lundi 4 mai 2020

épisode 182 : ... be with us




          Bon, ça y est, j'ai fini le Mandalorian. Sans tricher, sur Disney+, en attendant les sorties des épisodes en VF ! Et comme il s'agit de notre dernier morceau de Live Action Star Wars en date (et avant un petit moment), j'avais envie d'en dire un petit (ou pas) mot. Commençons par un petit résumé du premier épisode  (Oulà; ça devient compliqué, j'ai failli noter "l'épisode 1", mais c'est trompeur avec l'Episode I). Je ne vais pas spoiler toute la saison 1; je détaille un épisode, vu que c'est quand même sur le début d'une série qu'on s'y fait un avis.
Comment qualifier ce nouvel opus? Le plus simple serait de dire qu'il s'agit de science-fiction, mais je ne considère déjà pas vraiment les films de Star Wars comme de la science-fiction, plutôt du space opéra, des films d'aventures se déroulant dans l'espace. Le Mandalorian est lui plutôt un western qui se déroule dans l'espace. On y retrouve un héros solitaire et peu causant, parcourant plus ou moins seul les plaines désertiques en quête d'une prime ou d'une vengeance. D'aucun trouveront parfois le rythme un peu trop lent et pourront trouver certains moments ennuyeux; personnellement j'y retrouve l'ambiance contemplative des aventures de l'homme sans nom, interprété sous son inoubliable poncho par Clint Eastwood devant la caméra de Leone. Entendons nous bien, ces films sont des chefs d'oeuvre, la série n'atteindra pas le même niveau, je parle d'une ambiance générale.

          Alors, qu'en est-il du premier épisode? Voici un bref résumé : 
La série s'ouvre sur une planète gelée, sur une banquise, le mandalorien, un appareil de traçage luminescent et bippant à la main se rend dans une taverne, où il fait une entrée tout à fait western dans ce saloon de l'espace sous les regards des clients, ayant interrompu les conversations et les violences qu'un groupe de malfrats faisait subir à un alien. Une petite démonstration de force prévisible plus tard, on comprend qu'il est là pour embarquer l'alien en question qui vaut une bonne prime, l'occasion d'une petite punchline de la part du personnage principal, pour sa première réplique de la série. Mando (comme il est nommé quasiment jusqu'à la fin de la saison 1) rejoint alors son vaisseau avec son prisonnier, en empruntant un speeder taxi appelé par un alien Kubaz. Ils quittent ensuite la planète à bord du Razor Crest, le vaisseau de Mando, échappant de justesse à un monstre tapi sous la banquise.
Mando débarque ensuite sur Nevarro, l'une des planètes qu'on verra le plus souvent dans la série. Une autre planète, un autre saloon, d'autres Aliens. L'occasion pour Mando d'aller chercher sa prime et de réclamer d'autres missions auprès d'un intermédiaire de la Guilde des Chasseurs de primes. On lui donne alors un mystérieux rendez-vous dans un quartier sordide où il se trouve en présence d'anciens militaires impériaux. Avant de partir pour cette mission à l'objectif mystérieux, il fait un passage par les égouts de Nevarro pour s'équiper, parmi les restes de sa faction de Mandaloriens, décimés jadis par l'Empire et qui survivent dans la clandestinité. Il se rend donc sur Alvara 7 à la poursuite de sa nouvelle cible. Immédiatement attaqué par des Blurrgs sauvages, il est secouru par Kuiil, un Ugnaught qui va l'aider, désireux de se débarrasser des malandrins dont le campement abrite sa cible. L'occasion d'une scène d'action fort agréable qui va clôturer le premier épisode, où Mando fait équipe avec IG11, un autre chasseur de la guilde en quête de la même proie. Les deux chasseurs de primes mettent finalement la main sur la proie après une scène rappelant tout à fait Le Bon, la Brute et le Truand, avec ses immanquables clichés du genre : nos deux protagonistes se retournent toujours pile au bon moment pour d'un seul coup abattre un ennemi qui apparaît en hauteur, et à leur tour, ces ennemis ratent quasiment à chaque fois leur coup, malgré toute leur puissance de feu ! Quand la cible s'avère être un bébé, tout vert qu'il soit, Mando abat IG11 dont la mission impliquait plutôt la mort de la cible qu'un maintient en vie. L'épisode se conclut sur le plan assez iconique qui suit. 




          Pourquoi avons nous des mots en gras? Eh bien parce que j'ai des remarques à faire ! Alors commençons par les points négatifs qui m'ont un peu dérangés lors du premier visionnage de l'épisode. Je trouve que le début de la série tombe dans le travers de Solo. L'ambiance et les personnages originaux de la série mis à part, nous avons un petit côté "cahier des charges" à remplir; ou plutôt d'effet "qu'avons nous déjà en stock comme personnages pour tourner cette scène?" Je vous explique : pour Solo, la moindre anecdote, phrase, ou même demie réplique pouvant apporter un élément sur la jeunesse de Yan Solo tout au long de la Trilogie avait été incorporé au film. Tout était expliqué, plus de magie, plus de zone d'ombre dans le passé de Solo, le moindre accroc dans son pantalon corellien trouvait son explication dans le film. Et au début du Mandalorian, beaucoup trop d'éléments de décor, de figurants ou même d'élément audio-visuel se trouvaient déjà à l'identique dans la Trilogie. Alors oui, le concept est de faire des "références", d'attirer les fans de la Trilogie qui ont conchié la Postlogie; et a priori ça a marché ! D'ailleurs je ne comprends pas très bien les fans, mais au moins le Mandalorian offre quelque chose d'un peu différent (je ne dirait pas de nouveau) et cela a suffit pour faire kiffer des haters de la Postlogie... Comme quoi la logique du "fan"...  


Alors, point par point de quoi suis-je en train de parler ? Beaucoup trop d'aliens sont des races que l'on a déjà vues ! La galaxie est vaste, très vaste ! Et pourtant, parmi les premiers que l'on voit (ces clients, ce Kubaz, ces aliens (rodiens ou trandoshans)...) tous ont déjà été vus avant dans la Trilogie. Il en va de même de l'ambiance de Nevarro ou d'Alvara 7. Les deux planètes ont une atmosphère très proches de celle de Tatooine (même si la première semble bien plus grise): des déserts, des quartiers sordides comme ceux de Mos Esley ou Mos Espa avec des Jawas, des Singe-lézards Kowakiens , des Ugnaugths, et même les fameux vaporateurs d'humidité de la ferme de Luke Skywalker. Mais bon, nous avions déjà vu ces équipements dans Rogue One, théoriquement utilisés pour récupérer l'humidité des planètes arides, on les y avait vus au milieu d'un champ verdoyant...
Un peu l'impression d'avoir un créateur qui recycle d'anciens assets pour remplir chaque plan. Notons aussi ce fameux œil mécanique, judas électronique qui accueille les visiteurs à la porte du palais de Jabba, avec son dialecte Huttese, et que l'on retrouve à l'identique dans le repère des anciens impériaux (qui n'ont pas dû trouver un modèle parlant le basic..). Lors de la scène finale, le droïde IG11 n'en fait pas exception, tout comme le blaster lourd EWeb à la lourde puissance de feu qui s'oppose à nos héros. Apparu dans l'Empire contre attaque, ce type d'armement fait deux apparitions impressionnantes dans le Mandalorian; à croire qu'au fil du temps le modèle n'a quasiment pas changé et que les malandrins de ce premier épisode ont accès à la technologie de l'Empire. Mais pourquoi pas...
Au delà des décors ou des costumes que l'on a déjà vu, la série comporte aussi des éléments de mise en scène, je pense tout particulièrement à la première scène sur Alvara 7, quand Mando essuie une attaque de Blurrgs sauvages. Hommage? La série en elle-même est un sous produit de Star Wars, hommage aux personnages de Mandalorien tels Boba Fett. Et quand une scène repompe une autre, je trouve ça un peu dommage. Mando, tel Luke Skywalker sur Tatooine, observe de lointains Blurrgs à la macrojumelle, avant de se faire brutalement agresser par l'un d'entre eux qui surgit à l'improviste à moins de deux mètres de l'observateur, dans le champ de ses jumelles. Ainsi Luke Skywalker faisait sa première rencontre de proximité avec les Hommes des Sables en 1977.

Ci dessous, à gauche 1980, à bord de l'Executor de Dark Vador, nous découvrons quatre des chasseurs de prime les plus fameux de la galaxie; et à droite 2019~2020, quand il s'agit de créer les personnages de deux chasseurs de prime, on voit bien que la mode n'a pas changé ! D'ailleurs la photo de droite représente des produits dérivés, de bien jolies choses de chez Hot Toys qui n'a pas son pareil pour faire échanger des reins sur le marché noir. Tiens, juste un dernier petit mot d'un pendentif mandalorien que la série nous impose un peu à la façon des fameux dés de Solo, en quête d'un nouveau gashapon à produire en masse.




