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dimanche 4 septembre 2022

épisode 191 : Où l’on passe pour un vieux con en disant que c’était mieux avant

 En préambule, disons immédiatement que cet article n’est pas une critique de la nouvelle série Amazon «  les Anneaux de Pouvoir », ni même de la série Disney «  Obi-Wan Kenobi ». Mais il s’avère que je viens de finir Kenobi et de regarder l’épisode 1 des Anneaux. Ce qui est l’élément déclencheur amenant à la rédaction de ceci.

Reprenons chronologiquement mes derniers visionnages : la Prélogie Star Wars, suivie de Kenobi et enfin Rogue One. Puis l’épisode 1 des Anneaux de Pouvoir.


Peu importent les défauts qu’on lui trouve, la Prélogie forme un tout, une histoire cohérente, mais surtout ce sont trois films. Trois histoires, assez longues pour qu’on y développe des personnages, pour qu’on s’investisse dans une histoire, mais surtout assez rythmées pour ne pas qu’on s’y ennuie. Alors non bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a pas des films longs, ennuyeux, mal rythmés, etc… mais le principe d’un film est de raconter une histoire complète sur un format relativement court, avec du rythme, parfois des rebondissements ou de l’action.

Passons maintenant à Kenobi, série précédée d’une attente très élevée puis d’une réputation en demi teinte. J’attendais Kenobi à plus d’un titre.


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Déjà, faisons une petite (hum… pas trop longue alors…) digression pour parler de l’impression que Disney donne vis à vis de la Prélogie. Attention chérie, ça va spoiler. Après l’annonce de la Postlogie et de son premier opus dirigé par J.J. Abrams, la communication de Disney laissait peu de place au doute. Le fan de Star Wars, malgré les années, préfère la Trilogie originale. Il suffit pour cela de regarder les scores sur le site Rotten Tomatoes. Personnellement je ne suis pas fan de baser une possible séance de cinéma sur une critique, encore moins sur un simple score numérique.


Mais pour des décideurs dont l’intérêt principal se trouve au porte feuille, suivre le marché semble indispensable. Et toute la promotion autour du «  Réveil de la Force » axait un retour aux fondamentaux. Oui, les effets numériques du début des années 2000 ont vieilli, souvent très mal en comparaison des effets pratiques (maquettes, maquillages, masques en latex, animatroniques, … etc) pourtant de 20 ans plus âgés. Et les images de vaisseaux ressemblant comme deux gouttes d’eau à ceux volant sur nos écrans dans les années 80 devinrent partie intégrante de la communication de Disney en 2015. La firme misait clairement sur la nostalgie, et sur les ingrédients que les fans n’avaient pas trouvé dans les derniers films de Lucas. Même l’annulation de la série animée The Clone Wars me semblait aller dans le même sens : Disney voulait un peu cacher sous le tapis la Prélogie pour capitaliser sur l’amour des fans pour la Trilogie originale. 

Mais après les accueils mitigés pour sa Postlogie et Solo, l’heure semblait alors de capitaliser sur tout les éléments disponibles. Surtout avec les critiques élogieuses pour la saison finale de Clone Wars, relancée par Disney cinq ans après la sortie du Réveil de la Force, pour l’inauguration de son service de streaming.

Et Kenobi enfonce clairement le clou, permettant un retour en grâce des derniers films de l’ère Lucas. Les flashbacks et les images directement tirées des épisodes I, II et III sont plus que bienvenus ! Et comble de bonheur, Hayden Christensen reprend son rôle d’Anakin Skywalker. Oui, certes il reprend aussi la version «  Vador » du personnage, mais le costume ne nous permet pas de savourer pleinement son retour. Injustement critiqué après sa prestation dans les épisodes II et III, sa carrière n’avait pas survécu à plus de quelques films peu mémorables des années 2000. Mais critiquer le personnage, ou la façon de jouer de l’acteur reste assez injuste. Christensen n’est pas responsable de l’écriture déplorable des scènes tragicomicoromantiques de l’épisode II, et si sa façon de jouer peut se critiquer, elle a été validée par Lucas. Voir alors Anakin revenir, reformer même pour quelques minutes son duo avec Obi-Wan fut un réel plaisir. J’ai vu de nombreuses critiques quant à son âge, ainsi que de multiples vidéos sur YouTube où chacun s’essaye à le rajeunir, avec parfois un succès bluffant. Mais si la scène aurait pu gagner en immersion avec un Anakin plus jeune, la série a gagné en respect des artistes, permettant à celui qui a donné sa carrière pour la famille Skywalker d’apparaître tel qu’il est, et non sous une épaisse couche de maquillage numérique. Pour cette réhabilitation de la Prélogie et d’Hayden Christensen, merci Kenobi ! (la scène suivante semble avoir un étrange découpage, car le duel est entre coupé d'autre scènes au sein de l'épisode)


