samedi 18 mai 2019

épisode 148 : Cet article est beaucoup trop long

Aujourd'hui, quelques réflexions philosophiques de comptoir. Avant de commencer, un peu de musique, cet article ne s'annonçant pas aussi léger que d'habitude, détendons nous deux secondes :



Il y a quelque temps est sorti un documentaire sur le défunt roi de la pop. Bien sûr, je ne l'ai pas vu, n'ayant ni la télévision ni l'envie de regarder pendant 1h30 des témoins raconter les abus sexuels dont ils ont été victimes. Encore que... Ce n'est clairement pas le but de cet article et je n'ai pas envie de prendre parti mais il semble que ce documentaire soit uniquement à charge, ne présentant que des témoignages accablants et occultant tout ce qui pourrait contrebalancer ce point de vue. Après autant d'années, je ne pense pas qu'on puisse réellement faire un jour la lumière sur cette affaire mais quoi qu'il en soit, montrer un point de vue biaisé, sans laisser les deux parties montrer des arguments, ça ne me semble pas très honnête... Un peu comme si les créateurs du documentaire pensaient détenir la vérité et s'improvisent alors juge, témoin, jurés... Sans aucune preuve réelle, ni d'un côté ni de l'autre d'ailleurs. Avouons tout de même, si les deux personnes témoignant dans ce documentaire ne sont pas forcément à croire sur parole, le Roi de la Pop avait semble-t-il des comportements bien trop étranges avec nombres de jeunes enfants...

Mais ce n'est pas pour cela que j'ai pris le clavier. Cela m'a plutôt refait penser à une question que je trouve assez importante. Celle de la dissociation entre une personne et son œuvre. Suite au documentaire mentionné au dessus, certaines stations de radio ont décidé de déprogrammer la musique de Michael Jackson de leurs antennes. Actuellement ce genre de problématique se retrouve pour d'autres artistes accusés d'agressions diverses depuis la libération de la parole, notamment celle des femmes dans le cadre des différents mouvements déclenchés par la révélation de l'affaire Weinstein (je ne critique ce mouvement à aucun moment, ne me faites pas dire ce que je veux pas dire).

A ce sujet j'aimerai bien différencier les artistes considérés comme des criminels aux yeux de la loi de ceux qui restent dans la légalité, quitte à exprimer des idées controversées ou qui ne sont qu'accusés ou seulement pointés du doigt. 

Qu'ils soient vivants ou non, de nombreux artistes ont eu des idées ou des comportements considérés comme ignobles ou abjects. Mais si certaines de leurs œuvres, voire l'ensemble de leurs œuvres, ne reflètent pas ces soucis, pourquoi ne pas dissocier l'œuvre de son créateur. Louis-Ferdinand Céline, considéré comme un très grand écrivain, était aussi un antisémite notoire, bien trop proche des forces d'occupation allemandes pendant la seconde guerre mondiale... Cela doit-il pour autant jeter le discrédit et l'opprobre sur ses œuvres comme le Voyage au Bout de la Nuit ? Bien entendu, les pamphlets antisémites du monsieur sont dans une catégorie différente. S'ils ne sont pas réédités depuis 1945, il semblerait que ce soit dû à la propre volonté de Céline. Et en effet un texte véhiculant spécifiquement ce genre d'idée ne me semblerait pas très opportun à publier ; à moins de les publier commentés, pour la valeur historique du texte et non pour son contenu intrinsèque. Un peu à la manière de Mein Kampf.
Mais laissons de côté les élucubrations moustachues du petit autrichien. Le comportement d'une personne devrait-il baisser la qualité d'une œuvre créée par la dite personne ? Et si ses agissements ternissent fort logiquement sa réputation, doit-on pour autant censurer des œuvres qui ne seraient ni hors-la-loi ni même promotrices des agissements punis ?
Sans aller trop loin niveau indignité, j'apprécie certains acteurs comme Tom Cruise ou Will Smith pour leurs rôles, et leurs talents, et il ne me semble pas qu'apprécier leurs bons films fasse la promotion de la scientologie, qui ne me semble pas un mouvement très très Charlie... Alors oui, vous me direz à raison qu'aller voir leurs films remplit leurs poches et donc finance indirectement la secte. Mais pour autant, qu'ils soient membres d'une secte, d'une religion, d'une science... de ce que vous voulez n'influe pas leurs talents d'acteur ni la qualité du film que vous êtes en train de regarder.