          Maintenant, passons aux points positifs. Parce que finalement, tout ce que je viens de citer précédemment ne constitue qu'un unique point négatif aux multiples occurrences. Mais j'ai apprécié la série, amateur que je suis de Star Wars (tu l'as vu l'euphémisme là) et de Western, j'ai apprécié cette première saison dans laquelle j'ai senti l'influence de Clone Wars. La série ne développe pas une unique intrigue; même si toute l'histoire forme un tout, plusieurs épisodes racontent des histoires indépendantes qui s'inscrivent dans l'arc principal sans pour autant former des pièces incompréhensibles prises une par une. Et ça, moi j'aime beaucoup ! La durée des épisodes y joue aussi pour beaucoup, variant d'une petite demie heure à près de 50 minutes; ce qui évite d'avoir à subir du remplissage quand l'intrigue est plus courte, ou s'étendant pour racontant la fin de la saison.

Si nous passions maintenant aux éléments positifs en gras et vert du pilote de la série ? Malgré le recyclage mentionné ci-dessus, certaines choses comme la banquise de la première planète gelée (loin d'évoquer Hoth), la première cible alien de Mando ou le Razor Crest ont des designs originaux fort bienvenus. On trouvera par ailleurs une planète forestière un peu plus loin dans la série; et si les véhicules et la végétation qu'on y trouve peuvent rappeler la Lune d'Endor, l'environnement est assez novateur lui aussi. Mais Nevarro ou Alvara 7 et ses Jawas qui ont une bonne présence à l'écran dans leur "chenillard" sont beaucoup plus habituels.
La démonstration de force de Mando dès son arrivée à l'écran pose tout de suite la série comme un produit plus adulte; même si la présence dès la fin de l'épisode de "l'enfant" reste l'une des choses les plus mignonnes que l'univers de Star Wars nous ait pondues. En effet, grâce à une porte automatique, Mando découpe clairement en deux un malfrat; même si rien n'apparaît clairement à l'écran, on se rapproche là des découpages façon Anakin dans La Revanche des Siths qui avaient valu au film un PG13 à sa sortie en salles. Ici, je me dois de spoiler un épisode un peu plus loin, où Mando, assailli par un groupe d'ennemi réussit à s'en débarrasser, un par un, au fur et à mesure, de façon assez brutale et, semble-t-il, mortelle, avant qu'une petite scène finale ne nous les montre enfermés, amochés mais bien vivants. Pourquoi Disney n'es-tu pas fichu de t'en tenir au personnage que tu as toi-même défini? Et cette simple scène change a posteriori tout le ton de l'épisode, rebasculant dans le côté ado de The Clone Wars. Et c'est bien dommage ! Et au même moment, Mando n'a pas hésité à déclencher une balise de repérage, laissant des X-Wings de la nouvelle république détruire une station (et ses occupants). La logique Disney est donc que le personnage principal ne doit pas avoir trop de sang sur les mains, mais s'il se débrouille pour que d'autres fassent le boulot, c'est bon !



          Un bon gros point positif de la série à mon goût est son manque de texte explicatif, qu'il apparaisse tel quel, déroulant sur fond étoilé, ou dans la bouche d'un personnage. Ah c'est bien pratique un long monologue pour détailler l'univers au spectateur. Mais c'est vraiment toujours aussi ridicule de voir deux personnages s'expliquer des choses qu'ils connaissent déjà ! Eh bien ici, ce qu'il faut savoir de l'univers est dépeint subtilement par petites touches, au détour d'une réplique, d'un personnage... Les anciens militaires impériaux par exemple nous posent la défaite de l'Empire, mais la survie de petits seigneurs de guerre locaux, qui ne sont pas tous sur la même longueurs d'onde. Est aussi mentionnée "la grande purge", mettant en place par petites touches le passé des personnages et de l'univers. Plutôt une réussite de ce point de vue là ! J'aime vraiment bien les différents troopers impériaux que l'on voit lors de la série : les tout neufs, immaculés, donnant l'impression de retrouver les jours glorieux de Palpatine et de la Trilogie; mais aussi les sales, poussiéreux et cabossés que l'on voit au début. Clairement à court de pièces détachées, ces anciens impériaux se cramponnent à leur gloire passée, entretenant tant bien que mal leurs cuirasses dont le plastacier a mal vieilli, en jaunissant.
Quant au recyclage qui m'a bien embêté lors du premier épisode, ce problème disparaît petit à petit. Clairement, je n'en était pas la cible, le but devait être d'attirer le fan de la Trilogie qui pouvait se raccrocher à ces petites références, avant qu'on ne lui montre des éléments nouveaux au fur et à mesure.


Le personnage de Mando, s'il ne brille pas par son jeu d'acteur (ne nous voyons que son casque, il n'a que peu de lignes de dialogues et les créateurs de Star Wars arrivent plus facilement à faire passer des émotions via un personnage de droïde) fait le taff; badass mais pas non plus invulnérable, très classe (figurinable à l'envie) et reprenant un peu un certain code de moralité que Boba Fett avait dans l'Univers Étendu (Legends, RIP). Il est accompagné par de bons personnages secondaires, comme Cara Dune, ancien trooper de choc et personnage féminin bien badass, IG11 rafistolé, Kuiil...

Les scènes d'action parsèment les épisodes, certaines contiennent de beaux petits moment de bravoure, comme l'arrivée en pleine bataille de tout le clan mandalorien, à la rescousse d'une situation apparemment désespérée ! S'il n'est pas des plus original, le scénario est agréable à suivre au fil des épisodes, et offre un final en deux épisodes très satisfaisant. Sans spoiler, nous assistons à l'arrivée d'un nouvel antagoniste assez classe (cape, moustache, teint sombre, non ce n'est pas Lando), sans pour autant être un "méchant" que l'on a déjà vu dans les films. C'est à la fois frustrant et tout à fait logique ! Voir Maul débouler dans Solo était assez ridicule par rapport au reste du film et sans impact sur son déroulement. Ici, vu la période traitée, il ne reste pas grand monde à aligner en face parmi les gens connus; et ça permet d'avoir un nouvel ennemi, et ça c'est top ! Oui, certes, Dark Vador et son baroud de Sabre laser dans Rogue One est l'un de mes moment préférés des derniers opus cinématographiques, mais ce genre de scène n'aurait totalement pas été logique ici. Certes "l'enfant" (oui, bon, tout le monde l'appelle Bébé Yoda) peut attirer des convoitises, et ses pouvoirs pourraient s'inscrire dans un arc où interviennent d'autre utilisateurs de Force. Mais cela aurait vite tourné au ridicule d'apposer un Maul ou consort à trois ou quatre chasseurs de prime, surtout quand on a vu la puissance brute dégagée par des Jedi dans L'Ascension de Skywalker. Cela dit, même si on s'écarte un tout petit peu des six premiers épisodes, nous sommes toujours dans l'intervalle des neufs films numérotés. Et ce serait bien de comprendre que Star Wars peut s'étirer à loisir sur des siècles et des siècles (Amen). Mais clairement, Disney va continuer avec Kenobi à user cette période (et en même temps, revoir Ewan McGregor en bure de Jedi, la moustache frissonnante... 😍 Comment ça je fais une fixation sur la moustache?).

          Avec un certain plaisir on retrouve aussi des épisodes à l'histoire plus que classique mais la réinterprétation sauce Star Wars est vraiment bien fichue. Mando et Cara Dune aident un village à se défendre contre une bande de pillards, tels les fameux sept mercenaires; mais sur une autre planète; et à deux. Nous avons aussi une expédition pour s'introduire dans une prison et en faire évader quelqu'un; une chasse au monstre en vue d'en récupérer l’œuf... A chaque fois on se laisse prendre agréablement par les péripéties, l'évolution des personnages (Cara Dune évolue petit à petit, quand l'évolution de Mando tient plus d'une évolution vidéoludique, avec une armure améliorée d'épisode en épisode et qui lui fait gagner des points de protection), l'atmosphère et les scènes d'action.
Le manque d'ambition que l'on pouvait reprocher à Solo passe ici beaucoup mieux. Oui, en effet, pour le moment les personnages n'ont aucune prise sur le destin de la galaxie, mais c'est normal ! D'autant plus que l'intrigue se situe sur une période délimitée de tous les côtés par des films, films qui ne mentionnent pas les personnages que l'on suit ici. Mais n'oublions pas que c'est un western, et plus vraiment un space opéra, et jamais Clint Eastwood n'a sauvé le monde à coups de colt ! Tout est ici correctement dosé !
Que dire de plus ? Simplement un petit mot du Sabre Noir. Oui, c'est plus ou moins un spoil, mais si vous ne savez pas de quoi je parle, rassurez vous ça ne pourrira pas votre visionnage. Mais c'est un élément très important pour les mandaloriens et qui est apparu dans The Clone Wars (TCW). Faire un lien entre un film et une série animée qui était un sous produit, mauvais plan. Mais lier entre elles plusieurs séries, sachant que ne pas connaître TCW n'empêche en rien de savourer le Mandalorian, c'est plutôt bien vu ! J'avais vraiment envie de finir cette série, et maintenant, j'ai aussi rapidement envie de me replonger dans TCW; souhait aisément réalisable depuis que la saison finale est arrivée sur Disney+ ! Et cette fois, j'ai un autre article en préparation, mais il ne sera pas aussi court ! Et l'apparition de cet élément, comme des droïdes de combat de la Prélogie est vraiment un point plus que positif à mes yeux. Avant la sortie de la Postlogie, Disney avait parié à fond sur l'amour des puristes pour la Trilogie, mettant celle-ci au milieu de toute la communication, sans presque jamais faire de rappel à la Prélogie. Avec la haine que certains ont conçu pour la Postlogie, les Jar Jar et autres avatars numériques semblent meilleurs par comparaison (clairement je ne fais pas partie de ces haters basiques de la Prélogie, devenus des haters de la Postlogie, n'étant que des haters de la nouveauté). Peut-être est-ce là une raison d'un retour vers la Prélogie ? Ou en vue du succès de la saison finale de TCW? J'ai d'ailleurs lu un petit article se questionnant sur l'amour que les fans semblent porter à TCW, alors qu'il y a quelques années la série était mal considérée: son annulation lors du rachat de Disney a peut-être resserré les fans autour d'un produit Star Wars qui semblait victime de Disney...