(Je pense que j’aurai aussi aimé un retour de Jar Jar Binks, même si je ne l’apprécie pas dans la Prélogie, le personnage et son acteur méritent clairement une réhabilitation)

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Et donc, quid de la série Kenobi. Il y’a de bons éléments, du développement de personnages, de la création de personnages, etc… Mais quelque chose manque. 

Suite à la série, j’ai enchaîné sur Rogue One. Mon film Star Wars préféré de l’ère Disney. En moins de 2h30, le film a le luxe d’introduire des nouveaux personnages, de les développer en laissant passer près de 10 ans, et de nous immerger dans leurs aventures, partageant l’action ou les émotions avec eux. Et là est tout le problème de Kenobi. Suite au semi échec de Solo, Disney révisa ses plans. Impossible de Marveliser Star Wars. Trop de films et l’overdose guettait. Et dans le même temps, le nouveau service de streaming cherchait un porte étendard. 

Kenobi devait être un film, pas une série. Et c’est clairement le goût que laisse la série. Des moments forts ou épiques, il y en a. Des personnages qui se développent, il y en a. Mais l’histoire aurait pu se concentrer sur un gros format de deux heures et quelques. Au lieu de ça, l’histoire de Kenobi s’étire sur près de 6 heures… Et il ne s’agit pas de plusieurs aventures, mais bien d’une même suite de péripéties qui s’enchaînent. Ce qui est un autre problème de nombreuses séries récentes, mais nous allons y revenir. La série n’a pas l’étoffe suffisante pour tenir 6 heures sans ventre mou. Et les épisodes centraux semblent bien vides, ne servant qu’à remplir le cahier des charges de la plate-forme. Eh oui, six épisodes, ça attire plus qu’un simple film que les fans se seraient procuré en support physique s’il était sorti en salle.  Nous avons en quelque sorte assez d’ingrédients pour garnir une tarte pour 6 personnes quand le chef nous demande de les répartir sur des tartes pour 20… Et bien le consommateur se demande où sont passées les fraises manquantes… Mais bien sûr, il y a plus de consommateurs servis…

Kenobi manque de rythme, d’un souffle épique qui s’est dilué sur une histoire de six heures. Et clairement, vu les bons éléments qu’on y trouve, Kenobi méritait un film. Pour pouvoir s’en tenir à l’essentiel, à la substantifique moelle de l’histoire. Au lieu de ça, nous avons six heures émaillées de très bons moments mais dont la moyenne reste trop vide. Et que ce soit par rapport à Rogue One ou à la Prélogie, la comparaison est flagrante. Étirer en une «  mini série » un contenu qui aurait pu (ou qui aurait dû) être un film le rend simplement plus fade.

Et j’ai l’impression que le nombre de ce genre de «  mini - série » va croissant. Les séries bien plus anciennes ont souvent un format imposé et standardisé. Et ce n’est pas forcément pour le mieux. Chaque épisode raconte alors une intrigue indépendante, tout en faisant parfois avancer le fil rouge de la série. Parfois on se retourne devant des dizaines de mini intrigues identiques (coucou les séries façon Mentalist ou Les experts), mais quand c’est bien fait, chaque histoire peut être captivante et permettre petit à petit de construire une intrigue plus générale (toujours une petite larme pour Madame de Pompadour dans Dr Who). Mais les séries comme Kenobi ou «  Le Livre de Boba Fett » ont pris une autre direction. Il ne s’agit alors que d’une seule histoire, au mieux découpée en épisodes, au pire étirée sur plusieurs épisodes. Et maintenir le rythme, les enjeux, le côté dramatique, le suspense comme on les trouve dans une histoire courte, si c’est sur plus de 6 heures, ça commence à devenir plus compliqué. Le spectateur lambda ne pourra pas tout regarder d’une traite. Et ainsi le rythme va en pâtir. 


