maintenant à Kenobi, série précédée d’une attente très élevée puis d’une réputation en demi teinte. J’attendais Kenobi à plus d’un titre.


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Déjà, faisons une petite (hum… pas trop longue alors…) digression pour parler de l’impression que Disney donne vis à vis de la Prélogie. Attention chérie, ça va spoiler. Après l’annonce de la Postlogie et de son premier opus dirigé par J.J. Abrams, la communication de Disney laissait peu de place au doute. Le fan de Star Wars, malgré les années, préfère la Trilogie originale. Il suffit pour cela de regarder les scores sur le site Rotten Tomatoes. Personnellement je ne suis pas fan de baser une possible séance de cinéma sur une critique, encore moins sur un simple score numérique.


Mais pour des décideurs dont l’intérêt principal se trouve au porte feuille, suivre le marché semble indispensable. Et toute la promotion autour du «  Réveil de la Force » axait un retour aux fondamentaux. Oui, les effets numériques du début des années 2000 ont vieilli, souvent très mal en comparaison des effets pratiques (maquettes, maquillages, masques en latex, animatroniques, … etc) pourtant de 20 ans plus âgés. Et les images de vaisseaux ressemblant comme deux gouttes d’eau à ceux volant sur nos écrans dans les années 80 devinrent partie intégrante de la communication de Disney en 2015. La firme misait clairement sur la nostalgie, et sur les ingrédients que les fans n’avaient pas trouvé dans les derniers films de Lucas. Même l’annulation de la série animée The Clone Wars me semblait aller dans le même sens : Disney voulait un peu cacher sous le tapis la Prélogie pour capitaliser sur l’amour des fans pour la Trilogie originale. 

Mais après les accueils mitigés pour sa Postlogie et Solo, l’heure semblait alors de capitaliser sur tout les éléments disponibles. Surtout avec les critiques élogieuses pour la saison finale de Clone Wars, relancée par Disney cinq ans après la sortie du Réveil de la Force, pour l’inauguration de son service de streaming.

Et Kenobi enfonce clairement le clou, permettant un retour en grâce des derniers films de l’ère Lucas. Les flashbacks et les images directement tirées des épisodes I, II et III sont plus que bienvenus ! Et comble de bonheur, Hayden Christensen reprend son rôle d’Anakin Skywalker. Oui, certes il reprend aussi la version «  Vador » du personnage, mais le costume ne nous permet pas de savourer pleinement son retour. Injustement critiqué après sa prestation dans les épisodes II et III, sa carrière n’avait pas survécu à plus de quelques films peu mémorables des années 2000. Mais critiquer le personnage, ou la façon de jouer de l’acteur reste assez injuste. Christensen n’est pas responsable de l’écriture déplorable des scènes tragicomicoromantiques de l’épisode II, et si sa façon de jouer peut se critiquer, elle a été validée par Lucas. Voir alors Anakin revenir, reformer même pour quelques minutes son duo avec Obi-Wan fut un réel plaisir. J’ai vu de nombreuses critiques quant à son âge, ainsi que de multiples vidéos sur YouTube où chacun s’essaye à le rajeunir, avec parfois un succès bluffant. Mais si la scène aurait pu gagner en immersion avec un Anakin plus jeune, la série a gagné en respect des artistes, permettant à celui qui a donné sa carrière pour la famille Skywalker d’apparaître tel qu’il est, et non sous une épaisse couche de maquillage numérique. Pour cette réhabilitation de la Prélogie et d’Hayden Christensen, merci Kenobi ! (la scène suivante semble avoir un étrange découpage, car le duel est entre coupé d'autre scènes au sein de l'épisode)


(Je pense que j’aurai aussi aimé un retour de Jar Jar Binks, même si je ne l’apprécie pas dans la Prélogie, le personnage et son acteur méritent clairement une réhabilitation)

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Et donc, quid de la série Kenobi. Il y’a de bons éléments, du développement de personnages, de la création de personnages, etc… Mais quelque chose manque. 

Suite à la série, j’ai enchaîné sur Rogue One. Mon film Star Wars préféré de l’ère Disney. En moins de 2h30, le film a le luxe d’introduire des nouveaux personnages, de les développer en laissant passer près de 10 ans, et de nous immerger dans leurs aventures, partageant l’action ou les émotions avec eux. Et là est tout le problème de Kenobi. Suite au semi échec de Solo, Disney révisa ses plans. Impossible de Marveliser Star Wars. Trop de films et l’overdose guettait. Et dans le même temps, le nouveau service de streaming cherchait un porte étendard. 

Kenobi devait être un film, pas une série. Et c’est clairement le goût que laisse la série. Des moments forts ou épiques, il y en a. Des personnages qui se développent, il y en a. Mais l’histoire aurait pu se concentrer sur un gros format de deux heures et quelques. Au lieu de ça, l’histoire de Kenobi s’étire sur près de 6 heures… Et il ne s’agit pas de plusieurs aventures, mais bien d’une même suite de péripéties qui s’enchaînent. Ce qui est un autre problème de nombreuses séries récentes, mais nous allons y revenir. La série n’a pas l’étoffe suffisante pour tenir 6 heures sans ventre mou. Et les épisodes centraux semblent bien vides, ne servant qu’à remplir le cahier des charges de la plate-forme. Eh oui, six épisodes, ça attire plus qu’un simple film que les fans se seraient procuré en support physique s’il était sorti en salle.  Nous avons en quelque sorte assez d’ingrédients pour garnir une tarte pour 6 personnes quand le chef nous demande de les répartir sur des tartes pour 20… Et bien le consommateur se demande où sont passées les fraises manquantes… Mais bien sûr, il y a plus de consommateurs servis…

Kenobi manque de rythme, d’un souffle épique qui s’est dilué sur une histoire de six heures. Et clairement, vu les bons éléments qu’on y trouve, Kenobi méritait un film. Pour pouvoir s’en tenir à l’essentiel, à la substantifique moelle de l’histoire. Au lieu de ça, nous avons six heures émaillées de très bons moments mais dont la moyenne reste trop vide. Et que ce soit par rapport à Rogue One ou à la Prélogie, la comparaison est flagrante. Étirer en une «  mini série » un contenu qui aurait pu (ou qui aurait dû) être un film le rend simplement plus fade.

Et j’ai l’impression que le nombre de ce genre de «  mini - série » va croissant. Les séries bien plus anciennes ont souvent un format imposé et standardisé. Et ce n’est pas forcément pour le mieux. Chaque épisode raconte alors une intrigue indépendante, tout en faisant parfois avancer le fil rouge de la série. Parfois on se retourne devant des dizaines de mini intrigues identiques (coucou les séries façon Mentalist ou Les experts), mais quand c’est bien fait, chaque histoire peut être captivante et permettre petit à petit de construire une intrigue plus générale (toujours une petite larme pour Madame de Pompadour dans Dr Who). Mais les séries comme Kenobi ou «  Le Livre de Boba Fett » ont pris une autre direction. Il ne s’agit alors que d’une seule histoire, au mieux découpée en épisodes, au pire étirée sur plusieurs épisodes. Et maintenir le rythme, les enjeux, le côté dramatique, le suspense comme on les trouve dans une histoire courte, si c’est sur plus de 6 heures, ça commence à devenir plus compliqué. Le spectateur lambda ne pourra pas tout regarder d’une traite. Et ainsi le rythme va en pâtir. 


Mais je vous vois chercher du coin de l’œil l’endroit où je parle des Anneaux de Pouvoir. Pour le moment, je n’ai regardé que le premier épisode. Je ne vais pas en faire une critique ici, mais bien une constatation que l’on tombe pile dans les mêmes travers. Au point que je me suis presque ennuyé quelques minutes au visionnage…

Spoilons un peu: une courte intro façon introduction du Seigneur des Anneaux (avec la suave voix off de Cate Blanchett) nous explique rapidement que Morgoth et son sbire Sauron ont apporté la guerre et la mort à la civilisation immortelle des Elfes. La jeune Galadrielle y a perdu son frère. 