Quand un artiste, ou une personne random, est accusée d'un crime, ou surtout quand cette personne en est reconnue coupable, forcément l'arsenal répressif entre en action, punissant, emprisonnant... Ce qui est logique. Et ce qui est logique aussi, c'est alors que la plupart de ses activités cesse pour le criminel, a fortiori des activités artistiques. Plus de temps d'antenne,  ni d'invitation sur les plateaux télé, plus de concert... Une conséquence normale. Pour un acteur, plus de tournage. Mais pour un écrivain, la problématique est différente. Rien n'empêche un prisonnier d'écrire, il lui suffit ensuite seulement de trouver un éditeur. Et nous ne parlons même pas des textes qui peuvent être auto-édités, ou publiés sur le net. Dans ce genre de cas, nous nous trouvons dans le cas le plus extrême: l'artiste est coupable, condamné... Difficile de trouver une autre situation où l'on aurait plus l'impression de financer une crapule.

Ceci dit, même dans un cas comme ça, si l'individu est en prison, il paye sa dette à la société. Et s'il sort, ne peut-il pas retrouver ses droits? Et alors reprendre son activité? Forcément, son image sera écornée. Mais est-ce vraiment très convenable d'interdire ou de censurer un artiste qui sort de prison? Avant de prendre comme exemple Bertrand Cantat, je tiens à signaler une fois encore que je pose ici des questions, dont je n'ai pas forcément les réponses, et qu'à aucun moment je ne me poserai en savant omniscient désireux d'imposer ses convictions (oui, je le ferais si on parlait de la terre plate). Le chanteur de Noir Désir, meurtrier de sa compagne Marie Trintignant, a purgé une peine de prison. Je peux comprendre sans aucun problème que tout ceci puisse sonner la fin de son groupe. Mais stopper complètement la carrière, où les tentatives de carrières, d'un individu sortant de prison, n'est-ce pas aussi annuler complètement toute valeur de réinsertion ou de rédemption (je ne cautionne pas trop la charge religieuse de ce dernier mot, c'est le seul qui me vienne sur le moment)? Bon, là, il me semble que je digresse un peu.

Revenons-en plus particulièrement au cas de la dissociation entre l'artiste et l'oeuvre.  Pour ce qui est de ne pas vouloir financer certaines personnes ça reste difficile dans notre monde actuel où il y a beaucoup (trop) d'intermédiaires qui se sucrent sur le dos des artistes ou des consommateurs (parce que ça devient salement mercantile l'art il me semble).
Tant qu'une oeuvre n'est que ce qu'elle est; pas de message caché cequevousvoulezphobe, ni d'appel à la haine contre qui que ce soit, peut-on la regarder sans savoir qui en est à l'origine? Peut-on la juger pour ce qu'elle est? Si un tableau ou un film, que vous trouvez beau, qui vous fait ressentir des émotions, ou même qui vous fait réfléchir par son contenu intrinsèque, s'avère ensuite être le fait de Jean-Damien Raciste,  cela ne change pas pour autant la qualité de ce que vous venez d'observer. Et si c'est le cas, n'est-ce pas dommage de ne plus pouvoir profiter de quelque chose qui vous avait semblé si réussi ?
Tant qu'on reste dans les règles de l'hygiène, du respect de l'animal et du consommateur, est-ce un souci de savoir que c'est Bob le rageux qui a concocté votre repas ? Ou un réfugié sans papier ? Ou qu'il y a dedans des épinards alors que vous détestez ça d'habitude? Je peux comprendre que oui, mais n'est-ce pas dommage ? Si le contenu de votre assiette vous plaisait, et que vous ne pouvez plus y toucher à cause de ceux qui y ont touché avant, c'est pour vous que c'est le plus dommage non ?