Mais je vous vois chercher du coin de l’œil l’endroit où je parle des Anneaux de Pouvoir. Pour le moment, je n’ai regardé que le premier épisode. Je ne vais pas en faire une critique ici, mais bien une constatation que l’on tombe pile dans les mêmes travers. Au point que je me suis presque ennuyé quelques minutes au visionnage…

Spoilons un peu: une courte intro façon introduction du Seigneur des Anneaux (avec la suave voix off de Cate Blanchett) nous explique rapidement que Morgoth et son sbire Sauron ont apporté la guerre et la mort à la civilisation immortelle des Elfes. La jeune Galadrielle y a perdu son frère. 


Quand Morgoth fut défait, Sauron semblait avoir disparu, mais l’on retrouve alors Galadrielle adulte qui parcourt le monde à la tête d’une petit groupe d’elfes, en quête d’une trace de Sauron. Ses compagnons sont persuadés qu’il est mort quand Galadrielle préférerait continuer, sentant en elle - même que Sauron a survécu. De retour chez le roi des elfes, toute la troupe est félicitée pour avoir montré que Sauron ne reviendrait pas et obtient le privilège de pouvoir quitter la Terre du Milieu pour Valinor. Son « ami » (terme utilisé en VF mais on sent un passif) Elrond persuade Galadrielle d’accepter. Mais elle finira par changer d’avis, abandonnant à la nage le bateau qui arrive à Valinor. Au moment où une étrange météorite semble bien annoncer le retour de Sauron. Surprise motherfucker.

Et bien tout ceci est plus que convenu. Aucune surprise, surtout quand la série assume se dérouler avant le Seigneur des Anneaux où Sauron est vaguement vivant. Même l’introduction du premier film, en quelques minutes est plus dense que cet épisode. Et je n’ai eu l’impression du commencement de la série qu’à la fin de l’épisode, de quasiment une heure ! On retombe typiquement dans tous les travers mis en lumière par Kenobi ! On semble être devant une longue histoire découpée et étirée en épisodes ! Et c’est compréhensible de la part d’Amazon qui veut gagner des parts sur le monde du streaming.

Pour rendre à Amazon ce qui lui appartient, la série est très jolie. L’inspiration des films est là mais les visuels s’en affranchissent, ce qui est un point positif (j’adore les films, mais là, un copié collé visuel aurait été contre productif). On est introduit aux ancêtres des Hobbits, les Pieds-velus, qui vivent dans la forêt, dans un confort rustique en se cachant des autres. Et l’on rencontre un ranger elfe qui patrouille depuis des années dans les zones habitées par les humains. Une occasion de développer deux choses. Commençons par l’intéressante : les elfes sont là pour surveiller et encadrer les humains dont les générations précédentes ont lutté avec Morgoth contre les elfes (et c’est encore frais dans la mémoire des elfes). Les humains développent alors une rancune tenace contre ces « pointus » qui les asservissent et les elfes n’ont que mépris pour ces faibles dans les veines desquels coule le sang qui a rallié l’Ennemi. 

Et maintenant la chose naze dont on se serait passée : le ranger elfe est épris d’une humaine… Encore !!!!! Arrêtez de rajouter ces intrigues amoureuses, c’était déjà nulle entre l’elfe et le nain dans Le Hobbit…


Cela dit, l’intrigue principale, c’est le retour du mal. Retour que l’on attend depuis la seconde minute… Tout le reste n’est qu’un morceau de beurre, étiré sur une tartine trop grande… Et c’est dommage parce que des concepts sont vraiment sympas, mais tout le premier épisode aurait presque pu tenir dans l’introduction… Eh oui Amazon, tu as du temps, du budget et tu veux m’en mettre plein la vue, longtemps… ok ok j’ai compris, mais ce premier épisode souffre d’un problème de rythme et de souffle épique… Problème dont je vous rabats les mirettes depuis 15 minutes et qui donne à cet épisode la note de Kenobi /20.

Pour conclure cet article, je n’ai pas parlé de Mandalorian. Sortie des carcans horaires de la télé, la saison 1 offre des durées d’épisodes très variées. Nombre de ses épisodes sont des intrigues indépendantes qui font tout de même avancer l’intrigue globale. Une bonne vieille recette old school, et pas un film étiré en longueur… Et la série a le meilleur score critique pour les séries Star Wars en prise de vue réelles. Ça semble pas si compliqué… Disney, Amazon, à bon entendeur…

lundi 4 mars 2019

épisode 136 : There is only one Return and it's of the Cantal ! !