Quand Morgoth fut défait, Sauron semblait avoir disparu, mais l’on retrouve alors Galadrielle adulte qui parcourt le monde à la tête d’une petit groupe d’elfes, en quête d’une trace de Sauron. Ses compagnons sont persuadés qu’il est mort quand Galadrielle préférerait continuer, sentant en elle - même que Sauron a survécu. De retour chez le roi des elfes, toute la troupe est félicitée pour avoir montré que Sauron ne reviendrait pas et obtient le privilège de pouvoir quitter la Terre du Milieu pour Valinor. Son « ami » (terme utilisé en VF mais on sent un passif) Elrond persuade Galadrielle d’accepter. Mais elle finira par changer d’avis, abandonnant à la nage le bateau qui arrive à Valinor. Au moment où une étrange météorite semble bien annoncer le retour de Sauron. Surprise motherfucker.

Et bien tout ceci est plus que convenu. Aucune surprise, surtout quand la série assume se dérouler avant le Seigneur des Anneaux où Sauron est vaguement vivant. Même l’introduction du premier film, en quelques minutes est plus dense que cet épisode. Et je n’ai eu l’impression du commencement de la série qu’à la fin de l’épisode, de quasiment une heure ! On retombe typiquement dans tous les travers mis en lumière par Kenobi ! On semble être devant une longue histoire découpée et étirée en épisodes ! Et c’est compréhensible de la part d’Amazon qui veut gagner des parts sur le monde du streaming.

Pour rendre à Amazon ce qui lui appartient, la série est très jolie. L’inspiration des films est là mais les visuels s’en affranchissent, ce qui est un point positif (j’adore les films, mais là, un copié collé visuel aurait été contre productif). On est introduit aux ancêtres des Hobbits, les Pieds-velus, qui vivent dans la forêt, dans un confort rustique en se cachant des autres. Et l’on rencontre un ranger elfe qui patrouille depuis des années dans les zones habitées par les humains. Une occasion de développer deux choses. Commençons par l’intéressante : les elfes sont là pour surveiller et encadrer les humains dont les générations précédentes ont lutté avec Morgoth contre les elfes (et c’est encore frais dans la mémoire des elfes). Les humains développent alors une rancune tenace contre ces « pointus » qui les asservissent et les elfes n’ont que mépris pour ces faibles dans les veines desquels coule le sang qui a rallié l’Ennemi. 

Et maintenant la chose naze dont on se serait passée : le ranger elfe est épris d’une humaine… Encore !!!!! Arrêtez de rajouter ces intrigues amoureuses, c’était déjà nulle entre l’elfe et le nain dans Le Hobbit…


Cela dit, l’intrigue principale, c’est le retour du mal. Retour que l’on attend depuis la seconde minute… Tout le reste n’est qu’un morceau de beurre, étiré sur une tartine trop grande… Et c’est dommage parce que des concepts sont vraiment sympas, mais tout le premier épisode aurait presque pu tenir dans l’introduction… Eh oui Amazon, tu as du temps, du budget et tu veux m’en mettre plein la vue, longtemps… ok ok j’ai compris, mais ce premier épisode souffre d’un problème de rythme et de souffle épique… Problème dont je vous rabats les mirettes depuis 15 minutes et qui donne à cet épisode la note de Kenobi /20.

Pour conclure cet article, je n’ai pas parlé de Mandalorian. Sortie des carcans horaires de la télé, la saison 1 offre des durées d’épisodes très variées. Nombre de ses épisodes sont des intrigues indépendantes qui font tout de même avancer l’intrigue globale. Une bonne vieille recette old school, et pas un film étiré en longueur… Et la série a le meilleur score critique pour les séries Star Wars en prise de vue réelles. Ça semble pas si compliqué… Disney, Amazon, à bon entendeur…

dimanche 15 septembre 2019

épisode 161 : Roulons des mécaniques





Bien le bonjour ami lecteur (selon qui tu es, tu vas trouver que je radote, mais je n'ai pas encore parlé de tout ça son mon blog). Il y a peu je regardais Mortal Engines (les "mécaniques fatales" à prononcer avec l'accent québécois qui transcende tous les titres en français). Dès le premier coup d'oeil, le film est vraiment très beau. Chaque plan est visuellement assez fabuleux, assez numérique certes, mais d'une propreté et d'un piqué de qualité. Un autre bon point pour l'univers, vraiment original sur grand écran. Alors tant qu'on y est, un soupçon du pitch: dans une Europe post-apocalyptique du futur, la ville de Londres à roulettes se balade pour phagocyter des petits villages, en quête de ressources humaines et matérielles. Pour survivre certes, mais surtout dans l'optique d'aller péter les genoux des survivants qui ont décidé de se sédentariser, mettant à mal l'idée que le modèle de cité ambulante serait la seule possibilité de survie. Alors oui, c'est une adaptation d'un roman et le film n'est pas non plus Le film de l'année mais il s'en tire très correctement. Et le moment passé devant m'a bien plus diverti et fait voyager que la dernière séance devant un blockbuster du MCU qui m'a quasiment déclenché une crise de foi(e).

Jetons un oeil au box office, d'après BoxOfficeMojo, Mortal Engines a engrangé les sous suivants (domestic, c'est sur le sol étatsunien, foreign c'est le reste du monde) :


Domestic: $15,951,040   19.1%
Foreign: $67,721,633   80.9%

Worldwide: $83,672,673

Au vu du budget du film dépassant les 100 millions de dollars, c'est une sacrée débandade (je ne sais pas si ça tient compte du marketing, mais de toute façon la comm' n'a pas été fabuleuse sur ce film, vous vous rendez compte, même pas de vignette collector chez Leclerc, ça doit expliquer le faible résultat). Et en comparant avec la qualité de certains films super héroïques, ça me fait assez mal. Tenez juste pour le fun, le box office de films récents de cape et de collants. Je vous laisse deviner ce qui correspond à chaque film: Suicide Squad, Ant Man 2, Amazing Spiderman 2.


Domestic: $325,100,054   43.5%
Foreign: $421,746,840   56.5%

Worldwide: $746,846,894


Domestic: $216,648,740   34.8%
Foreign: $406,025,399   65.2%

Worldwide: $622,674,139


Domestic: $202,853,933   28.6%
Foreign: $506,128,390   71.4%

Worldwide: $708,982,323


Ce qui est très dommage avec ce genre de flop financier, c'est que les grands studios sont de plus en plus frileux pour débourser les sommes titanesques nécessaires pour se maintenir au niveau visuel des aventures des Avengers. Tout n'y est pas parfait, mais pour s'en envoyer plein les yeux, c'est vrai que le spectacle vaut le prix de son billet de cinéma. Et même si un film du MCU faisait bien moins que les autres, il ne s'agit de toute façon que d'un simple rouage dans une gigantesque machine financière qui va se hâter d'éponger les pertes avec le film suivant. Mais vous venez de le voir avec les données de Box Office Mojo au dessus. Même les films les plus médiocres ou les plus anecdotiques pour le MCU font des recettes de folie. Parce que Suicide Squad, c'était quand même sacrément de la merde, Ant Man, tout le monde s'en fout de ce genre de héros qui ne sert que de side kick et dont la renommée est très limitée à côte des poids lourds comme Spidey ou Iron Man. 