En conclusion, si les western de Leone vous ennuient et que vous faites une overdose de Star Wars, vous n'êtes peut-être pas la cible prioritaire pour le Mandalorian, mais il s'agit d'une aventure vraiment différente des formats auxquels nous sommes habitués dans cette lointaine galaxie. Et bien sûr, amateur de Star Wars, vous devriez kiffer ! Et si vous êtes totalement neutres, allez tout de même voir cette série, c'est très joli visuellement (bon, encore une fois, c'est un western hein, pas les Gardiens de la Galaxie), bien fichu, un rythme un peu lent mais bien équilibré, et un univers qui se détaille petit à petit. Personnellement je suis assez impatient de voir la saison suivante, un peu au niveau de mon attente pour Witcher saison 2. Même si dans l'immédiat, les spoils que je tentent d'éviter de la saison finale de TCW ont pile l'ambition galactique qu'il me faut, déluges de sabres lasers au poing !

Sur ce, passez tous une bonne journée Star Wars !



épisode 181 : May the 4th ...

Aujourd'hui, c'est le 4 mai, et comme chaque 4ème jour du mois de mai depuis un moment, c'est la journée de célébration Star Wars ! Cette année, passons rapidement sur la communication désastreuse du Community Manager de Disney+ quant à cet événement qui commence par nous dire en substance et traduit par Google que : "En partageant votre message avec nous en utilisant #MayThe4th , vous acceptez notre utilisation du message et le nom de votre compte dans tous les médias". Oui, a priori, sur Twitter si vous vouliez partager une anecdote, une photo ou n'importe quoi concernant la journée Star Wars, ça retombait dans l'escarcelle de Disney+. Une sorte de sale réappropriation des fans, avant de préciser (ce qui est tout de même un peu mieux) : "Le langage juridique ci-dessus s'applique UNIQUEMENT aux réponses à ce tweet en utilisant # MayThe4th et en mentionnant @DisneyPlus" sous entendant que les messages des fans célébrant leur passion allaient peut être finir dans un post spécial aujourd'hui (je n'ai pas été vérifier, vu que ce message était programmé depuis ce week-end, vous ne m'imaginez tout de même pas rédigeant un article de blog un lundi matin, qui plus est pendant des heures de cours en visio).

Pour aujourd'hui, j'avais d'abord juste envie de partager des jolies photos, que j'ai glanées à droite et à gauche sur le net depuis un petit moment. Sans aucune légende, ni même mention des tournages dont elles sont issues, voici donc juste quelques belles photos de tournage ou de promotion des films de la Trilogie (originale, est-il encore besoin de préciser que la Trilogie est la trilogie originale, sinon je parlerais de la prélogie ou de la postlogie). Du plus consistant arrive; mais un peu plus tard dans la journée, quand j'aurais fini mes cours !

Et un dernier mot en ce jour pour remercier George Lucas. Nombre de fans le conspuent pour sa prélogie, quand ce n'est pas pour avoir vendu à Disney et donc pour la prélogie, ou pour ses multiples charcutages de la Cantina... Mais soyons réalistes une seconde, sans tomber dans le dogmatisme dont font preuve certains défenseurs de la Trilogie. Oui, George Lucas n'est pas exempt de défaut, son oeuvre non plus; mais en ce jour plus que tout autre, il faut bien reconnaître que c'est lui le conteur original, le "créateur" de Star Wars. Et même s'il a permis à d'autres de faire ce qu'ils ont voulu avec, merci à lui de nous avoir livré ce fantastique univers !












dimanche 26 avril 2020

épisode 180 : Le Retour de Francis


     Aujourd'hui, un petit article de critique littéraire. Avant de rentrer dans le vif de l'article, le livre dont je vais brièvement parler ici fait suite à L'Île des Morts de Roger Zelazny. Un bon capitaine pirate de l'espace nous a fait découvrir ce roman sur son compte Instagram au début du confinement. L’Île des Morts de Zelazny s'inspire d'une série de cinq tableaux d'Arnold Böcklin peints entre 1880 et 1886 à moins que Wikipédia ne m'abuse, qui représentent tous une île similaire vers laquelle se dirige une embarcation. Dans le roman (preeeviously donc), nous suivons Francis Sandow, l'un des derniers humains vivants, né au XXème siècle mais évoluant plusieurs siècles dans le futur, et hôte d'un "Nom Vivant", une divinité extra-terrestre de laquelle il tire de grands pouvoirs. Il est par ailleurs l'une des personnes les plus riches de l'univers grâce à sa capacité rare de modelage et de création de mondes, tout en restant bloqué dans certains travers de sa jeunesse, accroché à certaines techniques ou technologies du XXème siècle totalement obsolètes. On se souviendra par exemple de l'une de ses relations, recrutées pour un travail administratif, grâce à, tenez vous bien, un doctorat en secrétariat, mais à laquelle il préfère apprendre ce qui ressemble à des techniques de dactylo du XXème siècle pour ne pas avoir à évoluer avec son temps. Certains passages du livre reflètent d'ailleurs son époque d'écriture quant à un regard sur les femmes; ce qu'il faut d'ailleurs retenir de cette secrétaire est qu'elle devient sa femme et qu'elle "avait de jolies mains". Oui, ce résumé ne vous apprend rien sur l’histoire de l’Île des morts, mais allez donc le lire, le livre est très court, fort agréable aussi bien au niveau de son rythme, de son histoire et de son style.

La version de 1883 du tableau de Böcklin

     C'était la première fois où l'on me refaisait la lecture, depuis pas mal d'années et les lectures de SF de mon Papa. Je ne compte pas les livres audio dans lesquels aucune interaction n'est possible avec le lecteur. Eh bien l'expérience est vraiment fort sympathique, le rendez vous est d'ailleurs pris pour toutes les sessions suivantes; et l'auditoire rajoute aussi beaucoup ! Bien le bonjour d'ailleurs; c'est très agréable de pouvoir discuter ainsi de tout et de rien (et de ... hum... ce blog est toujours PG13 je crois... ) sur les réseaux sociaux sans avoir de haters qui viennent critiquer à tout bout de champ. Peut-être que je passe trop de temps sur Twitter, en fait... Bon cessons cette digression, surtout quand je pensais faire un petit article.

Alors, de quoi parlons déjà? La suite de L'Île des Morts est le Sérum de la Déesse Bleue; que j'avais fort heureusement dans ma bibliothèque. Commençons par la quatrième de couverture. Je tiens déjà à préciser que je détaillerai un peu plus ce livre que le précédent mais je ne spoilerai pas non pour celles et ceux qui voudraient le lire.



     Le récit s'articule différemment dans sa forme par rapport au précédent. Nous suivons ici pas moins de sept personnages, avec parfois de brefs changements de points de vue, certains d'à peine une page et seul le contexte nous situe celui que nous suivons. Si c'est assez pratique pour faire avancer chaque intrigue vers le dénouement global, cela s'avère de temps en temps perturbant quand il faut une demie page pour comprendre où nous sommes, et qu'une demie page plus tard, nous avons sauté en un autre lieu. Comme bémol lié à ce découpage, je regrette aussi que le roman ne développe pas plus certains personnages. Comme dans le tome précédent, point de résumé ni d'exposé pour la mise en place du contexte historique mais des détails distillés subtilement tout au long de l'histoire. Et ça, c'est vraiment appréciable.