Qui tient la rédaction de ce blog? Normalement c'est moi, tout seul, sinon il y aurait sûrement moins de Star Wars. Mais il arrive de temps à autre que des lobbies réussissent à passer ma porte et à me proposer avec plus ou moins de finesse un sujet d'article. L'image ci-contre fait partie de cette campagne de loobying que j'ai dû subir... Ahlala ... Bon aller, allons-y, Alonso ! De toutes façon, si je ne voulais pas, je n'aurais pas fait cet article, mais j'aime juste me plaindre un peu !! Un dernier détail : depuis l'écriture de cette critique pour laquelle j'ai cherché deux ou trois trucs sur Google, Big Bro(th)wser me propose toutes les semaines des actualités régionales sur le Cantal...

Aujourd'hui, un... film? Allez, admettons que c'est l'équivalent d'un fan-film, avec un certain budget. Avant de passer à l'article proprement dit, je tiens à signaler au gentil lobbyiste que j'ai regardé une seconde fois ce film pour la rédaction de cet article; ça mérite bien en contre-partie deux petits visionnages de la meilleure saga de tous les temps !


Alors de quoi parlons-nous ce soir? Le Hobbit: Le Retour du Roi du Cantal est un long métrage parodique basé sur les films de Peter Jackson

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Devant le scénario excessivement bien ficelé de ce film, nous voici donc au début d'une critique tout aussi bien structurée... Commençons par le doublage du film. Oui, quasiment l'intégralité des rôles importants sont doublés. Et tous les doubleurs originaux sont là; et nombres de répliques sont calquées mot pour mot sur la version française des films de Jackson; à ceci près qu'on remplace de temps à autre Mordor par Puits de Dôme, Terre du Milieu par Auvergne... et que certaines changent d'interprète pour les besoin du scénario. Ce gros avantage des voix originales est contrebalancé par l'amateurisme de la production (pour le moment, nous ne parlons que du doublage), et quand l’œil non exercé remarque qu'un mauvais acteur français est doublé en français, ça fait bizarre... Et puis dans les premières scènes du film, des voix additionnelles rajoutent un peu d'ambiance aux rues et aux tavernes, cela-dit, comme on dirait que c'est Pen Of Chaos qui les a faites pour du Naheulbeuk, on ne sait pas trop si on doit rire ou pas... J'admet que pour le côté parodique c'est rigolo, mais comme le film se veut quand même plutôt sérieux dans le fond et dans la forme, c'est étrange. Quand je dis sérieux, je ne suis pas totalement débile au point de penser que le "Retour du Roi du Cantal" n'est pas destiné à être drôle. Mais l'introduction nous laisse tout de même penser une envie de montrer un vrai film, avec de vraies références locales, mis en musique et en image pour faire baver les fans du SDA sur une région excessivement proche.
Avant de passer à la suite, une mention spéciale à Gandalf, l'un des seuls personnages dont le doubleur n'a pas voulu (?) participer au projet, et qui se retrouver affublé de la VF habituelle de Morgan Freeman ! Mindblowing !

Ça envoie quand même un peu du Cantal ce genre d'intro non ?

Les voix françaises sont d'ailleurs ce qui m'a permis de regarder ce film une seconde fois: c'est vraiment ce qui est bien foutu, presque drôle, mais de façon quasi méta. Difficile de ne pas imaginer les doubleurs en plein exercice, essayant de ne pas oublier d'envoyer du "Cantal" un peu partout...

Après le doublage, la musique, qui souffre des mêmes paradoxes. La bande originale ne l'est pas du tout vu qu'il s'agit exclusivement des musiques d'Howard Shore. Ce qui est fabuleux pour l'ambiance du bouzin, mais se retrouve gâché de temps à autre par un fondu au noir visuel doublé d'un fondu au noir (enfin, un fondu au silence) sonore plus ou moins habilement placé, plus ou moins en fin de piste audio...

Dommage de ne pas ajouter un petit mot sur les dialogues avec  un petit exemple. Les répliques des films de Jackson, souvent tirées des livres, sont épiques et peuvent, soutenues par la musique, réussir à nous faire dresser les poils, d'émotion et de puissance véhiculées. Là, on assiste à la tirade de Théoden:
Où sont le cheval et le cavalier ? Où est le cor qui sonnait ? Ils sont passé comme la pluie sur les montagnes, comme un vent dans les prairies. Les jours sont descendus à l’ouest derrière les collines, dans l’ombre. Comment en est-on arrivé là?
La musique est là, pas de souci, on passe sans problème sur les modifications pour le background cantalien. Puis.. boum, la réplique se finit, la musique aussi, et le seigneur de Marcolès qui parlait balance un petit: "bon faut qu'on aille voir notre avant-poste"; presque aussi à propos et casse-ambiance que s'il avait proposé un petit kébab à son sbire après l'une des meilleures répliques de la trilogie...