Alors voici le moment de faire un (tout) petit hors sujet sur Ant Man. Parce que j'ai clairement pas envie de faire un article entier dessus. Ce film, je parle du 1, j'ai pas eu envie de regarder le 2, tente une justification scientifique dès le début. On aurait pu faire comme Spiderman: il s'est fait mordre, pourquoi ça l'a affecté? d'où, quoi, comment? Osef, c'est comme ça, le petit geek est devenu Spiderman, passons à la suite. Mais pour Ant Man, on tente je ne sais pas trop pourquoi des explications les plus ridicules les unes que les autres. En gros, il est super fort quand il est tout pitit parce qu'il conserve sa masse, mais du coup en super concentrée ! Donc, ben forcément, quand il chevauche une fourmi, c'est une p***** de fourmi qui porte ses 90 kgs sans broncher. En fait ça devrait être elle le personnage principal... Et puis Michael Douglas se balade donc avec les 40 tonnes d'un tank dans sa poche... normal quoi... Et à l'inverse, le train jouet de sa fille, une fois agrandi devient assez lourd pour défoncer une maison... Je ne parle même pas de Civil War où Ant Man fait une apparition géante: son poing haut de plusieurs mètres devrait donc peser seulement quelques kilos, pas plus lourd qu'une énorme baudruche... Une baudruche qui tabasse d'autres Avengers... Je n'ai pas envie de revenir sur la suspension d'incrédulité vu que tous les films dont je parle sur ce blog en demandent tous des doses assez énormes. Mais quand un film établit une logique interne, une explication scientifique et qu'il chie dessus au bout de quelques minutes, c'est vraiment ridicule. Vous imaginez: l'Anneau porté par Frodon ou un autre personnage de faible puissance ne fait que le rendre invisible; mais en fait, les jours impairs, ça le rend juste brillant au soleil; et de temps en temps, ça fait un effet random au choix pluie de popcorn, geyser de barbe à papa ou +3 en cuisine elfique. Ce serait juste nul non ? Oui, bon, ce serait fun, mais le film serait merdique.

Bon, reprenons. 

Il me semble donc que les gros budgets des plus grands studios hollywoodiens vont donc en priorité à des blockbusters formatés et sortis à la chaîne, d'ailleurs chacun finit par ne plus en être qu'un maillon. Et la créativité qui pouvait s'y trouver au début se noit dans la poursuite du box office en surfant sur les tendances actuelles, ou sur ce que fait la concurrence. Je ne dit pas que c'est mal d'avoir sorti Captain Marvel; mais on y sentait quand même Disney en quête de son Wonder Woman et des millions (et des critiques positives) récoltés par la Distinguée Concurrence. Je ne dis pas non plus que tous ces films à la chaîne sont mauvais; clairement c'est pas moi qui viendrait prôner un cinéma du bon goût contre le méchant cinéma Disney produit comme un objet de consommation de masse. Simplement je trouve simplement que les bons films d'aventure se font de plus en plus rares.
Qu'entends-je exactement ici? Eh bien je suis très fan des films d'aventure façon Goonies ou Indiana Jones. Et des films comme Ready Player One, Mortal Engines ou même Valérian dans un autre registre me font passer de biens meilleurs moment que ceux qui caracolent en tête du classement.



Un autre petit aparté pour parler de Valérian. J'aime vraiment beaucoup la bande dessinée qui offre un univers et des personnages un peu plus matures que les classiques franco-belges des années 80. Même le style graphique, tout en restant assez classique mélange vraiment les genres avec brio d'un tome à l'autre. Le film quant à lui n'est clairement pas au même niveau. Il en est même loin. Le principal défaut étant à mon avis un scénario au "rebondissement" final ultra téléphoné. En revanche le visuel est impeccable, la réalisation fait son job (ce qui est possiblement décevant de la part de Besson) et le reste permet de passer un bon moment. Je ne le met pas dans les bouses, sans pour autant le porter aux nues. Ce qui est dommage c'est qu'à sa sortie deux tendances ont émergé: d'un côté ceux disant que voir une entreprise de cette importance faite en France méritait le respect, d'un autre côté ceux qui le conspuaient. Au final le résultat au box office est décevant. Ce film est le record du film français le plus cher (près de 200 millions de budget, quand le suivant atteint "juste" les 80 millions. Et il rentre dans ses frais de justesse, dégageant près de 20 millions sur l'ensemble de sa carrière, ce qui est ridicule pour un film de cette ampleur qui était en droit d'attendre minimum dix fois plus. D'ailleurs c'est ce film qui a signé le début de la fin pour Europa Corp, la société de Luc Besson qui frise la mort financière. Et pour le cinéma français, c'est bien triste. Si une des seules fois où un film de cette ampleur est financé entièrement en France, et qui avait lancé un mouvement de relocalisation en France de nombre de tournages, l'accueil mitigé suffit à couler l'une des plus grosses sociétés françaises dans le domaine, on peut être sûr de ne plus avoir à l'avenir que des trucs du style Qu'est-ce que les Chtis ont fait au Bon Dieu. Parce que les budgets sont bien plus faibles, le public déjà présent, le risque inexistant. Bon, cet aparté commence à s'étirer en longueur, avec des phrases dépassant les huit lignes, il est temps de revenir à nos moutons.

Et je trouve ça dommage de ne plus voir que très peu de films d'aventure familiaux sans un héros en collant. Ce qui me manque c'est un peu le Spielberg des années 80, avec des films à la ET/Indiana Jones. Alors certes, Steven fait toujours des films, et qui correspondent plutôt bien à ce que je cherche, même si la qualité n'est plus forcément celle de sa grande époque. Mais s'il reste un cinéaste incontournable, il est un peu passé de mode. Ready Player One a bien fait une semaine ou deux en tête du Box office, mais ce n'est rien comparé à sa domination d'antan.
Même sans remonter aux années 80, et en s'abstenant de juger leur qualité, des films comme les Tomb Raider avec Angelina Jolie ou les Benjamin Gates avec Nicolas Cage avaient repris le créneau des Indiana Jones. Et font plus ou moins le taff. Il y a d'autres films d'aventure, du style Le Labyrinthe, mais ils sont plus ciblés pour des adolescents, et bien que cela ne soit pas évident au vu du thème général de ce blog je prends petit à petit de l'âge, et je me sens moins concerné par ce genre de film.
L'autre souci, cause ou conséquence, c'est aussi que je sors plus rarement du cinéma totalement conquis. Un lien à faire avec une surconsommation? Ou avec les séries qui ont de plus en plus de budget et qui sont les produits culturels les plus mis en avant sur les plate formes telles Netflix ou Amazon? Est ce que je me suis habitué à un changement de format?

Quoi qu'il en soit, et malgré une bande annonce détestable, tout ce constat va me pousser à regarder le film Dora l'exploratrice. De l'aventure, un film qui semble adapté aux enfants mais aussi aux adultes, si le scénar et les visuels sont bien, ça respecterait pile le cahier des charges.

Le film est beau, l'scénar nouveau, aventureux !
C'que nous voulons c'est de l'action, au moins un peu !

Et il va de soi qu'un bon film d'aventure, même s'il s'inscrit dans une trilogie, doit être totalement indépendant. Il faut qu'on puisse voyager devant ce film, peu importe l'époque, même si le film est ancré dans notre quotidien, le parfum de l'aventure doit nous transporter. Et bien sûr une bonne histoire d'aventure se regarde avec des jeunes, pas des nourrissons non plus hein, et se savoure toujours quand on prend de l'âge l'expérience. Mince d'ailleurs d'ici un jour ou deux je vais avoir un an de plus.
Bon voilà, fini de radoter, cette petite réflexion arrive à terme; je vais me mettre en quête d'un bon petit film d'aventures pour finir la soirée.




Un petit PS : à chaque fois tout au long de l'article, je n'ai fait que parler du MCU en parlant de Disney, je n'ai pas mentionné Star Wars. Forcément, j'aimerai que ce cas soit un peu à part. Mais on y est de plus en plus proche d'une Marvelisation totale. Chut, laissez moi croire que c'est différent.

lundi 6 mai 2019

épisode 146 : Qu'est-ce qu'on se poile...