Après, il s'agit bien entendu des cas où l'œuvre ne véhicule pas le prosélytisme nauséabond de son auteur. Dans le cas de certains "artistes" ou créateurs aux idées bien marquées, on est rarement dans ce genre de cas où la dissociation est aisée ; l'œuvre pouvant être, par essence même, bien trop le reflet des idées du créateur. Je suis tombé il y a peu sur la chaîne Youtube de Analgénocide qui illustre plutôt bien ce dernier exemple. Intrigué, j'ai regardé quelques vidéos. Certaines avaient des arguments corrects mais quasi impossible d'en trouver sans haine plus ou moins dissimulée, voire ouvertement crachée à la gueule du spectateur. Et on retombe rapidement dans tous les travers que l'on voulait éviter, le bonhomme ne réussissant pas à argumenter objectivement. Mais peut-être est-ce lié ici au format : difficile alors de différencier l'artiste de l'œuvre quand celle-ci ne sert justement qu'à servir les propos politique de l'auteur. Notons que je continue à employer le mot "artiste" par volonté de rester objectif, même quand l'exemple cité ne le mérite pas (mais là c'est mon avis subjectif).

Et maintenant que j'y pense, dissocier l'œuvre de son auteur, ça pourrait fonctionner aussi pour éviter des discriminations. Vous avez aimé un film, ou une chanson, peu importe qui l'a écrit, ou qui l'a chantée. Laissons de côté des préjugés pour apprécier un film : c'est une femme qui a réalisé un film de super héros ? Jugeons le comme un film, n'y allons pas avec un a priori négatif.
Oui, je continue vachement de digresser. Et en plus, malheureusement, vu la répartition des minorités dans notre société actuelle, c'est bien trop idéaliste. Mon dieu. Enfin, non. Il me faut une interjection non religieuse. En prenant comme exemple les films de super-héros, on en arrive à parler des femmes, ou des noirs, ou des gays comme de minorités... Il y a un truc qui ne va pas. Plus de 10 ans du MCU avant de voir des rôles titres noirs ou féminins, Black Widow ne faisant que rouler des "mécaniques" sous son uniforme de cuir moulant si pratique (hum...) depuis Iron Man 1... Du coup là, dissociation ou non, mettre le doigt sur le fait qu'un film met une femme sous les projecteurs ou un afro-américain, c'est quand-même pas négligeable pour faire avancer la société vers plus d'égalité. Parce que oui, en ce moment, on n'en est clairement pas à la situation où l'on pourra réfléchir à une personne, en étant capable d'interchanger sans souci son sexe, sa couleur, ses préférences... sans influence aucune.
Bon. Recentrons nous un peu, sinon je n'arriverai jamais à finir cet article.

Tout ça pour en revenir à la question : doit-on dissocier une œuvre de son créateur ? Toutes ne peuvent pas être appréhendées sans se prendre des gros morceaux de propagande de leur créateur en pleine tronche. Mais pour celles qui le peuvent, doit-on les détruire quand leur créateur est en disgrâce ? Finalement, à qui appartient une œuvre ? Quand on se l'est appropriée, qu'on y a mis du vécu, en a-t-on quelque chose à faire de Bob le créateur, même si c'est un obscur connard des années 70?
Concernant le cas de Michael Jackson et du fait de savoir s'il faut censurer ses oeuvres, un article de Marianne qui m'a servi de catalyseur pose des questions intéressantes. Celles notamment de "la justice hors système judiciaire. Si on l'accepte, qu'est-ce qui empêchera, à l'avenir, une entreprise privée de supprimer arbitrairement tout ou partie de l’œuvre d'un artiste ?"

Sur toutes ces questions, j'ajoute seulement des petites choses comme certains rappeurs français, condamnés, ou qui appellent à la violence dans leurs textes, ou messieurs Woody Allen ou Roman Polanski, ce dernier évitant même la justice américaine pour détournement de mineure. Et d'ailleurs, en 2003, ce dernier réalisateur est nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste, près de 30 ans après les faits qui lui ont été reprochés, et alors qu'il est toujours considéré par Interpol comme un fugitif ne pouvant librement circuler qu'entre France, Suisse et Pologne...

samedi 11 mai 2019

épisode 147 : Keith Parkinson

Et revoilà un article sur un illustrateur. Au départ, je voulais parler de Petur Atli Antonsson, un artiste mi islandais mi français qui travaille en tant qu'illustrateur free-lance pour moult compagnies comme Disney (jetez un œil à son site; son blog....) mais bon, comme il précise bien sur son blog "All Images copyright don't use, just look", je me suis dit pour une fois que j'allais choisir quelqu'un d'autre. Oui, au final, on s'en fout, je n'en ferai aucun usage commercial, mais bon, je ne sais pas, dans l'humeur du moment, on va donc parler de quelqu'un d'autre.