  • On apprend ainsi qu'un terrible guerre a eu lieu entre les NADYA et les Ligues Combinées, au détriment des NADYA, laissant la Terre totalement dévastée, morte, en proie a une intense activité volcanique, n'hébergeant plus qu'un seul homme vivant : le capitaine Miles Malacar. Héros des NADYA, la fin de la guerre le laisse avec un statut diplomatique protégé mais une intense rancoeur contre les Ligues Combinées. Il use d'ailleurs de son immunité pour voyager et secrètement poser une petite bombe à droite à gauche, dans un jeu du chat et de  la souris avec les Ligues dont personne n'est dupe, ces dernières attendant l'opportunité de le coincer sans témoin lors d'un de ses raids pour l'éliminer.
  • Nous en savons en revanche beaucoup moins sur le mystérieux H, aka Heidel von Hymack qui joue un rôle si déterminant dans l'intrigue. Auréolé d'une légende de Saint guérisseur, l'ancien archéologue traverse la galaxie pour soigner les maladies les plus exotiques et mortelles contre lesquelles les meilleurs spécialistes restent impuissants. Il est à noter que certains passages sur les épidémies et leur propagation à partir d'un patient zéro prennent un goût tout particulier en cette période de confinement. Le corps de H est en effet le lieu d'un bien étrange bouillon de culture. De sain, il finit progressivement par développer l'intégralité des maladies contagieuses connues, puis, en passant en catharsis, guérit en quelques heures, redevenant sain pour quelques jours, et le cycle recommence. Son sang, voire même sa seule présence, suffisent alors à guérir les pires maladies. En revanche, il lui suffit d'un faux pas niveau timing pour devenir le pire foyer de contagion de la galaxie. Et voir ceux qui chantaient ses louanges pour une guérison miraculeuse le vouer aux gémonies le lendemain.
  • Concernant ce cher Francis Sandow, narrateur du premier opus, il prend son temps à se montrer, mentionné au détour d'une page comme une célébrité connue de tous, et toujours par de petits détails très plaisants comme son goût pour les noms les plus étranges donnés à ses création. Par ailleurs, outre la puissance financière de Sandow, personne ne semble très au courant des divinités pe'éiennes et de son accointance passée avec Shimbo. Et Sandow n'est quasiment jamais l'un des personnages que l'on suit, il est vu à travers les perceptions qu'ont les autres personnages à proximité. La religion pe'ienne est au départ juste évoquée, ainsi que les "Noms vivants" qui s'adonnent à l'astro-façonnage (d'ailleurs Sandow qualifié de paysagiste, c'est assez drôle); mais ils sont cette fois trente-et-un !
"[il] avait mis le cap sur les noyaux des Ligues Combinées : Solon, Elisabeth et Lincoln, les trois mondes artificiels créés par Sandow lui-même."

"Il t'a même offert cette drôle de pipe [...]. C'est une Bayner-Sandow en bruyère, n'est ce pas? Elles valent une petite fortune."

"Ils maudirent l'orage qui menaçait et qui rendrait à la fois inutilisable leurs bottes et leur système de détection de chaleur corporelle. L'un d'entre eux, qui connaissait son histoire, maudit même Francis Sandow, qui avait conçu et fabriqué la planète."

"[il] écouta les crapaussignols chanter au loin. Ils chantaient un morceau de Vivaldi. Un extrait de l’Été? Oui c'était bien ça."
  • Cette fois-ci, nous avons aussi un personnage féminin, nommée Jackara. Rescapée de la guerre entre les Ligues et les NADYA dans sa jeunesse, elle vit exilée sur une planète où sa seule opportunité d'emploi est un bordel d'état. Oui, il ne s'agit pas forcément du personnage qui a la backstory la plus sympathique. Remplie de haine envers les Ligues, elle exerce sa profession un peu différemment des autres employées de son bordel, ce qui inclut des fouets, des clients très particuliers et une fréquentation de sa chambre qui ne peut jamais durer bien longtemps. Et dans sa haine des Ligues, elle a développé une sorte de culte du héros Malacar, seule décoration de sa chambre. Ce qui nous conduit à des petites scènes pleines de malaise quand Malacar se retrouve dans ladite chambre. Mais non, je vous arrête tout de suite, vous ne saurez pas ce qu'il s'y passe.
    Pas vraiment l'archétype habituel de la demoiselle en détresse; elle est tirée de son bordel par Malacar qui l'emmène avec lui dans sa quête, non sans oublier le côté cynique des personnages de Zelazny. En effet, Jackara est pas mal "utilisée" par les personnages qui l'entourent. Même si à vrai dire, Malacar utilise tous ceux qui l'entourent. Et il n'est pas le seul.
  • En plus de ces personnages mentionnons rapidement le docteur Pels, Morwin et Shind. J'aurais bien aimé voir plus souvent Pels: c'est un médecin génial mais quasi-mort. Il s'est fait congeler juste avant son décès et vit depuis uniquement grâce à un générateur interne d'énergie. Morwin quant à lui est un ancien subordonné de Malacar, télékinésiste qui s'est spécialisé dans la création artistique des rêves. Recruté à nouveau par Malacar pour sa mission, il finit par tenter de se rapprocher de Jackara dans la tentive de drague la plus malaisante depuis un moment. Vous vous rendez compte, en cas de pépin, il faut bien quelqu'un pour "veiller sur la fille".

"il croisa les mains et attendit. Il n'avait rien d'autre à faire que croiser les mains. Il ne mangeait pas, ne buvait pas, ne fumait pas, ne respirait pas, ne dormait pas, ne déféquait pas, ne connaissait pas la tentation de la chair. De fait il n'avait pas de pouls. Divers agents chimiques très puissants qui lui avaient été administrés étaient la seule chose qui préservait le Dr Pels de la putréfaction."


"_Vous êtes parents?
 _Que voulez vous dire?
 _Vous êtes unis par un lien de parenté, Malacar et vous?
 _Non; On est seulement... amis.
 _Je vois. Je voudrais être votre ami, moi aussi.
Elle sembla ne pas l'avoir entendu. Il se tourna alors et fixa le sol en contrebas: la fumée forma deux volutes divergentes qui montèrent, se courbèrent, se rejoignirent pour constituer un grand cœur criblé d'étincelles au milieu duquel le nom de Jackara apparut, puis le sien. Une flèche de feu le transperça."

  • Shind quant à elle est une créature télépathe, une sorte de boule de poils soyeuse, qui assiste Malacar, mais sans être non plus dépourvue de volonté propre. Elle permet d'ailleurs des dialogues croisés fort intéressant, communiquant sur un canal télépathique fermé avec plusieurs personnages simultanément, mais sans que les autres ne connaissent le contenu des échanges parallèles. Sa capacité de communication couplée à celle de Sandow permet à certaines scène de se dénouer de façon très fluide à la lecture sans avoir besoin d'une ellipse où les personnages se feraient des comptes rendus de situation ou de ressentis. 

Sans entrer dans le détail de l'histoire et spoiler le dénouement, tous ces personnages se retrouvent mêlés à une quête, avec comme intérêt principal la personne de H. Et comme dans le livre précédent, la tension monte progressivement, il n'y a pas vraiment de passage mou; ceux qui ne servent pas à faire avancer l'histoire servent à introduire un personnage sans omettre une petite dose d'univers qui se développe au fur et à mesure. Les personnages sont souvent cyniques, prêts à utiliser les autres pour leur projets, mais finissent aussi en vieillissant par perdre certains de leurs idéaux. Malacar était initialement un commandant militaire, qui s'est transformé en terroriste pour sa cause mais il est toujours à se demander quelle serait la meilleure approche à adopter pour sa cause, et si celle qu'il tente de suivre dans le roman est vraiment bonne pour les NADYA.
La lecture est très agréable, et à la fin de l'intrigue, avec la tension montée petit à petit, le livre ne se laisse pas fermer avant le dénouement. Bien sûr, avec L'Île des Morts avant, les "Noms Vivants" et leur fonctionnement surprennent moins le lecteur que lors de leur premier apparition; mais justement, en ce centrant à peine sur Sandow et en détaillant les autres personnages, cela permet ainsi d'autres péripéties. Même si, comme je l'avais cité avant, certains personnages mériteraient plus de temps "à l'écran" et leurs arcs ne sont pas évidents à suivre quand on saute d'une page à l'autre à un autre personnage. Au final, j'ai passé un très bon moment, et même si "le premier est mieux", celui-ci est vraiment très sympathique. 