Je suis ... ton père !! Bon, t'as faim, on va au restau?
(comme quoi, y aura toujours du Star Wars partout sur ce blog)

Et maintenant, un mot des décors et costumes. Les décors sont pour la plupart vraiment beaux, vu qu'il s'agit souvent d'environnement naturels ou de vieilles pierres médiévales. Nous choisirons simplement le bon moment pour prendre une pause pipi et ainsi éviter ce que nous voyons ci-dessous.

Il veut filmer un décor médiéval, ça tourne mal !

Quant aux costumes, on oscille entre le costume type médiéval correct (je vais me faire taper sur les doigts par les nazis de la reconstitution historique je pense...) et le déguisement joué club, ce qui nous permet en toute objectivité de donner à ce film la note de barbe postiche/20. On continue sur la photographie? L'étalonnage des lumières et des couleurs n'est pas toujours le même au sein d'une même scène... Vous savez, quand la caméra de votre téléphone change légèrement de colorimétrie à cause d'un surplus de lumière ? Et bien dans un film, c'est un peu moche... Ceci-dit, ce n'est qu'une sorte de faux raccord parmi d'autres...

Pour sûr qu'c'est joli le Cantal !

Vu la qualité des barbes et perruques, vous imaginez ce qu'aurait donné SylveBARBE ???

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Passons maintenant à l'histoire, plus  ou moins dans le détail. Tout le truc commence par une intro "à la façon de la Communauté de l'Anneau" : narrée par les Voix de Galadriel et Bilbon, avec de très belles images du Cantal (c'est dommage de n'avoir qu'une résolution qui fait saigner des yeux quand même les productions les plus pauvres sur le net se permettent minimum la HD, mais bon, passons, on va dire que l'année de sortie _2015_ y  est pour quelque chose)

La qualité de l'intro est vraiment correcte en comparaison de l'intro sur la Comté des films de Peter Jackson. Les scènes champêtres hobbites demandent somme toute assez peu de budget; en revanche la mise en place du scénario se fait exclusivement avec des illustrations sur fond de parchemin et de voix galadriale: c'est à la fois cheap, un peu long et difficilement compréhensible (c'est quelle cité d'Auvergne qui est en bisbille avec quelle autre déjà?).

Enfin grossièrement (je n'ai clairement pas envie de me refaire une troisième fois ce film dans l'immédiat pour dénouer cet écheveau scénaristique convenablement) : les cantalous hobbits et nains étaient prospères et se baffraient tranquillement de fromage dans l'abondance obtenue grâce à leur anneau magique quand celui-ci disparut. Le roi du Puits de Dôme en profita pour fondre sur le Cantal, même si certaines  cités lui tenaient tête. Thorin, le roi déchu du Cantal, n'avait donc d'autre choix que de rallier à lui ces cités pour détruire le Puits de Dôme. Mais pendant ce temps, l'anneau de pouvoir cantalien a été retrouvé par un jeune Hobbit ... 

Passée l'introduction et sa dizaine de figurants, l'armée du Puits de Doom, qui mixe Isengard et Mordor est alors composée de cinq (oui, cinq, comme tes doigts de ta main) péquenots... oulàlà "qui a la force de résister à la puissance du Puits de Dôme?" Ben, je sais pas, même le père Magott ferait l'affaire non? 
Et puis là, boum, sans crier gare, un autre fondu !! MAIS NON !! Ça fait tellement pas pro...

Puis sans transition le Hobbit se retrouve dans la compagnie de Thorin écu-de-barbe, devisant avec Gandalf de la marche à suivre. "Et si on allait chez les elfes?" Quand Thorin Barbe-de-chêne refuse catégoriquement, on se rend compte en fait que des elfes se sont téléportés là... Oui, après une intro au fusain sur parchemin qui n'était pas loin d'atteindre les 10 minutes, on passe d'une scène à une autre avec des transitions dignes de ... #Ernest s'est endormi sur son clavier en cherchant une comparaison#

Avis de recherche: Gandalf dit "Gandalf barbe grise"

Sans transition encore, passons maintenant à la première baston (escarmouche..ron) entre des hommes du Nord (le Puits de Dôme) et les homme du Cantal (de Marcolès). Ça fait un peu petit mais c'est pas si mal foutu, même si certain figurants sont en roue libre, ils nous livrent une version pas désagréable de l'attaque des Uruk pour chopper les Semi-Hommes. A ceci près que l'attaque commence comme celle d'Osgilliath par le Mordor... Tout ça sent bon le découpage/charcutage pour ne pas avoir à écrire une seule ligne de scénar original...