Et ce quelqu'un d'autre, ce mois-ci, c'est Keith Parkinson. Vous le connaissez peut-être pour ses couvertures des livres de Terry Goodkind, sur le cycle de l'épée de Vérité. Mais il a aussi œuvré sur Magic, Les Royaumes Oubliés, D&D, DragonLance... Il est malheureusement décédé d'une leucémie bien trop jeune. Dans sa jeunesse il a fait un petit détour par la musique, jouant dans un groupe de Heavy Metal, avant d'être embauché par l'éditeur de D&D puis de se lancer dans l'illustration free-lance. Un petit clic sur l'une ou l'autre des illustrations vous enverra vers son site pour voir d'autres de ses créations.






lundi 6 mai 2019

épisode 146 : Qu'est-ce qu'on se poile...

Ahh un bon petit restaurant! Ça fait toujours plaisir, même s'il ne s'agit pas forcément de la cuisine d'un grand chef étoilé. Oui, les plats y sont peut-être un peu gras, mais bon, le gras c'est la vie non? Et puis, nous n'y allons pas non plus tous les jours. Une bonne entrée, un verre d'un excellent petit vin de derrière les fagots, un plat un peu rustique mais si savoureux même s'il tient un peu au corps et un bon dessert maison. Bon, ça y est, nous sommes bien calés, et il nous reste à peine une place pour un petit thé. D'ici qu'on l'ait choisi, profitons encore quelques instants de la saveur du dessert qui s'attarde dans notre palais.

Comment ça j'ai pris du poids?

Et puis, là, on nous propose une part supplémentaire d'un autre dessert. Pas vraiment original ni très différent de celui que nous venons de descendre goulûment. Un gage que allons sûrement l'apprécier. Mais est-ce vraiment raisonnable? Encore une bouchée et c'est certain, on va se sentir lourd toute la soirée. Une autre et on ne pourra plus manger ce genre de gâteau à la crème pendant au moins un mois. Et avec la dernière, c'est sûr, l'indigestion arrive. C'est dommage parce que ce second gâteau était plutôt savoureux, mais trop c'est trop, et la part de trop nous fait passer d'un moment posé, rassasié à un moment difficile, à mi chemin du lavabo, agressé par une remontée acide.

Quoi c'est article n'a aucun sens? Comment ça on s'en fout? Pourtant tout Internet ne parle que de ça, alors pourquoi pas moi? Ah oui, pardon, je parlais d'Avengers Endgame. Et je crois que c'est pile ce que je craignais. L'indigestion est là! Bon attention, ça va spoiler salement, mais au final, on s'en fout vu qu'il n'y a pas vraiment de surprise.


samedi 4 mai 2019

épisode 145 : May the Force be with him ...

Bonjour à toi, lecteur esseulé, aujourd'hui, c'est le Star Wars Day. Et aujourd'hui, depuis hier, Chewbacca n'est plus. Peter Mayhew est décédé, rejoignant Carrie Fisher et Kenny Baker parmi les étoiles, un autre de nos héros disparu bien avant son heure. Aujourd'hui, pas de discours, juste quelques photos.





mardi 30 avril 2019

épisode 144 : Bon sens dessus dessous

Une œuvre, peu importe sa forme, est souvent ancrée dans son époque. Prenons comme petit exemple pour notre article du jour une bande dessinée qui commence à dater un petit peu. L'élixir du Docteur Doxey est le septième tome des aventures de Lucky Luke, paru en 1955, à une période de la série où Morris était encore seul aux manettes, avant l'avènement de Goscinny. Sans raconter toute l'histoire, ce n'est pas le but ici, remettons tout de même les choses en contexte.
L'album raconte les démêlés de Luke avec le docteur Doxey, un pseudo médecin ambulant qui vend de faux remèdes dans chaque cité qu'il visite. Il semblerait que ce genre de personnage soit inspiré d'un stéréotype des histoires populaires du Far West, celui du charlatan vendant un truc genre pisse d'âne à prix d'or comme s'il s'agissait d'un traitement miracle pour tous les maux de l'humanité. Et maintenant un petit extrait, dont je n'ai pas les droits bien sûr :