Ahh un bon petit restaurant! Ça fait toujours plaisir, même s'il ne s'agit pas forcément de la cuisine d'un grand chef étoilé. Oui, les plats y sont peut-être un peu gras, mais bon, le gras c'est la vie non? Et puis, nous n'y allons pas non plus tous les jours. Une bonne entrée, un verre d'un excellent petit vin de derrière les fagots, un plat un peu rustique mais si savoureux même s'il tient un peu au corps et un bon dessert maison. Bon, ça y est, nous sommes bien calés, et il nous reste à peine une place pour un petit thé. D'ici qu'on l'ait choisi, profitons encore quelques instants de la saveur du dessert qui s'attarde dans notre palais.

Comment ça j'ai pris du poids?

Et puis, là, on nous propose une part supplémentaire d'un autre dessert. Pas vraiment original ni très différent de celui que nous venons de descendre goulûment. Un gage que allons sûrement l'apprécier. Mais est-ce vraiment raisonnable? Encore une bouchée et c'est certain, on va se sentir lourd toute la soirée. Une autre et on ne pourra plus manger ce genre de gâteau à la crème pendant au moins un mois. Et avec la dernière, c'est sûr, l'indigestion arrive. C'est dommage parce que ce second gâteau était plutôt savoureux, mais trop c'est trop, et la part de trop nous fait passer d'un moment posé, rassasié à un moment difficile, à mi chemin du lavabo, agressé par une remontée acide.

Quoi c'est article n'a aucun sens? Comment ça on s'en fout? Pourtant tout Internet ne parle que de ça, alors pourquoi pas moi? Ah oui, pardon, je parlais d'Avengers Endgame. Et je crois que c'est pile ce que je craignais. L'indigestion est là! Bon attention, ça va spoiler salement, mais au final, on s'en fout vu qu'il n'y a pas vraiment de surprise.


samedi 23 mars 2019

épisode 139 : Pensez printemps les amis !

Et voilà, ça y est le printemps est fini. Ah. Oui, non. Pas ce printemps-ci, seulement celui du cinéma. Et en même temps, forcément, trois jours c'est court. Mais ce n'est pas par sa taille que nous pouvons juger ce genre d'événement. Parce que pour une fois la programmation chartraine des salles obscures m'a conquis. D'ordinaire les trois jours de cinéma a bas prix ne coïncident jamais avec la présence en salles de films que j'ai envie de voir. Bon c'est vrai que la programmation de l'unique cinéma chartrain est assez aléatoire... Le film sorti la semaine dernière? Pas de séance? Mais si, il en reste une lundi à 11h du matin... Enfin... Cessons là cette digression critique.

Cette année j'ai donc profité de l'occasion pour passer quelques heures devant la toile. Entre deux cours, ça détend! 
Je l'avais mis dans mon bilan 2019, du coup j'ai été voir Captain Marvel. À ce propos, j'ai envie de différencier deux choses: le film en lui-même, et sa position au sein de la fresque popcorn MCU. En lui-même le film est plutôt sympathique. Les personnages sympas, y a de l'action correctement dosée, des retournements de situation "complètement" inattendus... Certes ce n'est pas le film de l'année, on verra ce qui sort cette année mais ce ne sera sûrement pas non plus le film de super de l'année. Mention spéciale au personnage de (Nick) Fury, dont la cure de jouvence numérique s'est vraiment bien passée. 


Ensuite, un petit bémol sur l'époque où se déroule l'intrigue : les années 90. C'est assez proche de nous pour que visuellement les environnements ne choquent pas (et aussi parce que les films de cette époque sont encore très présents et sont à la base de plein d'éléments de pop culture actuelle). La véritable évolution se situe au niveau des éléments technologiques courants: bipeur, windows 95... Mais on appuie un peu trop dessus, nous jouant de la technologie d'époque avec un oeil contemporain. C'est un peu trop méta, et au final même pas si crédible. Comme si nos technologies actuelles étaient au niveau de celles des Kree alors que dans 20 ans les méga gadgets du SHIELD des Avengers sentiront le vieux camembert moisi.
Bien sûr il convient aussi de parler du côté féministe du film. Après 10 ans où Black Widow ne sert toujours que de faire-valoir, la Distinguée Concurrence est au moins en avance nouveau super héroïne avec Wonder Woman et son excellent film origin story qui se permettait des petits piques fort sympathiques.

"J'ai lu les douze volumes du traité rédigé par Clio sur les plaisirs charnels. Ils arrivent à la conclusion que l'homme est essentiel à la procréation mais que quand il s'agit du plaisir... il est inutile."

Captain Marvel présente de bons personnages féminins, une héroïne qui n'a rien à envier aux autres Avengers et qui n'est pas non plus là uniquement pour nous montrer son joli costume moulant. Oui, certes il est plutôt moulant, mais comme tous les autres supers slips. Je suis juste un peu sceptique sur certaines répliques dont la finesse est discutable. Des femmes fortes et pleines de conviction, c'est bien. Une gamine qui dit à sa mère d'aller combattre au péril de sa vie pour qu'elle soit un bon modèle c'est un peu bizarre. Et pas forcément très naturel. Mais bon, c'est globalement plutôt sympa.

Mais la place du film au sein du MCU est globalement celle de cette babiole offerte par tatie sur le haut de ton armoire. Ça semble joli au premier abord mais tout le monde s'en contrefout. Le personnage principal est surpuissant mais n'a jamais été aperçu ni même mentionné dans aucun des films précédents. Le syndrome wakandais mais avec un retour dans le passé qui le rend encore plus artificiel et en ôte les principaux enjeux. Le défaut habituel de tout préquel, sauf que là c'est un préquel à un truc qui n'est même pas encore réellement sorti, avec des personnages inconnus du reste de l'univers... Un épisode filler, très joli mais sans incidence sur la trame actuelle, permettant de balancer Captain Marvel dans le bain d'Avengers Endgame en disant bien qu'elle ne sort pas totalement de la magie du script. Et du coup, avec tous les autres films de supers autour, celui-ci n'apporte rien de novateur. Si ce n'est pas le cas du personnage central, son film reste simplement une jolie potiche.


Mais le printemps du cinéma c'est l'occasion de voir d'autres films qui ne sont pas forcément là pour nous en mettre plein les mirettes. Dans ce genre, alléché plus par la présence de Viggo Mortensen et la critique de Durendal que par l'oscarisation du film, j'ai été voir Green Book.


Si le film traite du racisme, des problèmes rencontrés par les noirs aux États-Unis dans les années 60 ou même de l'homophobie à cette époque, l'oeuvre prend le parti de nous conter une histoire qui met de bonne humeur. S'il est parfois tendu, jamais il ne dédramatise son propos mais nous donne pourtant une oeuvre au ton léger dont on ressort assez optimiste. Les acteurs sont vraiment bons, et même si les problématiques restent malheureusement certaines fois trop d'actualité, un bon goût d'optimisme reste après la séance. N'hésite pas, va le voir!

Sur ce, je retourne finir Love Death + Robots sur Netflix (j'attend toujours mon chèque pour le placement produit 😂), la "série d'anthologie" animée. Chaque épisode fait de 5 à 20 minutes, à la qualité scénaristique variable mais souvent très bonne, et le visuel est à chaque fois une claque différente. Peut-être un futur sujet d'article?

lundi 4 mars 2019

épisode 136 : There is only one Return and it's of the Cantal ! !

Qui tient la rédaction de ce blog? Normalement c'est moi, tout seul, sinon il y aurait sûrement moins de Star Wars. Mais il arrive de temps à autre que des lobbies réussissent à passer ma porte et à me proposer avec plus ou moins de finesse un sujet d'article. L'image ci-contre fait partie de cette campagne de loobying que j'ai dû subir... Ahlala ... Bon aller, allons-y, Alonso ! De toutes façon, si je ne voulais pas, je n'aurais pas fait cet article, mais j'aime juste me plaindre un peu !! Un dernier détail : depuis l'écriture de cette critique pour laquelle j'ai cherché deux ou trois trucs sur Google, Big Bro(th)wser me propose toutes les semaines des actualités régionales sur le Cantal...