Avant je voulais être Boromir, puis j'ai pris une flèche dans le genou...
Noooooon, Boromir est moooooort !!!!

Tout cet imbroglio scénaristique est entre-coupé de scènes bien trop nombreuses sur le seigneur d'Aurillac qui s'envoie cognac sur cognac, tout en refusant la proposition de son conseiller d'aller aider Thorin. Conseiller qui, notons-le au passage, a englouti tout le budget barbe: c'est bien le seul sur lequel les postiches ont un peu de crédibilité. Ces scènes sont peut-être drôles pour les autochtones qui connaissent la région et ont peut-être du passif avec Aurillac, mais pour le natif du [insérer random autre région] c'est pas utile. (Vous l'avez senti l'euphémisme là?) Surtout quand on commence à citer les commerçants locaux...

Quoi? Moi, je cabotine? meuuh non voyons ! Vous dites ça parce que je suis le seul à pas être doublé par quelqu'un d'autre !! De toutes façons, je suis là pour le cognac, renvoyez une lampée !

Mais retournons un peu suivre notre Bilbo de service qui arrive à Boisset, The Village qui doit se dresser contre l'envahisseur mais seulement si on lui balance l'anneau magique sous le nez ! L'occasion de vanter un peu l'hospitalité proverbiale de la région: tout le village rumine à l'arrivé d'un étranger, les sourcils se froncent, les fourches apparaissent... encore sûrement une private local joke... Grâce à l'anneau le hobbit amène tous les "nains" de Boisset en renfort au château des elfes où Thorin commence à préparer les défenses. Défenses mises à rude épreuve avec l'attaque des troupe du Puits de Dôme; qui a lancé une procédure RH et attaque avec une troupe multipliée ! Heureusement Gandalf arrive sur ces entrefaites, accompagné du seigneur de Marcolès qui a finalement décidé de venir aider Thorin. On se doute de la fin, hein, victoire pour le Cantal ! Et puis scène avec Bilbo vieux, qui écrit son livre pour Frodon. Cette scène de fin est vraiment plutôt bien foutue, il faut l'admettre (à ceci près que quand Bilbo écrit le bouquin, soit il n'a pas d'encre dans sa plume, soit il fait des gribouillages sur sa feuille... était-ce si dur de faire semblant d'écrire?).

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Voici venue l'heure de faire le bilan ensemble de ces 70 minutes de film: ça oscille du visuellement sympa au visuellement suédé, le scénar est difficile à suivre, à coups de private local jokes, les acteurs sont pas fous, mais, oui, oui, mais... le doublage fait quand même le café, avec  un côté méta fort sympathique. Ceci dit, une fois que vous l'aurez regardé une fois, l'expérience ne sera peut-être pas facile à réitérer si vous n'êtes pas des autochtones (ou si vous n'avez pas un groupe d'amis avec qui voulez partager une bonne bouteille devant).

Avant de finir, il convient tout de même de mettre ce truc en situation : son réalisateur a sorti le film a 19 ans, avec un budget ridicule estimé par Wikipédia à moins de 10 000 euros. Il a tout de même réussi, malgré son jeune âge à décrocher des subventions de sa région, de son député... pour un projet au final réunissant de nombreux figurants, et quasiment tous les doubleurs des films originaux ! Et s'il le vend en DVD (plusieurs milliers d'écoulés), il l'a aussi mis en ligne gratuitement ! Pour tout ça, allez le voir, et on se refera un visionnage ensemble autour d'une bonne bouteille de vin d'Alsace et/ou du Jura !

mercredi 6 février 2019

épisode 132 : They're taking the Hobbit to ... Erebor!

Le week-end dernier, c'était après-midi marathon cinématographique Hobbit. Depuis le temps que j'ai acheté les Blurays,  version longue, 3D, méga version of doom, eh bien c'était la première fois que je regardais les trois films entièrement en version longue. Bon, déjà, pas besoin de la version longue pour effectuer ce constat, on est quand même assez loin du niveau de la trilogie du Seigneur des Anneaux. J'ai passé un agréable moment mais tout ceci n'en cassait pas pour autant trois pattes à un canard. Quoi qu'il en soit, enchaîner d'un coup les trois films, en version longue, a gommé ou du moins estompé certains des défauts qui m'avaient dérangé lors des sorties en salle. Le premier volet est de mon point de vue le meilleur. On y retrouve la magie du Seigneur des Anneaux, malgré la présence d'Azog, pas autant répugnant pour son ajout à l'histoire (vraiment pas si utile) que pour son aspect, raté, salement numérique, à mille lieux des personnages orques ou Uruk du Seigneur des Anneaux, dont la peau luisante de sueur et de crasse semblait puer à travers l'écran.