Un pseudo médecin vante un remède miracle devant une foule plutôt méfiante et réticente à l'idée de donner son argent à un charlatan. Plutôt logique non? Puis quand celui-ci semble présenter une preuve de l'efficacité de son produit, forcément la foule est immédiatement conquise, le miracle s'opérant sous leurs yeux balayant leurs doutes. Et bien sûr, quand la supercherie est dévoilée, quand les "preuves" se cassent la gueule, s'avèrant n'être que du pipeau, la foule se précipite pour mettre en pièce le tricheur avéré, ce faux médecin, menteur, voleur qui jouait avec leur santé pour se faire quelques dollars.

Ça se voit que j'aime bien ce vidéaste?

À l'époque, dans un bled reculé du Far West, tout n'est que question de bon sens. Si une preuve semble correcte, peu importe qu'elle soit pour ou contre une théorie, on s'y fie. Et tout naturellement si cette preuve est invalidée, surtout dans un cadre de falsification, plus personne ne fait confiance au charlatan, au tricheur qui a tenté d'abuser de la confiance des gens en falsifiant des preuves uniquement pour vendre sa fake med. Tout ceci semble logique non? Mais alors pourquoi cette situation ne semble plus du tout actuelle? Pourquoi une frange non négligeable de la population continue à croire à des théories fausses alors même qu'il n'y a d'autre preuve que celle falsifiée par des gens peu scrupuleux. Pourquoi continue-t-on d'accorder de la confiance ou même  du temps d'antenne à des gens, charlatans avérés qui continuent de raconter n'importe quoi alors que la science a démonté leur baratin ? Ou est passé le simple bon sens?

Je comprends bien la motivation principale des charlatans, se faire toujours plus de pognon. Et pour tous ceux qui leur donnent de l'audience, la motivation est la même. Surfer sur la peur des sciences, les complots, toutes ces conneries font du clic, du buzz comme on disait en 1990. Mais pour nos amis pigeons, quel intérêt de s'enferrer dans des croyances parfois dangereuse, souvent chères, toujours démontées par la preuve scientifique? Revenons-en pour une fois au simple bon sens qu'avaient il me semble certains anciens. Même s'il faut bien l'avouer, nombre de croyances obscurantistes existaient...

On se fout d'avoir des connaissances scientifiques, un niveau scolaire élevé ou d'autres choses qui ne sont pas forcément accessibles à tous. Ce que je demande, et il me semble que nombre de gens ne s'en porteraient que mieux, ce serait du bon sens pour tous ! Et un soupçon d'esprit critique ! Mais bon, je sais, Noël est encore loin...


samedi 13 avril 2019

épisode 143 : Des ours et des gobelins

Peur, stress, rage, haine, voyeurisme, phobies en tous genres... Vivent Internet et les médias. Ah non, c'est peut-être simplement que je passe trop de temps sur Twitter. Au lieu de perdre du temps pour polémiquer ou me plaindre, pourquoi ne pas ajouter un peu de douceur et de gaieté?




En octobre 2018, à Paris, dans le quartier des Gobelins, un sympathique libraire a eu l'idée de disperser un peu partout d'énormes nounours en peluche. Dans les boutiques, sur les bancs, attablés à un café... Pendant plus d'un mois ces mignonnes boules de fourrure synthétique (de près d'un mètre cinquante tout de même) ont vécu au rythme du quartier, accompagnant leurs voisins humains, leur redonnant le sourire. Et rien de bassement mercantile, le libraire (Philippe de son prénom) les a payés lui-même, allant jusqu'à les prêter à qui voulait pour une soirée, ne réclamant que des photos des nounours en situation. Et la plus belle photo en a gagné un!