Et pour finir deux autres petites citations : la première, pour décrire ce que pourrait être un "Nom Vivant", dans ce que l’interlocuteur qualifie de jolie formule :
"Un complexe autonome à caractère parasitique doté de capacités para-normales"
Et une dernière dont je donnerai à dessein pas le contexte :
"Toi? Laid? Par tous les Noms, tu es le plus beau de tous les êtres vivants. Retourne-toi maintenant et mets toi à genoux. Adore-moi. J'exigerai de toi que tu me rendes sexuellement hommage, puis je te consacrerai mon serviteur éternel."

samedi 25 avril 2020

épisode 179 : Daren Bader

Ce soir, pour repartir sur un rythme habituel sans trop de travail d'écriture, quelques jolies illustrations de Daren Bader. Encore un illustrateur dont j'ai connu le travail grâce à Magic. Ça faisait un petit moment que je n'avais pas regardé ses productions récentes (un euphémisme qui veut dire depuis 10 ans), et pas mal de ses œuvres me font penser à du Frazetta, mais sans en être des copies sans âme; et ça, j'apprécie beaucoup ! Internet me souffle à l'oreille qu'il aurait aussi fait des illustrations pour les univers de Harry Potter et été directeur artistique pour des jeux vidéos comme Red Dead Redemption. Son compte instagram regorge dernièrement de magnifiques illustrations animalières, allez donc vous y abonner !








jeudi 16 avril 2020

épisode 178 : Confinement pédagogique et reprise de blog


          Bien le bonjour lecteur confiné. En cette période de confinement, il y a un mois de cela, quand notre classe politique a annoncé d'une même voix (humm) la fermeture des établissement scolaires, je me suis imaginé chez moi, diffusant un peu de travail de temps en temps à mes élèves, avec le temps de faire ce que je repousse depuis des mois. Comme par exemple lire, faire du jeu vidéo, ou même écrire un peu ici. "Profiter" du confinement quoi. Fou que j'étais. Après des débuts un peu chaotiques quant à la mise en place des "outils numériques", les cours à distance se sont très vite déployés. Alors oui, c'est moi qui décide comment je mets en place mes cours pendant cette période. Et bien entendu, je n'ai pas tenu compte de notre emploi du temps normal; je me suis dit que j'allais faire entre 3 et 4 heures de cours par classe (et par semaine), en laissant de côté les cours en demi groupe. Et de prime abord, je me disais, moins d'heures, aux horaires de mon choix, parfait ! Du repos en perspective ! A l'issue de premier cours, je me suis très vite aperçu du premier problème inhérent à la situation, il manque des élèves à chaque cours ! Qu'il ne peuvent ou ne veulent venir, aucune séance ne s'est faite avec une classe complète. Cela dit, avec des fréquentations de 60% minimum sur tout le premier mois de confinement, je remercie vraiment les élèves qui sont présents à chacune de mes séances; la moyenne étant plutôt proche de 80 à 85% de présents !

Et comme conséquence de ces absences aux cours en ligne, je me suis aperçu que chaque exercice, chaque activité, chaque propriété que l'on expliquait en cours devait avoir une correction détaillée, complète, tenant compte des remarques importantes que je pouvais faire. Chose que je ne fais jamais en temps normal; pas besoin, vu que les élèves sont en cours et suivent la correction qui se fait en direct au tableau. Et quand un exercice est préparé, pour un cours en ligne, le travail n'est donc qu'à moitié fait, et s'en suit forcément une longue rédaction. Ainsi les quatre premières semaines du confinement ont été plus remplies qu'une période de travail au lycée ! Et donc, pour les sessions de lecture, de jeu ou autres, heureusement que les vacances sont arrivées !


          Première conclusion des cours effectués pendant le confinement, comme on peut le voir ci-dessus, il va me falloir beaucoup plus de feutres, et de couleurs quand on reprendra les cours au lycée ! Sinon, voyons les choses du bon côté : si le système de cours à distance mis en place par le CNED a été compliqué le premier jour, une fois pris en main, force est de constater que ça fonctionne vraiment bien !

Le professeur  a la possibilité d'écrire sur un tableau virtuel, à la main ou au clavier, d'apparaître ou non à l'image (ce qui au final s'avère inutile, la possibilité de couper la caméra m'a permis de changer d'apparence sans avoir les élèves qui ne parlent que de ça pendant une heure), de partager un écran ou une application en direct, de stocker des fichiers dans sa "classe" pour les partager d'une séance à l'autre... bref une souplesse assez cool, avec la possibilité de permettre ou non aux élèves de partager des fichiers, écrire au tableau, partager leurs flux vidéo et audio... Le tout sans rien à installer pour qui que ce soit !

Et les cours à distance, ça permet aussi d'avoir de très bonnes surprises comme ci-dessous:



Alors, tout ça pour dire que le confinement n'a pas aidé à la régularité du rythme de publication sur ce blog. Mais là, plein de nouveaux articles arrivent d'ici la fin du confinement. On va parler de quoi..? Disney + un peu; le jeu de plateau à distance aussi; et sûrement du Star Wars et peut être même un compte rendu lecture ! Bon, sur ce, je vais aller bronzer un peu sur mon balcon; je vais finir bien plus foncé qu'après les vacances d'été ! Bon, malheureusement, c'est pas dit que je n'ai pas pris une taille de pantalon ou deux à l'issue du mois qui arrive...

Pour finir, juste une petite anecdote qui m'a bien fait rire quant à Disney +. A mon premier jour d'utilisation sur la plateforme, je préviens mon fournisseur officiel (il est possible que je partage un écran, enfin, squatte...) que j'ai créé un profil pour ne pas pourrir ses historiques de vues. Et voici ce qu'il s'en suit, une comédie en deux soirées :

Première soirée, je n'avais pas compris la réponse (lol) sur le nombre d'épisodes, comme il y a aussi une série animée sur la princesse Disney je n'ai pas poussé plus loin les investigations. Et deuxième soirée, je me rend compte que ma réputation de fan de Star Wars dépasse même ce que je dis... Il parait que ma crédibilité et ma virilité en ont pris un coup, tant pis, c'est cool les films d'animation Disney ! 



lundi 24 février 2020

épisode 177 : Atelier Débunkage, TP 1

Les arguments moisis pour défendre des théories fumeuses sont pléthore sur Internet. Heureusement s'y trouvent aussi pléthore de débunkers pour s'attaquer, argument par argument, aux argumentations fallacieuses, conspirationnistes... Pour une fois, je tenterai bien ici un mini débunkage, histoire de voir ce que je peux tenter avec un peu de place et de temps. De quoi parlons nous aujourd'hui ? Du 11 septembre. Les théoristes alternatifs sont toujours légions sur le sujet. Bon, heureusement, voici quelques vidéos sur le sujet, pour démonter les arguments complotistes. Parce que oui, forcément, les tours ont été dynamitées, les terroristes étaient de la CIA, tout était commandité par des sionistes propriétaires des tours pour toucher l'assurance, ... Tout et son contraire peut se trouver sur la toile.




Aujourd'hui, dans ce premier atelier debunk, comme je n'ai ni le temps ni la patience de me plonger dans toutes les théories qui existent, on va se concentrer sur un argument, clef de voûte de l'argumentaire entier d'un monsieur qui est persuadé de savoir la vérité sur le 11 septembre : le graphique joint. Donc bon, que voit-on sur ces graphiques, d'après le monsieur ? Ledit monsieur, s'appelle Mehmet (le lien indique son site, où il explique que le 11 septembre n'est pas fait par des musulmans) et il soutient que les 4 avions n'ont pas été détournés en même temps, et immédiatement, il en tire la conclusion que ces détournements successifs ne peuvent en aucun cas être imputables à plusieurs équipes, mais uniquement à une seule, qui contrôlait les avions l'un après l'autre, sûrement à distance. Qu'en est-il des faits retrouvables facilement sur l'internet?


  • La version officielle :

Vol AA11 :

Ce boeing 767 décolla à 7h59 avec quatorze minutes de retard de l'Aéroport international de Boston. Il avait pour destination Los Angeles en Californie. L'appareil fut détourné vers 8h14, après quinze minutes de vol. Durant le détournement, Betty Ong, hôtesse de l'air, alerta la compagnie American Airlines du détournement de l'avion. Le centre de contrôle de Boston commença à informer la chaîne de commandement à 8 h 28 et le QG de la FAA (Federal Aviation Administration) à 8h32. Le centre de contrôle de Boston alerta ensuite le Northeast Air Defense Sector (NEADS) à 8h38, soit dix-huit minutes après la première alerte. Ce fut la première information reçue par les militaires concernant le détournement d'un avion le 11 septembre. Ce vol percuta la face Nord de la Tour Nord (WTC 1) à 8h46 après trente-deux minutes de détournement.
  • départ prévu/réel : 7h45 / 7h59
  • détournement : 8h14
  • crash : 8h46, soit une durée de vol de 47 min (15 min de vol libre, 32 min de détourné)
  • QG FAA prévenu à : 8h32
  • Défense prévénue à : 8h38

Vol UA175 :

Ce boeing 767 décolla du même aéroport de Boston à 8h14 avec seize minutes de retard. Il devait également rejoindre Los Angeles. À 8h45, après une demi-heure de vol les terroristes détournèrent l'appareil. Dix minutes plus tard, un contrôleur aérien alerta le centre de contrôle de New York du détournement , qui à son tour alerta à 9h02 le FAA. À 9h03, soit 18 minutes après la prise de contrôle de l'appareil par les terroristes, le vol 175 percuta le côté Sud de la Tour Sud (WTC 2). Au même moment, le centre de contrôle de New York alerta la défense aérienne (NEADS) du détournement du vol.