Dès le début du Voyage Inattendu, je me suis posé un question, en voyant arriver Thranduil sur son caribou, sur les collines dominant la porte d'Erebor. Que venaient faire les elfes à Erebor, aussi nombreux, en armes? À la vue de Smaug,  ils décidèrent de ne pas se mêler du conflit, mais n'étaient -ils pas justement là pour un but belliqueux? Bafoué et humilité par Thraïn, le papounet legolastique venait-il pour chercher ses fameuses gemmes blanches à la pointe de l'épée?

Jar Jar en tête de ses troupes: attendez... Attendez... Noussa pas de boumasse anti-dragon...


Avant de se continuer sa quête avec la compagnie des nains, Gandalf participe à un petit Conseil Blanc improvisé à Fondcombe. L'occasion de ressortir Galadriel et Saroumane du placard où on les avait laissés après le tournage du Seigneur des Anneaux. La poussière a alors un effet fabuleux, gommant les rides de Christopher Lee, effaçant même les pores de sa peau... Saroumane est alors le seul qui n'ajoute pas foi au récit de Gandalf, y allant même de son petit argument ad hominem contre Radagast et son amour de l'herbe à pipe qui lui brouille l'esprit. Tom Bombadil, Radagast, Gandalf... tous des hippies....
Les réticences de Saroumane sont elles de l'aveuglement ou tente-t-il de dissimuler le retour de Sauron dont il a déjà connaissance et à qui il se prépare déjà à prêter allégeance? On peut y voir une réponse dans les volets suivants : si le magicien blanc participe bien à la défaite du nécromancien à Dol Guldur, il dit ensuite qu'il va "s'occuper de Sauron lui-même". Si Tolkien a écrit Le Hobbit bien avant le Seigneur des Anneaux, Jackson en a fait un préquel de sa première trilogie, et clairement ce genre de scène ne passe que lorsqu'on connaît la première trilogie; sans quoi on passe complètement à côté du sous-texte qui annonce bien que Saroumane va tenter de profiter de la situation pour se créer une place aux côtés de Sauron (ou du moins va tenter de le lui faire croire tout en voulant s'accaparer l'Anneau Unique pour lui-même).



La Désolation de Smaug nous offre des moments vraiment bien foutus et agréables à regarder avec les passages dans la forêt Noire, ou dans les cavernes d'Erebor où Smaug cabotine pour notre plaisir. En revanche, que de longueurs à Lacville, où Jackson a fait rentrer au marteau-piqueur une autre histoire d'amour à la Beren et Luthien. Cette fois, il s'agit d'un nain et d'une elfe, avec les mêmes scènes que dans le Seigneur des Anneaux (blessure à la lame de Morgul, Feuille des Rois, Mauvaise herbe, soin magique...). Et le Maître de la ville des hommes avec son âme damnée ne sont là que pour du remplissage inutile; quand Elrond, Galadriel et Saroumane font du remplissage mais sont au moins là pour le fan-service.

Dans le troisième épisode, la version longue est un peu plus cohérente. Cela dit les ajouts par rapport à la version cinéma sont vraiment minimes sur les trois films confondus surtout en comparant avec le Seigneur des Anneaux. Mais courte ou longue, la Bataille des Cinq Armées n'évite pas les pires erreurs stratégiques et tactiques: les elfes qui chargent devant la ligne des nains, les orques qui arrivent juste à temps pour que les elfes et les nains ne s'entretuent pas alors qu'Azog a un quartier général tranquillement posé au dessus de la bataille... Ah oui, avant de finir, une dernière question qui reste sans réponse : pourquoi les orques ne craignent-ils plus la lumière du jour? Alors que Jackson explique bien dans le Seigneur des Anneaux que Sauron envoie des nuées de fumée pour obscurcir le soleil et permettre à ses troupes de se déplacer et de combattre en plein jour.