Après un réveillon dans un restaurant pour bien finir l'année, et même un mariage en grande pompe (avec une belle affluence), les nounours ont tiré leur révérence. Mais ils sont de retour depuis un petit moment dans Paris, n'hésitez pas à jeter un oeil sur leur page Instagram (oui, eux ils sont jeunes), ou allez directement leur dire bonjour si vous êtes dans le coin! Et ramenez des photos, histoire de participer un peu à égayer le web!



mardi 9 avril 2019

épisode 142 : Seven Facebooks to read

Il paraît que Facebook ça devient un réseau de vieux, que les jeunes délaissent au profit d'Instagram. Et à vrai dire je n'y mets plus vraiment les pieds non plus (de là à dire que je suis encore jeune....). Et les rares fois où je m’y rends, je ne poste plus aucun contenu depuis bien des années. Mais dernièrement, embrigadé dans une chaîne, je me suis retrouvé à suivre la consigne suivante : devoir poster, sept jours d'affilée, des couvertures de livres sans aucune explication. Les voici alors de nouveau, agrémentées cette fois-ci de quelques lignes expliquant les choix effectués.

Commençons par un artbook, l'un de mes premiers, sobrement intitulé "John Howe artbook". Le Seigneur des Anneaux a été l'une des grosses claques littéraires de ma jeunesse. Le premier bouquin à me laisser aussi désemparé que les Hobbits à la fin de l'histoire. Un bouquin que j'ai failli relire d'affilée pour rester plus longtemps en Terre du Milieu. Et comme souvent quand un livre me marque ainsi j'ai longtemps fait de la résistance pour ne pas visionner les films de Jackson. Même si passée la déception au final de ne pas les voir sur un écran assez grand, je me suis tout de même rattrapé; merci le Grand Rex et ses marathons version longue. Et du coup, à l'origine, ce sont maîtres Howe, Lee et Nasmith qui ont donné vie à l'oeuvre (en plus de mon imagination guidée par les cartes de Tolkien).
S'il ne regroupe pas que des oeuvres issues de cet univers, l'artbook de John Howe est donc celui qui m'a donné envie d'avoir d'autres livres dans le même genre. C'est aussi comme cela que j'ai découvert le reste des oeuvres de Howe. Et enfin, c'est sûrement le livre que j'ai le plus feuilleté, m'y replongeant toujours de temps à autre.
Un artbook pour dominer tous les autres!


Les années 90, toute notre jeunesse! Mais surtout, une période géniale pour les fans de Star Wars. Nous n'avions qu'une trilogie, nous rêvions de celle qui allait arriver, guettant la moindre image dans les pages du Lucasfilm magazine (loin du brouhaha d'Internet sur les prochaines sorties, avec leurs images volées, les trailers spoilers, les hordes de rageux avant même la sortie...). Et surtout, nous avions droit aux plus belles pages de l'Univers Étendu! La Croisade Noire du Jedi Fou, sûrement la meilleure trilogie papier dans notre lointaine galaxie préférée. Et j'ai toujours un faible pour l'édition ci-contre, affublant la trilogie originale des numéros 1, 2 et 3, et la trilogie de Timothy Zahn des numéros 4, 5 et 6. Même si la continuité se fait parfois au forceps entre ces livres et la Prélogie, ils restent fondateurs dans l'Univers Étendu, introduisant les meilleurs personnages, Mara Jade ou Thrawn, ne se reposant pas sur autre chose que sur leur qualité intrinsèque pour nous proposer une suite à la Trilogie Originale.
Une pierre si artistement apportée à notre Univers favori!


Après des œuvres littéraires "courtes", je suis passé aux sagas plus longues. Voire vraiment plus loooooongues. Le premier tome de la Roue du Temps de Robert Jordan, je l'ai lu une première fois, des années avant de lire le reste du cycle. Très (trop ?) lent, avec un intérêt assez limité, ce premier tome ne m'avait pas convaincu, avant que je n'y revienne, des années plus tard, avec sur les bras les six premiers tomes (dans un découpage français proche de la boucherie, oui pour une fois j'inclus dans ce terme la traduction, qui change au bout de quelques tomes, le nouveau traducteur n'ayant clairement pas lu les travaux de son prédécesseur...). Et bien au final, quand les bouquins se sont bien accrochés aux mains, plus moyen de les lâcher! Rarement une série si longue conserve les mêmes personnages, permettant ainsi une réelle évolution. Un petit bijou de médiéval fantastique, avec des moment de bravoure épique qu'il sera impossible de lâcher en cours de route, peu importe le repas qui vous attend!