  • départ prévu/réel : 7h58 / 8h14 
  • détournement : 8h45
  • crash : 9h03, soit une durée de vol de 46 min (29 min de vol libre, 17 min de détourné)
  • QG FAA prévenu à : 9h02
  • Défense prévénue à : 9h03

Vol AA77 :

À 8h20, ce boeing 757 décolla avec dix minutes de retard de l'aéroport international de Washington-Dulles en Virginie, pour Los Angeles. Après une demi-heure de vol, l'avion fut détourné à 8 h 53, et son transpondeur coupé à 8h56. Le FAA fut alerté du détournement 9h25, soit vingt-sept minutes après sa disparition. Puis à 9h34, le NEADS fut prévenu, au même moment l'avion commença un virage avant de s'écraser sur la partie ouest du Pentagone à 9h37, après quarante-quatre minutes de détournement.

  • départ prévu/réel : 8h10 / 8h20
  • détournement : 8h53
  • crash :  9h37, soit une durée de vol de 1h17 (33 min de vol libre, et 44 min de détourné)
  • QG FAA prévenu à : 9h25
  • Défense prévénue à : 9H34

Vol UA93 :

À 8h42, ce boeing 757 décolla avec 41 minutes de retard de l'aéroport de Newark au New Jersey près de New York City. Il avait pour destination San Francisco. Le vol 93 fut détourné à 9h28. Deux minutes plus tard, l'un des terroristes déclara à la radio qu'il y avait une bombe à bord. Le message fut intercepté par le centre de contrôle de Cleveland, qui alerta immédiatement le FAA puis le QG à à 9h34. À 9h41, le transpondeur fut coupé. À 9h57, les passagers du vol 93 se révoltèrent contre les terroristes. À 10h03, après trente-trois minutes de détournement, le vol 93 United Airlines s'écrasa au sud-est de Pittsburgh en Pennsylvanie alors qu'il se dirigeait vers Washington. 

  • départ prévu/réel : 8h01 / 8h42
  • détournement : 9h28
  • crash : 10h03
  • QG FAA prévenu à : 9h34
  • Défense prévénue à : ?

Est-ce qu'on pourrait pas aussi de notre côté faire une jolie frise? Bon, pour le moment, de prime abord, les informations de Mehmet sont pas totalement fausses, mais pas totalement vraies non plus, voici une petite remise à niveau de son graphique. Bon, ce n'est pas grand chose, mais déjà, c'est dommage de manquer ainsi de précision quant à ce qui est censé une pièce maîtresse de la démonstration.





Les deux vols AA11 (American Airlines) et UA175 (United Airlines) avaient comme destination le World Trade Center; et s'y sont crashés. Tous deux sont partis de Boston, à destination de Los Angeles. Comme on peut le voir sur les images suivantes, l'aéroport de Boston ne propose pas une quantité astronomique de vols à destination de Los Angeles. Pourquoi Los Angeles et pas New York? Bon, je n'en sais rien, surtout que la quantité de vols pour New York est bien plus importante. Mais je suppose que la destination initiale de l'avion a permis de détourner un moment l'attention. Entre la compréhension à tous les échelons du détournement et une quelconque réaction du NORAD américain, New York n'était pas forcément la destination politique la plus logique pour un détournement. Rappelons bien sûr qu'aucun acte de terrorisme de cet acabit n'avait jamais été fait, et que l'idée que l'avion détourné pouvait servir de kamikaze sur une ville surpeuplée n'existait pas encore. La plupart des détournements précédents avaient des buts politiques, avec des revendications comme la libération de prisonniers politiques, ou d'autres motivations plus étranges, comme ce moine trappiste voulant forcer le pape Jean-Paul II à révéler des secrets transmis par la vierge lors de visions... D'ailleurs, pour ce dernier, j'attends impatiemment une adaptation Netflix !



Comme on le voit sur les trajets suivants, les deux vols à destination de New York ont un départ assez similaire, légèrement divergent, ce qui ne semble pas aberrant pour une destination originelle aussi lointaine que Los Angeles. Lors de son détournement, le vol AA11 dévie vers une destination totalement fantaisiste pendant un certain temps avant d'obliquer vers le sud, et New York, pour détourner l'attention de sa cible réelle. Le vol AA11 est parti le premier, malgré son retard, le suivant ayant aussi été retardé. Mais ces deux avions AA11 et UA175 ont tous les deux détourné (façon de parler) l'attention de leur vraie cible en parcourant des portions de trajets dans des directions inutiles. Regardons maintenant les timings de ces deux vols, avec une version mis à jour de notre graphique initial.





Pour le vol UA175, avec des calculs faits grossièrement (c'est les vacances, il est 2h du matin), on trouve à peu près 37% du trajet effectué avec les terroristes aux commandes. La précision utilisée n'est pas à la minute près bien sûr, surtout que des variations de vitesse ont pu avoir lieu, mais on trouve alors un détournement au plus proche de New York. Pour le vol AA11, avec cette fois 68% de vol effectué par les terroristes, on trouve un point de détournement bien plus proche de Boston. Les emplacements potentiels sont rajoutés ci-contre sur les trajets.
Au niveau des timings, le premier vol détourné, le AA11 n'a volé que 15 minutes librement, quand le suivant a donc effectué ses 63% librement, le détournement ayant été effectué une minute seulement avant le crash du précédent. Mehmet en a déduit que ce timing très serré ne peut pas se faire sans qu'une seule équipe ne soit aux commandes. C'est vrai qu'à une minute près, ça semble plutôt bien géré. Sur ces deux vols seulement, voyons ce qui a poussé Mehmet a théorisé qu'une seule équipe a tout géré.






Aucune communication ne serait possible entre les différents appareils pour pouvoir se coordonner ainsi. Pour rappel, 2001 c'est un peu l'âge du bronze des téléphones mobiles. Ci-contre le Nokia 8310. Et il semblerait en effet que seuls les téléphones de bord puissent en 2001 permettre aux passagers d'entrer en communication avec le sol. Ce qui est d'ailleurs arrivé avec le Vol UA93. Mais nous y reviendrons bientôt. D'ailleurs, la lecture de ce qui s'est passé, et des retranscriptions des messages échangés entre les passagers et leur famille me fait toujours froid dans le dos. Les passagers savaient qu'ils allaient mourir et on tenté une action désespérée pour reprendre le contrôle de l'appareil. Et je cherchais les autres arguments, mais là, je n'en ai point, et ça me va, que je ne passe pas ma nuit pour écrire cet article. Mais c'est un peu le cas en fait, tant pis.





Concernant le vol AA77 (American Airlines), on a sans trop de difficulté le point de détournement sur son trajet ci-contre. Ce vol-ci est parti de Washington est après une grosse demie heure de vol, a été détournée pour y revenir, avec pour cible le Pentagone. Cet avion est parti d'un aéroport différent des deux précédents, toujours sûrement pour brouiller les pistes. Si tous les avions disparus venus d'un même aéroport, ses contrôleurs aériens auraient encore lus vite fait de repérer la manœuvre. Par ailleurs, nous pouvons aussi penser que c'est moins visible, même lors de l'embarquement, si les terroristes risquaient de se faire repérer, embarquer tous au même moment, du même endroit n'aurait pas été des plus futés. Le détournement de cet appareil a eu lieu 10 minutes après le 1er crash, mais presque 10 minutes avant le second crash.
Pour le vol UA93, il s'agit du seul avion qui n'a pas réussi à atteindre sa cible. Il semble d'après les interrogatoires des terroristes restant au sol que ce vol devait cibler le Capitole, à Washington. Son détournement a lieu presque 30 minutes après le second crash sur les tours du World Trade Center, mais encore une fois bien avant le crash de l'avion précédent sur le Pentagone; quasiment 10 minutes. Voilà, tout ceci c'est grossièrement la version officielle. Les timings donnés par la version officielle servent d'argument à Mehmet. Nous passerons sur la dissonance cognitive engendrée... Tout est censé être faux pour nous cacher la vérité, mais pas les timings qui sont suffisants pour découvrir le pot aux roses. C'est bête quand même. Et puis quand on fait ce magnifique travail d'une décennie comme l'a fait Mehmet, pourquoi s'appuyer sur des éléments officiels? On dirait Jacques Grimault pour qui rien ne peut se faire sans aller sur le terrain mais qui base tous ses calculs sur des mesures prises début XXème et trouvables sur Wikipédia (oui, je viens de regarder cette vidéo encore une fois, c'est toujours aussi édifiant).


  • Conclusions de Mehmet :


Le timing des détournements est pour notre ami une preuve incontestable que tout ceci n'a pu se faire par quatre équipes différentes à bord des avions. Avec le bon timing, il n'y a en effet qu'une minutes entre le début du détournement du vol UA175 et le craash du vol AA11. Dans la théorie de Mehmet, l'avion serait donc détourné à distance, et quand le crash serait inévitable, les hackeurs (appelons ainsi nos terroristes contrôles à distance) passeraient au vol suivant. Bon, c'est un peu dommage parce que le timing sur les vols suivants laisse un peu à désirer. A chaque fois les hackeurs contrôlent deux avions pendant 10 minutes: le UA175 et le AA77 puis le AA77 et le UA93. Et 10 minutes, c'est quand même un moment assez long pour un aéronef qui vole très vite. A droite, voici les dernières minutes du vol AA77 qui s'est écrasé sur le Pentagone. Rappelons que d'après Mehmet, quand l'avion est en position, que son crash sur la cible est inévitable, les hackeurs passent au vol suivant. C'était tellement inévitable comme crash que l'avion a encore fait une boucle complète pendant que les hackeurs prenaient le contrôle du suivant. En pilotage automatique? ou alors du fait du pilote? Pas d'après Mehmet, puisqu'il n'y avait aucun terroriste à bord. Simplement une commande à distance de l'avion, qui d'après lui ne peut en commander qu'un à la fois pour éviter de donner de mauvais signaux à l'autre avion.