Aujourd'hui, un... film? Allez, admettons que c'est l'équivalent d'un fan-film, avec un certain budget. Avant de passer à l'article proprement dit, je tiens à signaler au gentil lobbyiste que j'ai regardé une seconde fois ce film pour la rédaction de cet article; ça mérite bien en contre-partie deux petits visionnages de la meilleure saga de tous les temps !


Alors de quoi parlons-nous ce soir? Le Hobbit: Le Retour du Roi du Cantal est un long métrage parodique basé sur les films de Peter Jackson

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Devant le scénario excessivement bien ficelé de ce film, nous voici donc au début d'une critique tout aussi bien structurée... Commençons par le doublage du film. Oui, quasiment l'intégralité des rôles importants sont doublés. Et tous les doubleurs originaux sont là; et nombres de répliques sont calquées mot pour mot sur la version française des films de Jackson; à ceci près qu'on remplace de temps à autre Mordor par Puits de Dôme, Terre du Milieu par Auvergne... et que certaines changent d'interprète pour les besoin du scénario. Ce gros avantage des voix originales est contrebalancé par l'amateurisme de la production (pour le moment, nous ne parlons que du doublage), et quand l’œil non exercé remarque qu'un mauvais acteur français est doublé en français, ça fait bizarre... Et puis dans les premières scènes du film, des voix additionnelles rajoutent un peu d'ambiance aux rues et aux tavernes, cela-dit, comme on dirait que c'est Pen Of Chaos qui les a faites pour du Naheulbeuk, on ne sait pas trop si on doit rire ou pas... J'admet que pour le côté parodique c'est rigolo, mais comme le film se veut quand même plutôt sérieux dans le fond et dans la forme, c'est étrange. Quand je dis sérieux, je ne suis pas totalement débile au point de penser que le "Retour du Roi du Cantal" n'est pas destiné à être drôle. Mais l'introduction nous laisse tout de même penser une envie de montrer un vrai film, avec de vraies références locales, mis en musique et en image pour faire baver les fans du SDA sur une région excessivement proche.
Avant de passer à la suite, une mention spéciale à Gandalf, l'un des seuls personnages dont le doubleur n'a pas voulu (?) participer au projet, et qui se retrouver affublé de la VF habituelle de Morgan Freeman ! Mindblowing !

Ça envoie quand même un peu du Cantal ce genre d'intro non ?

Les voix françaises sont d'ailleurs ce qui m'a permis de regarder ce film une seconde fois: c'est vraiment ce qui est bien foutu, presque drôle, mais de façon quasi méta. Difficile de ne pas imaginer les doubleurs en plein exercice, essayant de ne pas oublier d'envoyer du "Cantal" un peu partout...

Après le doublage, la musique, qui souffre des mêmes paradoxes. La bande originale ne l'est pas du tout vu qu'il s'agit exclusivement des musiques d'Howard Shore. Ce qui est fabuleux pour l'ambiance du bouzin, mais se retrouve gâché de temps à autre par un fondu au noir visuel doublé d'un fondu au noir (enfin, un fondu au silence) sonore plus ou moins habilement placé, plus ou moins en fin de piste audio...

Dommage de ne pas ajouter un petit mot sur les dialogues avec  un petit exemple. Les répliques des films de Jackson, souvent tirées des livres, sont épiques et peuvent, soutenues par la musique, réussir à nous faire dresser les poils, d'émotion et de puissance véhiculées. Là, on assiste à la tirade de Théoden:
Où sont le cheval et le cavalier ? Où est le cor qui sonnait ? Ils sont passé comme la pluie sur les montagnes, comme un vent dans les prairies. Les jours sont descendus à l’ouest derrière les collines, dans l’ombre. Comment en est-on arrivé là?
La musique est là, pas de souci, on passe sans problème sur les modifications pour le background cantalien. Puis.. boum, la réplique se finit, la musique aussi, et le seigneur de Marcolès qui parlait balance un petit: "bon faut qu'on aille voir notre avant-poste"; presque aussi à propos et casse-ambiance que s'il avait proposé un petit kébab à son sbire après l'une des meilleures répliques de la trilogie...

Je suis ... ton père !! Bon, t'as faim, on va au restau?
(comme quoi, y aura toujours du Star Wars partout sur ce blog)

Et maintenant, un mot des décors et costumes. Les décors sont pour la plupart vraiment beaux, vu qu'il s'agit souvent d'environnement naturels ou de vieilles pierres médiévales. Nous choisirons simplement le bon moment pour prendre une pause pipi et ainsi éviter ce que nous voyons ci-dessous.

Il veut filmer un décor médiéval, ça tourne mal !

Quant aux costumes, on oscille entre le costume type médiéval correct (je vais me faire taper sur les doigts par les nazis de la reconstitution historique je pense...) et le déguisement joué club, ce qui nous permet en toute objectivité de donner à ce film la note de barbe postiche/20. On continue sur la photographie? L'étalonnage des lumières et des couleurs n'est pas toujours le même au sein d'une même scène... Vous savez, quand la caméra de votre téléphone change légèrement de colorimétrie à cause d'un surplus de lumière ? Et bien dans un film, c'est un peu moche... Ceci-dit, ce n'est qu'une sorte de faux raccord parmi d'autres...

Pour sûr qu'c'est joli le Cantal !

Vu la qualité des barbes et perruques, vous imaginez ce qu'aurait donné SylveBARBE ???

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Passons maintenant à l'histoire, plus  ou moins dans le détail. Tout le truc commence par une intro "à la façon de la Communauté de l'Anneau" : narrée par les Voix de Galadriel et Bilbon, avec de très belles images du Cantal (c'est dommage de n'avoir qu'une résolution qui fait saigner des yeux quand même les productions les plus pauvres sur le net se permettent minimum la HD, mais bon, passons, on va dire que l'année de sortie _2015_ y  est pour quelque chose)

La qualité de l'intro est vraiment correcte en comparaison de l'intro sur la Comté des films de Peter Jackson. Les scènes champêtres hobbites demandent somme toute assez peu de budget; en revanche la mise en place du scénario se fait exclusivement avec des illustrations sur fond de parchemin et de voix galadriale: c'est à la fois cheap, un peu long et difficilement compréhensible (c'est quelle cité d'Auvergne qui est en bisbille avec quelle autre déjà?).

Enfin grossièrement (je n'ai clairement pas envie de me refaire une troisième fois ce film dans l'immédiat pour dénouer cet écheveau scénaristique convenablement) : les cantalous hobbits et nains étaient prospères et se baffraient tranquillement de fromage dans l'abondance obtenue grâce à leur anneau magique quand celui-ci disparut. Le roi du Puits de Dôme en profita pour fondre sur le Cantal, même si certaines  cités lui tenaient tête. Thorin, le roi déchu du Cantal, n'avait donc d'autre choix que de rallier à lui ces cités pour détruire le Puits de Dôme. Mais pendant ce temps, l'anneau de pouvoir cantalien a été retrouvé par un jeune Hobbit ... 

Passée l'introduction et sa dizaine de figurants, l'armée du Puits de Doom, qui mixe Isengard et Mordor est alors composée de cinq (oui, cinq, comme tes doigts de ta main) péquenots... oulàlà "qui a la force de résister à la puissance du Puits de Dôme?" Ben, je sais pas, même le père Magott ferait l'affaire non? 
Et puis là, boum, sans crier gare, un autre fondu !! MAIS NON !! Ça fait tellement pas pro...