Si certains livres peuvent clouer au fauteuil par leur côté épique, ou plonger le lecteur dans l'euphorie ou dans la mélancolie, rares sont ceux qui ont réussi à m'émouvoir quasi aux larmes. Ce n'est pas le cas de celui présenté à droite, mais de ses deux suites. Mais comme le premier est souvent celui qui marque le plus, voici donc Les Royaumes du Nord, de Pullman. Notons qu'il s'agit du seuil livre parmi les sept de cet article à nous faire suivre un personnage féminin, et que cela ne gêne à aucun moment dans les suites pour ressentir les sentiments de Lyra. Tout ce que vous cherchez est là, à la croisée des mondes, et des thèmes, entre science fiction, magie, même l'Éternel ne boude pas son plaisir et vient faire un petit caméo. Et si le côté ours polaires qui parlent pourrait sembler enfantin, dès qu'ils sortent les griffes pour tailler le bout de gras avec un ennemi, vous verrez les choses différemment! Rien qu'à écrire ça, j'ai envie de les relire, avant peut être de m'esbaudir devant l'adaptation britannique, qui sait...


Des récits initiatiques, des héros qui passent de fermier à sauveur de l'univers, la littérature fantastique en est pleine. Presque trop. Le Banni de Recluce en est un représentant des plus réussis. Et avec même un petit côté terre à terre plus que bienvenu. Notre héros, initialement apprenti ébéniste se retrouve logiquement entraîné dans une quête épique. Mais pour une fois, sa formation va s'avérer utile, ancrant sa quête et l'histoire dans un univers qui gagne ainsi en cohérence. Et ce livre m'avait presque donné envie de me mettre à travailler le bois. Alors, aucune idée concernant le réalisme du travail du bois ; je sais que souvent quand la fantasy tente de nous décrire de la forge, elle se prend les pieds dans le tapis. En fait, on s'en fout, l'intérêt c'est de réussir à vous faire aimer une discipline ! Et comme pas mal d'autres ouvrages cités sur cette page, c'est un livre que j'ai lu, et relu, trouvant et retrouvant avec plaisir un lieu familier pour me détendre et me reposer, loin de la folie de notre monde actuel. Les suites sont intéressantes mais ne m'ont jamais autant transporté. Il y a même des séries dérivées, que je n'ai pas encore lues, à mettre sur ma liste !


Après une telle somme de gros pavés, l'avant-dernier livre est un petit one-shot de science-fiction. Il me semble d'ailleurs que c'est le plus sous-estimé des bouquins du jour. Alors oui, une ou deux heures et c'est fini. Même si le pitch de départ n'est pas forcément ce qui reste, d'autres concepts continuent de me trotter dans la tête de temps à autre. Des grands scientifiques ou politiciens sont bannis par un empire galactique, sur une planète reculée, avec un niveau technologique inexistant. Chacun a créé sa faction, sa famille en développant au maximum sa compétence initiale. Et chaque faction apporte régulièrement un tribut, espérant, génération après génération, le pardon de l'empire. Les différentes capacités des factions font vraiment tout l'intérêt de cette histoire. Et chaque capacité apporte au lecteur son lot de questions sur l'usage qu'il conviendrait d'en effectuer.


Et pour bien finir, Le Seigneur des Anneaux. Oui, ça fait quasiment doublon avec le premier ouvrage. La boucle est maintenant bouclée. Mais nous n'avons pas non plus affaire ici à n'importe quelle édition. Ce n'est pas celle avec laquelle j'ai découvert Tolkien, mais c'est celle avec laquelle le collectionneur a un sentiment d'accomplissement. Le format presque biblique et les illustrations d'Alan Lee en font un indispensable. J'hésite encore à investir dans un lutrin...