Avant même de montrer comment il en arrive à ses conclusions, jetons un œil aux méthodes de Mehmet. Dans son papier, on commence donc par une hypothèse, qui n'est pas plus (ni moins) rocambolesque que les autres hypothèses des théories du complots, et on cherche à comprendre comment ç'a été fait. AVANT de montrer que quoi que ce soit allant dans ce sens ait pu être prouvé. Un peu à la manière de certains défenseurs de l'homéopathie qui tentent des explications comme la mémoire de l'eau, ou autres, pour expliquer un effet qui n'est MEME PAS montré !! Vous avez entendu parler de l'UPR la dent d'or de Fontenelle?


Dans le graphique précédent, Mehmet nous montre ce qu'aurait dû être le timing du détournement si des équipes de terroristes étaient réellement à bord des avions. Vous savez, un timing tellement parfait que même dans Ocean's Eleven on n'a pas le droit à un minutage simultanée si précis. Un tel minutage sous-entend que toutes les situations seraient parfaitement identiques et prévisibles. Ça fait un moment que je n'ai pas pris l'avion, mais on doit pouvoir sans souci faire comme Mehmet et imaginer un peu. Certains avions selon les conditions arrivent plus vite à leur altitude de croisière, les passagers doivent plus ou moins longtemps garder leurs ceintures, quelques turbulences ont pu interférer; un passager intervenant avec une hôtesse bloquant la travée pour l'accès au cockpit pendant quelques minutes... Et du coup, comme nous n'avons pas avec des conditions réelles le minutage hypothétique parfait, c'est qu'il y a complot !

Le complot proprement dit est donc le suivant: une seule équipe, avec une grosse commande à distance gère les avions. L'équipe doit être composée de 2 personnes (plus ce serait une conspiration trop dure à cacher (\o/) ), mais ne peut prendre sous son contrôle qu'un seul avion à la fois. Parce que les méchants américains sont ... je ne sais pas ... trop bêtes? Et qu'ils pourraient mélanger les avions et se tromper d'instruction... Vu la longueur et le ton de mon article, je me retiens à grand peine d'illustrer avec des GIFS... Notons une citation importante de Mehmet :

"Chaque avion doit être traité du début jusqu'à la fin avant de commencer le travail d'un autre avion."
Alors, je ne vais pas finir mon article là-dessus, mais Mehmet se coule tout seul avec cet argument, vu qu'on voit clairement qu'à part le Vol AA11, à chaque fois on a toujours deux vols "contrôlés" en même temps. Ce qui met par terre la théorie disant qu'il faut absolument avoir "fini le travail" sur un avion avant de passer au suivant. Et Mehmet passe sur cet argument d'un simple revers de manche : "les zones de chevauchement sont encore à expliquer". Oui, en effet... On attend ton explication.... Et clairement voici sa conclusion, et l'illustration du niveau de ses inférences :

"Le caractère successif des détournements est clairement prouvé. Ceci montre une exécution par une seule équipe qui avait accès aux données de tous les avions."

L'argument tient donc en deux points :

  • Si c'étaient des humains à bord, ils auraient tout géré à la minute près, et tous les détournements auraient eu lieu 15 minutes après le décollage.
  • Les détournements ont eu lieu l'un après l'autre.
    • DONC il y a forcément une télécommande.
Ce qui au final, comme argument central de son papier, fruit d'une décennie de travail, est très très faible. Il n'y a aucun preuve matérielle. Et surtout, l'une des hypothèses supplémentaires est que toutes les preuves officielles sont fausses. Tous les appels de voyageurs à leurs proches, les informations envoyées aux tours de contrôle... Tout doit être faux pour que l'argument puisse tenir debout. Et surtout, une fois passé ce cap énorme, toujours sans une preuve bien sûr, le raisonnement tient uniquement sur une corrélation illusoire. Si on prenait le contrôle au fur et à mesure des avions, un par un, les détournements seraient successifs. Les détournements sont successifs. CQFD, il n'y a donc qu'une seule équipe. Ce genre de raisonnement fonctionne aussi avec la prémisse suivante: Si jamais le Docteur avec son TARDIS (personnage de Dr Who) se téléportait dans un avion avec son vaisseau pour le détourner, il serait alors obligé de les faire un par un, et les détournements seraient successifs. Les détournements sont successifs. DONC c'est le Docteur qui est responsable du 11 septembre.
C'est triste de noter que tout le papier de Mehmet ne tient que sur une coïncidence, une corrélation illusoire et des prémisses biaisés posant comme axiome qu'aucun musulman n'est impliqué et qu'on veut leur faire porter le chapeau. A partir de là, comment à mon humble niveau puis-je démonter son argument? Eh bien c'est impossible. De la même manière, personne ne peut avec les mêmes prémisses démonter ma théorie du Docteur avec son TARDIS. Et si une telle théorie fonctionne avec les mêmes prémisses, n'est-ce pas le signe que quelque chose ne va pas dès l'origine?

Alors si, en fait, les éléments que j'ai mis plus haut rendent déjà tout ceci très bancal. Deux fois 10 minutes pendant lesquelles deux avions sont contrôlés en même temps à chaque fois; une trajectoire finale qui fait une boucle avant de heurter le Pentagone, précisément pendant ces 10 minutes me semblent déjà trop importants pour ne pas en tenir compte.

Faisons maintenant un peu comme Mehmet, et laissons libre cours à notre imagination, vu que c'est un moyen qu'il utilise pour trouver la vérité. Il imagine une solution avec 4 équipes, la trouve impossible, et en déduit que ce n'est pas valable. Alors oui, moi c'est cette argumentation que je ne trouve pas valable, mais du coup, quitte à tenter de réfléchir à ses arguments, faisons de même. Les 4 équipes sont dans leurs aéroports respectifs, les deux des vols AA11 et UA 175 sont au même endroit, on en déduit facilement qu'ils sont ensemble, et que c'est vers eux (le groupe le plus important) que les autres peuvent se retourner en cas de pépin. Et le premier pépin, c'est le retard très important du vol UA93. Tous les vols devaient partir dans un créneau de 25 minutes, et celui-là s'en prend plus de 40 de retard. Si le plan est au point, et que la cible la plus importante est le World Trade Center, les 4 équipes ont réfléchi avant. En pareil cas, les retards étant annoncés dans l'aérogare, il suffit que l'équipe, à l'aéroport un peu avant le départ prévu, envoie un message au groupe principal façon "Prévenez mamie, le vol aura 40 min de retard, qu'elle vienne nous chercher plus tard à l'arrivée". Le climat de paranoïa n'était pas suffisant pour qu'un tel message, comme on en envoie des milliers en France (coucou les retards de la SNCF), déclenche une procédure pouvant amener à l'arrestation des terroristes. Il n'y a même pas besoin de réponse, l'équipe retardée a une cible de secours et sait qu'elle doit alors changer de destination. Ce qui explique d'ailleurs la présence de deux équipes au même aéroport, pour avoir facilement les nouvelles au même endroit, en limitant les communications avant le départ et pouvoir quand même aviser en cas de souci. Ici, nous tenons bien entendu compte du fait que les communications d'un groupe à l'autre ne sont pas possibles quand les avions sont en vol.
Ensuite, les équipes prennent leur envol, AA11 et UA175 pour le WTC (l'une des deux en remplacement de celle du UA93), AA77 pour le Pentagone et UA93 pour le capitole, mais avec un léger stress dû à leur retard. La peur d'avoir raté leur mission principale peut même expliquer leur délai suffisamment long avant de détourner l'avion, et une prise en main bancale qui a permis aux passages de tenter une rébellion conduisant à un crash prématuré. D'ailleurs, comment le téléguidage explique ce crash raté?
Et la succession des détournements, pourquoi? ce qui est rigolo c'est que sur le graphique possible avec 4 équipes que nous donne Mehmet, les détournements sont aussi successifs, et à aucun moment nous n'avons 3 avions contrôlés en même temps... comme dans la réalité quoi... Encore une fois, qu'est ce que tout cela prouve? Rien, ni dans un sens ni dans l'autre; à moins de tenir compte (ou pas) des autres éléments, comme les témoignages, que Mehmet rejette par défaut.

Une fois qu'on a vu que rien dans tout l'argumentaire de Mehmet n'est une preuve, et qu'il ne s'agit que d'un raisonnement tentant de prouver une hypothèse ad hoc (et que ça fonctionne très bien avec n'importe quelle autre hypothèse), jetons un œil aux méthodes soi-disant utilisées.