Puis sans transition le Hobbit se retrouve dans la compagnie de Thorin écu-de-barbe, devisant avec Gandalf de la marche à suivre. "Et si on allait chez les elfes?" Quand Thorin Barbe-de-chêne refuse catégoriquement, on se rend compte en fait que des elfes se sont téléportés là... Oui, après une intro au fusain sur parchemin qui n'était pas loin d'atteindre les 10 minutes, on passe d'une scène à une autre avec des transitions dignes de ... #Ernest s'est endormi sur son clavier en cherchant une comparaison#

Avis de recherche: Gandalf dit "Gandalf barbe grise"

Sans transition encore, passons maintenant à la première baston (escarmouche..ron) entre des hommes du Nord (le Puits de Dôme) et les homme du Cantal (de Marcolès). Ça fait un peu petit mais c'est pas si mal foutu, même si certain figurants sont en roue libre, ils nous livrent une version pas désagréable de l'attaque des Uruk pour chopper les Semi-Hommes. A ceci près que l'attaque commence comme celle d'Osgilliath par le Mordor... Tout ça sent bon le découpage/charcutage pour ne pas avoir à écrire une seule ligne de scénar original...

Avant je voulais être Boromir, puis j'ai pris une flèche dans le genou...
Noooooon, Boromir est moooooort !!!!

Tout cet imbroglio scénaristique est entre-coupé de scènes bien trop nombreuses sur le seigneur d'Aurillac qui s'envoie cognac sur cognac, tout en refusant la proposition de son conseiller d'aller aider Thorin. Conseiller qui, notons-le au passage, a englouti tout le budget barbe: c'est bien le seul sur lequel les postiches ont un peu de crédibilité. Ces scènes sont peut-être drôles pour les autochtones qui connaissent la région et ont peut-être du passif avec Aurillac, mais pour le natif du [insérer random autre région] c'est pas utile. (Vous l'avez senti l'euphémisme là?) Surtout quand on commence à citer les commerçants locaux...

Quoi? Moi, je cabotine? meuuh non voyons ! Vous dites ça parce que je suis le seul à pas être doublé par quelqu'un d'autre !! De toutes façons, je suis là pour le cognac, renvoyez une lampée !

Mais retournons un peu suivre notre Bilbo de service qui arrive à Boisset, The Village qui doit se dresser contre l'envahisseur mais seulement si on lui balance l'anneau magique sous le nez ! L'occasion de vanter un peu l'hospitalité proverbiale de la région: tout le village rumine à l'arrivé d'un étranger, les sourcils se froncent, les fourches apparaissent... encore sûrement une private local joke... Grâce à l'anneau le hobbit amène tous les "nains" de Boisset en renfort au château des elfes où Thorin commence à préparer les défenses. Défenses mises à rude épreuve avec l'attaque des troupe du Puits de Dôme; qui a lancé une procédure RH et attaque avec une troupe multipliée ! Heureusement Gandalf arrive sur ces entrefaites, accompagné du seigneur de Marcolès qui a finalement décidé de venir aider Thorin. On se doute de la fin, hein, victoire pour le Cantal ! Et puis scène avec Bilbo vieux, qui écrit son livre pour Frodon. Cette scène de fin est vraiment plutôt bien foutue, il faut l'admettre (à ceci près que quand Bilbo écrit le bouquin, soit il n'a pas d'encre dans sa plume, soit il fait des gribouillages sur sa feuille... était-ce si dur de faire semblant d'écrire?).

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Voici venue l'heure de faire le bilan ensemble de ces 70 minutes de film: ça oscille du visuellement sympa au visuellement suédé, le scénar est difficile à suivre, à coups de private local jokes, les acteurs sont pas fous, mais, oui, oui, mais... le doublage fait quand même le café, avec  un côté méta fort sympathique. Ceci dit, une fois que vous l'aurez regardé une fois, l'expérience ne sera peut-être pas facile à réitérer si vous n'êtes pas des autochtones (ou si vous n'avez pas un groupe d'amis avec qui voulez partager une bonne bouteille devant).

Avant de finir, il convient tout de même de mettre ce truc en situation : son réalisateur a sorti le film a 19 ans, avec un budget ridicule estimé par Wikipédia à moins de 10 000 euros. Il a tout de même réussi, malgré son jeune âge à décrocher des subventions de sa région, de son député... pour un projet au final réunissant de nombreux figurants, et quasiment tous les doubleurs des films originaux ! Et s'il le vend en DVD (plusieurs milliers d'écoulés), il l'a aussi mis en ligne gratuitement ! Pour tout ça, allez le voir, et on se refera un visionnage ensemble autour d'une bonne bouteille de vin d'Alsace et/ou du Jura !

samedi 23 février 2019

épisode 134 : Et pourquoi pas un bilan 2017?

Comment se démarquer sur le net? Bon déjà, vu l'audience ici je suis à peine sûr d'être sur le net. Mais surtout, faire un article sur les films ou séries attendus en 2019 alors que l'année a déjà commencé depuis deux mois, là c'est bon, on se démarque des autres. Et comme ça, combo! Les films attendus et leurs critiques au même moment!

Commençons forcément en retard avec Gunnm, pour son titre international Alita Battle Angel. L'affiche ci-contre a été réalisée par l'auteur du manga Yukito Kishiro, avec les visuels du film. J'aime beaucoup le manga (la première série, la seconde est sympa mais se perd dans des bastons dont les rounds durent 3 tomes). J'étais inquiètemment enthousiaste à l'annonce du film, de l'équipe qui gérait, des premières bandes annonces, des avis plutôt partagés et du box office faiblard.

Forcément sur deux heures de film ce n'était pas possible de traiter l'intégralité de l'œuvre, aussi nous n'avons droit qu'aux débuts de Gallita dans la décharge de Zalem et à son incursion dans le monde du motorball. Ceci dit, l'adaptation est plutôt sympa, visuellement ça envoie du pâté et les grands yeux de l'héroïne qui dérangeaient tant la toile depuis la première bande-annonce passent au final bien. Étonnament dès les trois premières minutes je n'y prenais plus garde.
Le film est bien plus propre que le manga, ça découpe des bras métalliques à tour d'autres bras, mais point de jaillissement de cervelle auxquels nous avait habitués l'œuvre papier.

Concernant l'histoire deux ou trois petites modifications ont été faites.
Ido se retrouve maintenant avec une ex-femme et une fille décédée ; fille pour laquelle il a jadis conçu le corps dont il équipe Gallita au début, mais surtout c'est pour la venger qu'il devint chasseur de prime.
Le motorball a une importance exacerbée, avec des matches de quartier, et l'(ancienne) femme d'Ido conçoit des cyborgs toujours plus balèzes pour ce sport, espérant décrocher son ticket de retour à Zalem.
Mais surtout Nova est derrière toutes les péripéties, cherchant à faire tuer Gallita pour récupérer son cœur. Le premier match de motorball n'est d'ailleurs qu'un prétexte : Gallita veut gagner suffisamment d'argent pour que Yugo parte à Zalem et Vector qui organise tout pour Nova veut seulement tuer Gallita. Au final, le film ne nous montre donc que le tout premier segment du manga, avec une Gallita chasseuse de prime et tout le segment motorball, si important pour la construction du personnage n'apparaît que dans les trois dernières minutes, avec une ellipse du style "il ne lui aura fallu que deux mois pour devenir la meilleure, peut elle devenir l'ultime champion du motorball et monter à Zalem ?"
Ce qui laisse des trous énormes dans l'intrigue, avec un méchant quasi invisible, aux motivations inconnues qui finit le film sans qu'il ne lui soit rien arrivé. Un peu le syndrome Postlogie de Star Wars, peut être est ce fabuleux dans une trilogie, mais pour un seul film on reste quand même sur sa faim...

Notons par ailleurs qu'il semble que ce film soit l'un des derniers de la Fox avant que le studio ne soit phagocyté par notre studio préféré.. Hum... En tous cas par le studio qui d'ici peu sera le seul à nous produire des blockbusters en salle. Vous voyez le topo? 2035, vous avez le choix entre un film au cinéma, un Disney, ou une production VoD, du groupe Amaflixzon. Sinon y aura toujours l'épisode 2653 de Bob Lennon sur Skyrim.




Continuons dans notre retard avec Dragons 3. Pas autant d'attente que pour Alita, mais les deux précédents étant vraiment très agréables, l'annonce du troisième ne pouvait qu'être une bonne nouvelle. Le troisième opus, sous-titré "Le monde caché" est toujours aussi beau que les précédents ; l'histoire est sympathique, dans la lignée des précédents mais sans forcément être transcendante. En effet, encore des méchants qui veulent capturer des dragons, et tuer Krokmou qui est le tout dernier furie nocturne. Mais on passe un bon moment. Le bémol que je mettrais sur ce film, c'est plutôt dans sa conclusion, attention chérie, ça va spoiler!
Tout au long du film, Harold se repose beaucoup trop sur son dragon, et doute de ses capacités. Et sa proximité avec Krokmou l'empêche aussi de se consacrer à cent pourcents à sa copine. Une fois le méchant du film mort (c'est pour les enfants mais les méchants meurent quand même !), décision est prise, d'un commun accord, que les dragons vont quitter le monde des humains et rejoindre le monde caché. Et c'est ensuite que chacun va pouvoir convoler, Krokmou va se consacrer à son rôle de dragon Alpha et surtout batifoler avec sa Furie Éclair. De son côté, Harold peut enfin se marier. Et cette conclusion m'a un peu dérangé, surtout ce côté où il faut choisir entre partager sa vie avec quelqu'un (et se marier par exemple) et continuer à avoir des amis proches de soi. Le scénario pouvait tout à fait concilier le début de vie de famille de Harold avec celle de Krokmou. Et ne pas nous montrer ce mariage de Harold où l'on a un peu l'impression que c'est un choix par dépit après le départ des dragons. N'aurait-on pas le droit d'avoir une passion et un conjoint ? Sinon, je le répète, à part cette impression étrange à la fin, le film est un bon moment.


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En attendant la série qui nous ramènera en Terre du Milieu, nous pourrons toujours aller voir le biopic sur Tolkien. Je suis toujours assez peu attiré par les biopics; mais le trailer semble mixer la vie de l'auteur avec des images fantasmagoriques issues de son imagination et qui préfigureraient son oeuvre. C'est donc avec une certaine curiosité que je regarderai ce film.

Mais mais, ils sont pas tous morts les supers de Marvel ? Avengers 3 était le meilleur film du MCU depuis un bon bout de temps. Mais quand la pompe à pognon fonctionne, il faut pas la laisser se tarir. Même si ce qui était fabuleux dans Infinity Wars c'était justement ce côté "fin". Des morts, des vrais, une page qui devait se tourner. Du coup, le prochain Spiderman et Avengers 4 me semblent étrangement pas utiles. Captain  Marvel se passerait bien avant Avengers 3, mais n'aurait eu aucune incidence sur les événements du film. Tout aussi palpitant donc... Surtout si Marvel nous ressuscite des héros, le volet précédent n'aura a posteriori plus d'intérêt. À voir si les producteurs osent laisser mourir ou non leurs poules aux œufs d'or... Et oui, je sais, enfin un film de super avec une héroïne dans le rôle titre, depuis le temps que Marvel cantonnait sa Veuve Noire en sidekick alors que le personnage méritait mieux. Et pour une fois que Marvel court après DC et sa Wonder Woman ! J'espère au moins pour cela que le film ne sera pas trop anecdotique; mais tout de même, je reste sur mon idée que ces trois films me semblent assez peu utiles passé Avengers 3. 



Du côté de la Distinguée Concurrence, l'univers étendu ne prend pas. Et les projets se rebootent, ont des traitements aux antipodes les uns des autres... Pourquoi pas... Shazam semble très léger, quand au contraire Joker (sans Batman, dans aucune autre timeline) semble des plus sérieux. En fait, on veut un film avec les deux! Où le gamin de gauche craque nerveusement devant l'aura de bonne santé mentale dégagée par le phénix de droite ! Et venant de remater Batman Begins, c'était ça la recette qu'on veut : un film suffisamment sombre et profond, mais avec tout de même des pointes d'humour sans tomber dans du guignol. L'équilibre était parfait; on verra ce que donnera la suite, parce des débuts de la Justice Ligue ne ressort que Wonder Woman et une écaille d'Aquaman. Rappelons tout de même que j'ai mis Gungan/20 à ce dernier film...  

Disney continue de faire en live action ses dessins animés: trois dans l'année... Avec aux commandes: John Favreau, Tim Burton et Guy Ritchie. Oui, oui! Je reste dubitatif, mais je n'ai pas vu les précédents. Peut être un moyen de montrer à une nouvelle génération des vieux classiques? Ah mais non, un bénéfice et pas de création originale à acheter. Suis-je naïf? Les rumeurs parleraient même du retour de Jack Skellington...

Encore des Disney avec la suite de la Reine des neiges dont la bande annonce vient de sortir. Nous verrons bien si les questions que se pose le net sur les préférences sexuelles d'Elsa sont confirmées par le film. Ceci dit, vu les précautions prises par Disney pour rester grand public et attirer le plus de spectateurs dans les salles, la souris aux grandes oreilles prendra-t-elle le risque de s'aliéner un public conservateur qui attendra que la princesse trouve son prince?
En plus du retour de nos chansons Disney préférées, on aura aussi une adaptation d'Artemis Fowl. N'ayant jamais lu les bouquins, je n'en attends rien du tout, mais une petite série de films fantastiques bien ficelés ce serait agréable. D'ailleurs à ce propos, on devrait aussi voir le quatrième film Narnia en 2019, mais j'ai un doute vu qu'on en entend parler depuis un bail maintenant...

En vrac:
° Kingsman 3, préquel des précédents (donc avec un casting différent, il s'agirait même de la,  création de l'agence, dans les années 40);
° Hellboy, le reboot mais sans Del Toro (le poster fait bien dark, mais la bande annonce a un ton bien trop léger à mon goùt);
° Brightburn (et si Kal-El était pas un gentil garçon bien niais mais décidait d'utiliser ses pouvoirs comme risquerait de le faire un gamins quand les autres sont méchants avec lui?);
° Ad Astra (Brad Pitt et Tommy Lee Jones dans l'espace !);
° Détective Pikachu (par curiosité parce que le Pikachu avec la voix de Ryan Reynolds ça mérite le détour);
° Men In Black International (Spin-off sur une agence londonienne du MIB mais sans Will Smith)
° X-Men Dark Phoenix (le 4ème volet de la seconde trilogie, préquelle de la première, on dirait une timeline Star Wars)
° New Mutants, pour rester dans le même univers (mais cette fois, un film d'horreur, théoriquement Rated-R mais repoussé de presque un an, espérons que ça ne soit pas trop mauvais signe).






Et pour finir, encore Disney forcément, l'épisode IX. Clôturant la Postlogie, que les haters conchient déjà mais iront voir quand même. Une conclusion en signe de bilan, le film a intérêt à fédérer les critiques positives pour pérenniser la licence après l'échec de Solo. Concernant cet épisode au titre encore inconnu, nous n'avons pas encore de visuel, de teaser... Et c'est tant mieux. Pas de campagne de haine sur les réseaux sociaux loin en amont de la sortie, ça fait plaisir! Il paraîtrait d'ailleurs d'après Kylo Ren himself que la conclusion de cette trilogie aurait été écrite dès le début, contredisant ainsi les critiques qui trouvent que les deux films déjà sortis n'ont aucune cohérence. Il se pourrait donc que Rian Johnson n'en ait peut être pas totalement fait à sa guise... Qui sait? Nous verrons bien dans la conclusion de la Postlogie.