Voilà voilà voilà... Alors là, les propres explications de Mehmet vont à l'encontre de l'argumentation de ... Mehmet. Encore une fois, bien joué ! Au départ, on avait besoin d'un hackeur qui ne pouvait contrôler qu'un seul appareil à la fois et devait quasiment l'avoir crashé avant de pouvoir passer au suivant. Et maintenant quoi? Maintenant la solution consiste en un système GPS de guidage (je vous passe la suite) qui est greffé sur l'appareil, par une entreprise d'équipements militaires, et qui va pouvoir faire le guidage seul. Donc si l'algorithme fait le travail seul, on ne devrait pas voir de succession des détournements, mais au contraire des détournements simultanés, ce qui non seulement aurait été monstrueux au niveau de l'impact psychologique mais surtout qui aurait été assez ingérable au niveau de l'intervention de la défense. Devant 4 appareils qui sont détournés simultanément, le NORAD, recevant des rapports en même temps, mettrait un certain temps à réaliser qu'il s'agit d'appareils différents, et la riposte serait encore plus embrouillée.
Bon, peut-être qu'aveuglé par son travail Mehmet n'a pas vu la contradiction interne de son raisonnement... Encore un exemple de la validité dudit travail...
Et nous voilà devant une autre hypothèse pour rendre tout ceci valable. Forcément, les pilotes réagiraient; ils doivent donc être morts. Tout l'équipage aussi, de même que les passagers, tous tués au gaz sarin au début du détournement. Et l'exemple que c'est possible, je vous le donne en mille :

"Ce principe d'injection du gaz pour tuer les pilotes était déjà connu dans le film de James Bond tourné en 1965."
 Et tout ceci, une fois encore se fait par commande à distance. Ce qui était l'un des principaux arguments pour ne pas avoir plusieurs équipes, c'est que les communications ne passaient pas à l'altitude de croisière des avions. Donc, les communications ne passent pas pour des terroristes arabes (c'est le terme qu'utilise encore et encore Mehmet: ce ne sont pas des arabes d'après lui), mais pour les appareils autonomes façon James Bond, l'altitude ne compte. Une fois encore, aucune preuve de l'installation de ces équipements sur les appareils, ni bien sûr de l'existence de ce genre d'équipement.

Et les trajectoires des avions détournés qui ne vont pas directement vers les tours, mais c'est bien sûr parce qu'il faut tester le dispositif automatique, et que les hackeurs ont donc donné des directions aléatoires, juste pour tester, puis les ont envoyés vers leurs cibles. D'après son concept de guidage par GPS, l'avion trouve très rapidement sa directement, celle de la cible, et y reste. Jetez un œil aux trajectoires que j'ai mises plus haut voulez-vous? Encore parfaitement logique non ? Non ! Et puis, comme l'équipement est fait par une importante compagnie d'équipement militaire, ils n'ont pas trouvé le temps d'affréter un avion plus petit pour faire des tests? Faire ce genre de tests grandeur nature lors de l'intervention proprement dite, c'est quand même un manque de professionnalisme de la part d'un si important complot...

Bon, concernant cette partie du travail de Mehmet, je m'arrête ici. Il n'a produit dans son travail aucune preuve, il doit en revanche partir du principe que tous les témoignages sont faux,  et se sert d'une hypothèse ad hoc complètement biaisée et remplaçable par celle qu'on veut pour ensuite produire une histoire née de son imagination qui valide son hypothèse. Je suis désolé, j'avais dit que je resterai sérieux, mais je ne résiste pas à une petite illustration avant de conclure cet article.




  • Méthodes de Mehmet pour trouver les "commanditaires" :



Pour finir, on va juste dire un mot du reste du travail de Mehmet. Il part du principe inaliénable que la version officielle est fausse; et se met en tête de trouver la vérité. Mais pas sans forcément réfléchir. Le monsieur débunke de lui-même les autres théories, les trouvant toutes plus ridicules les unes que les autres. A  la lecture de son papier, je me suis souvenu ce documentaire sur les platistes fait par Netflix. Les plus fanatiques d'entre eux étaient critiques envers les gens dans d'autres croyances, avec un regard sceptique cohérent, mais n'avaient pas une seule seconde l'idée d'appliquer ce regard critique à leur propre cas. Pile ce que fait Mehmet.

"Quand les théories n'étaient pas justes, j'ai argumenté pour montrer la raison. L'absurdité des théories m'a vite fatigué. [...] Avec beaucoup de patience, j'ai pu corriger quelques théories."

Et à partir de là, le monsieur nous démontre des relents de conspirationnisme, en déduisant que si de nouvelles théories fumeuses apparaissent, c'est uniquement pour créer la confusion. Eh ben oui, si les théories sont ridicules, pourquoi des gens les défendraient? Et bien parce qu'ils sont tous complices des auteurs des attentats. Et voire même pour certains pour bloquer ses propres recherches à lui ! Eh oui, parce que Mehmet se fait l'apôtre de la vérité, il a même été jusqu’à envoyer en recommandé sa théorie à tous les présidents américains successifs... Vous vous doutez bien qu'il doit être lu avec passion dans le bureau ovale... Et son travail est d'une telle importance que les gouvernements déploient des efforts pour invisibiliser ses recherches.
Là, encore une fois le monsieur pointe la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien: vous vous rendez compte, des gens qui prennent des années pour montrer des fausses théories sont forcément soutenu par un puissant groupe. Mais enfin Mehmet, tu as passé des années à faire la même chose ! Ces gens ont tous la même motivation que toi !
Pour en revenir à ce groupe, eh bien c'est évident, comme la version officiel dit qu'il s'agit de terroristes islamistes, il s'agit alors forcément d'un groupe de sionistes qui "agissent pour la protection de l'état d'Israël". Make Sense... Et pourtant, encore une fois à cette étape de son travail Mehmet tente de bien faire (ou au moins de nous le faire croire) : "tout cela paraît réaliste, mais on ne peut évidemment pas rester avec des préjugés sans preuve. Il faut vérifier tous ces pressentiments. Mais comment vérifier cela? [...] La première étape serait de vérifier les relations que ces personnes, ou des membres de leurs familles, ont avec l'état d'Israël". Voilà encore une fois le niveau de preuve fourni par Mehmet, une corrélation même illusoire. Si dans un groupe le neveu de l'oncle de untel sort avec une personne d'origine juive, bim, on y est ! La preuve qu'Israël tire les ficelles ! Bien joué ! Et si je semble être ironique ici voyons directement une capture d'écran de cet argumentaire: à base de gens dont le prénom est Israël, d'une ville qui commence par la même lettre... etc...

_________________________________________________

_________________________________________________




S'il se défend d'être antisémite et de ne prôner que la recherche de la vérité, une des seules sources de Mehmet dans son sens est Eric Hufschmidt qui dénonce une grande variété de théories du complot, principalement centrées sur les juifs et / ou les sionistes et qui semble penser que les Juifs sont en fait des reptiliens, qui "utilisent leur intelligence pour tuer, saboter et faire chanter leurs concurrents". Encore une fois, un aperçu du niveau d'arguments utilisés par Mehmet, c'est dommage pour un papier qui lui a pris plusieurs années de sa vie. A ce moment de mes lectures du travail de Mehmet, notons un truc qui fera beaucoup rire les sceptiques: pour lui ReOpen911, le principal porte-parole francophones des conspirations sur le 11 septembre est aussi contrôlé par Israël... ReOpen appréciera aussi je suis sûr; il ne reste qu'à leur organiser un octogone !

"L'égalité de tous les humains est une évidence. Mais on ne peut pas non plus exclure un groupe de personnes du champ d'investigation sur une base de leur origine"
Mais enfin Mehmet, la version officielle parle d'islamistes, et toi, par défaut, immédiatement, comme un axiome, tu exclus quiconque est musulman de ta liste... Ton argumentation utilise de grandes et belles phrases que tu fais tout pour ne pas mettre en pratique, c'est bien triste. Et ensuite, on finit par retomber sur le locataires des tours qui a touché la prime d'assurance, alors que cet argument est déjà débunké de tous les côtés... Ah oui, vous vous rappelez l'affaire Lewinski? Avec Clinton? Toujours un plan d'Israël pour que l'Amérique arrête de mettre la pression à Israël, et comme ça n'a pas bien marché, bim, le 11 septembre... Et depuis Israël fait ce qu'il veut ! CQFD !


Bon, je vais m'arrêter là, puisque j'avais commencé cet article en annonçant un premier et "petit" débunkage, et qu'au final, ça m'a quand même pris un certain temps. Mais pas autant que Mehmet... Je ne prétends pas pouvoir trouver une vérité complexe sur un sujet historique en une nuit; mais c'est bien dommage que des années de son labeur ne résistent pas à une seule nuit de réflexion... Allez Mehmet, on attend avec impatience (non) ta version 1; parce que ça ne pouvait être que la Béta !