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Maintenant qu'on a parlé des films, jetons un œil aux séries. Alors bien sûr, il y a les nouvelles saisons des séries que j'ai déjà vues, mais finalement ça ne me hype jamais vraiment, même si je finirai aussi par les regarder. Ce qui m'intéresse ce sont des séries nouvelles!


Après le flop du film La Boussole d'or qui avait enterré les adaptations des autres tomes, les livres de Pullman reviennent bientôt adaptés par HBO et New Line pour la BBC. La production a commencé en 2015, et il y aurait déjà au moins deux saisons de prévues. Les livres avaient bercé une partie de ma jeunesse, j'espère que la suite sera à la hauteur; bien sûr évitons des attentes démesurées mais vu les gens qui bossent dessus, au moins visuellement ça devrait le faire!


Ensuite, histoire de me mettre un peu la pression, Netflix nous prépare une série sur le sorceleur. Heureusement les vacances scolaires qui se présenteront d'ici là me permettront d'avancer un peu dans le troisième opus vidéoludique des aventures de notre Geralt préféré avant de le voir débarquer sur le petit écran. Assez peu d'informations pour le moment, à part un visuel de Superman jouant le sorceleur, et faut avouer que ça fait un peu peur non? Vous en dites quoi? A priori ce n'était ni un déguisement d'Halloween ni une blague du 1er avril.... Même la version 3D animée fait plus le café...



En continuant dans les adaptations, après American Gods, un autre livre de Neil Gaiman (co écrit avec Terry Pratchett) verra le jour sur le petit écran en 2019: De bons présages. De quoi rentabiliser mon abonnement Amazon Prime Vidéo en attendant 2021 et la série sur le Seigneur des Anneaux.

Adaptation aussi pour des livres déjà adaptés de façon magistrale au cinéma par messieurs Snyder et Annaud : Watchmen et Le Nom de la Rose. Cette fois pour Watchmen il s'agira plus d'une adaptation que le film de Snyder qui était quasiment une transposition à l'écran. Ça c'est plutôt une bonne nouvelle, le fait que ce soit chapeauté par Damon Lindelof c'est un peu plus inquiétant. Le bonhomme me doit des dizaines d'heures de ma vie perdues en regardant Lost. Pour Le Nom de la Rose, il s'agira d'une série créée par Orange, et a priori Umberto Eco, l'auteur, aurait participé à l'écriture des premiers épisodes avant son décès. Ça, ça m'enchante plus que Lindelof sur Watchmen !


Et bien sûr, mais nous en avions déjà parlé avant, La série Live Star Wars: The Mandalorian! Elle servira d'appât pour nous attirer vers la future plateforme de streaming Disney... Si seulement ça pouvait être centralisé, l'utilisateur qui veut rester dans la légalité ferait des économies...

mercredi 6 février 2019

épisode 132 : They're taking the Hobbit to ... Erebor!

Le week-end dernier, c'était après-midi marathon cinématographique Hobbit. Depuis le temps que j'ai acheté les Blurays,  version longue, 3D, méga version of doom, eh bien c'était la première fois que je regardais les trois films entièrement en version longue. Bon, déjà, pas besoin de la version longue pour effectuer ce constat, on est quand même assez loin du niveau de la trilogie du Seigneur des Anneaux. J'ai passé un agréable moment mais tout ceci n'en cassait pas pour autant trois pattes à un canard. Quoi qu'il en soit, enchaîner d'un coup les trois films, en version longue, a gommé ou du moins estompé certains des défauts qui m'avaient dérangé lors des sorties en salle. Le premier volet est de mon point de vue le meilleur. On y retrouve la magie du Seigneur des Anneaux, malgré la présence d'Azog, pas autant répugnant pour son ajout à l'histoire (vraiment pas si utile) que pour son aspect, raté, salement numérique, à mille lieux des personnages orques ou Uruk du Seigneur des Anneaux, dont la peau luisante de sueur et de crasse semblait puer à travers l'écran.


Dès le début du Voyage Inattendu, je me suis posé un question, en voyant arriver Thranduil sur son caribou, sur les collines dominant la porte d'Erebor. Que venaient faire les elfes à Erebor, aussi nombreux, en armes? À la vue de Smaug,  ils décidèrent de ne pas se mêler du conflit, mais n'étaient -ils pas justement là pour un but belliqueux? Bafoué et humilité par Thraïn, le papounet legolastique venait-il pour chercher ses fameuses gemmes blanches à la pointe de l'épée?

Jar Jar en tête de ses troupes: attendez... Attendez... Noussa pas de boumasse anti-dragon...


Avant de se continuer sa quête avec la compagnie des nains, Gandalf participe à un petit Conseil Blanc improvisé à Fondcombe. L'occasion de ressortir Galadriel et Saroumane du placard où on les avait laissés après le tournage du Seigneur des Anneaux. La poussière a alors un effet fabuleux, gommant les rides de Christopher Lee, effaçant même les pores de sa peau... Saroumane est alors le seul qui n'ajoute pas foi au récit de Gandalf, y allant même de son petit argument ad hominem contre Radagast et son amour de l'herbe à pipe qui lui brouille l'esprit. Tom Bombadil, Radagast, Gandalf... tous des hippies....
Les réticences de Saroumane sont elles de l'aveuglement ou tente-t-il de dissimuler le retour de Sauron dont il a déjà connaissance et à qui il se prépare déjà à prêter allégeance? On peut y voir une réponse dans les volets suivants : si le magicien blanc participe bien à la défaite du nécromancien à Dol Guldur, il dit ensuite qu'il va "s'occuper de Sauron lui-même". Si Tolkien a écrit Le Hobbit bien avant le Seigneur des Anneaux, Jackson en a fait un préquel de sa première trilogie, et clairement ce genre de scène ne passe que lorsqu'on connaît la première trilogie; sans quoi on passe complètement à côté du sous-texte qui annonce bien que Saroumane va tenter de profiter de la situation pour se créer une place aux côtés de Sauron (ou du moins va tenter de le lui faire croire tout en voulant s'accaparer l'Anneau Unique pour lui-même).



La Désolation de Smaug nous offre des moments vraiment bien foutus et agréables à regarder avec les passages dans la forêt Noire, ou dans les cavernes d'Erebor où Smaug cabotine pour notre plaisir. En revanche, que de longueurs à Lacville, où Jackson a fait rentrer au marteau-piqueur une autre histoire d'amour à la Beren et Luthien. Cette fois, il s'agit d'un nain et d'une elfe, avec les mêmes scènes que dans le Seigneur des Anneaux (blessure à la lame de Morgul, Feuille des Rois, Mauvaise herbe, soin magique...). Et le Maître de la ville des hommes avec son âme damnée ne sont là que pour du remplissage inutile; quand Elrond, Galadriel et Saroumane font du remplissage mais sont au moins là pour le fan-service.

Dans le troisième épisode, la version longue est un peu plus cohérente. Cela dit les ajouts par rapport à la version cinéma sont vraiment minimes sur les trois films confondus surtout en comparant avec le Seigneur des Anneaux. Mais courte ou longue, la Bataille des Cinq Armées n'évite pas les pires erreurs stratégiques et tactiques: les elfes qui chargent devant la ligne des nains, les orques qui arrivent juste à temps pour que les elfes et les nains ne s'entretuent pas alors qu'Azog a un quartier général tranquillement posé au dessus de la bataille... Ah oui, avant de finir, une dernière question qui reste sans réponse : pourquoi les orques ne craignent-ils plus la lumière du jour? Alors que Jackson explique bien dans le Seigneur des Anneaux que Sauron envoie des nuées de fumée pour obscurcir le soleil et permettre à ses troupes de se déplacer et de combattre en plein jour.

Je vous laisse sur la version en 5 secondes, ainsi que la trilogie aurait dû se terminer. Je trolle (juste) un peu.