Je vous laisse sur la version en 5 secondes, ainsi que la trilogie aurait dû se terminer. Je trolle (juste) un peu.



jeudi 31 janvier 2019

épisode 131 : Retour à la réalité


Comment reprendre le cours de son ancienne vie? comment continuer, lorsque dans son cœur on commence à comprendre qu'on ne peut plus retourner en arrière. Il y a des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu'elles se sont emparées de vous.
Ainsi parlait Frodon Sacquet, à la fin du Retour du Roi, dans le film de Peter Jackson. En digne successeur de son oncle, Frodon a laissé sa vie posée à Cul de Sac pour partir à l'aventure. Mais contrairement à son oncle, lors de son retour Frodon n'a pas réussi à reprendre sa vie d'antan. Le contraste entre sa vie habituelle et ses aventures aux quatre coins de la Terre du Milieu était trop important. Plus question de s'accommoder du train train quotidien de Hobbitebourg quand on a goûté aux grands espaces du Rohan, du Gondor, quand on a vu le monde du haut de la Tour Blanche ou du dos de Gwaihîr. Peregrin, Meriadoc ou Samsagace ont sûrement aussi ressenti ce manque, ce vide à leur retour en Comté, mais, et pour Sam surtout grâce à Rosie et à leurs rejetons, ils ont tous réussi à reprendre le cour de leurs vies. Frodon quant à lui n'a pas pu se résigner, même rester en Comté ne pouvait plus rien lui apporter. Il a donc décidé de prendre la place que les elfes lui ont proposée sur l'un de leurs fins navires en partance pour Valinor.

La fin de ce film, comme celle du livre m'a toujours laissé un goût étrange dans la bouche. Ce sentiment qu'éprouve Frodon est partagé par son lecteur/spectateur. "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", cette phrase qui clôture nos contes d'enfance préfigure déjà ce blues de fin d'aventure. Après de palpitantes péripéties j'ai toujours trouvé presque décevant à la fois que l'histoire doive s'achever et que les héros en viennent à abandonner leur statut même de héros en redevenant anonyme. Apparaît alors une mise en abîme entre le héros et son lecteur ou son spectateur qui vient de passer des heures scotché dans son fauteuil et se demande comment repasser à sa vie normale. Le Monde de Narnia est un autre parfait exemple de ce syndrome de fin d'aventure. Les enfants Pevensie, à leur retour à Londres ont eu des difficultés à se réadapter à notre monde. Redevenir un enfant anonyme quand on était, il y a quelques heures à peine l'un des rois ou reines de Narnia, c'est assez difficile à encaisser.

On pourrait aussi qualifier ce dur retour à la réalité de syndrome "retour de GN". Ce ressenti diminue de jeu de rôle grandeur nature en jeu de rôle grandeur nature. Mais après plusieurs jours dans un univers fantastique avec une immersion maximale, où l'on vit, mange, et dort loin de notre réalité, y retourner est toujours difficile. Un jeu de rôle grandeur nature, comme un livre ou un film est un concentré d'aventures épiques, de rencontres fantastiques et d'actions héroïques, le tout en un laps de temps bien trop court. Et plus l'immersion est importante, plus la fin de l'aventure laisse l'aventurier vide, et plus le retour dans notre réalité est dur à accepter.

Et les entreprises comme Netflix ont bien compris le concept. Le phénomène de "Binge Watching" popularisé par les services de VOD, fonctionne sur ce concept. Pour reprendre l'exemple de Netflix, tout s'enchaîne, sans même que l'on ait besoin de bouger ses fesses de son fauteuil, et comble le vide de nos existences. Nous avons toujours un écran sous les yeux, télévision, ordinateur, tablette, smartphone... Et notre mode de consommation des médias évolue: la production et la consommation de séries augmente, avec toujours plus de budget, ayant ainsi des castings et des décors n'ayant plus rien à envier au cinéma. Certes toutes les séries ne sont pas Game of Throne, et toutes ne peuvent pas encore se comparer à un Avengers 4. Mais avoir des épisodes qui s'enchaînent tout seuls, coupant le générique, les résumés des épisodes précédents... cela renforce l'immersion que peut nous procurer une série. Notre syndrome de fin d'aventure et notre flemme nous poussent alors à continuer à regarder toujours plus d'épisodes, et à chercher la prochaine série dès qu'on vient de finir la précédente. Et Netflix comble ainsi le vide de notre existence qu'il a lui même exacerbé à un niveau encore jamais atteint pour une simple consommation d'un média. On retrouve aussi ce syndrome quand on finit un jeu vidéo sur lequel nous avons sué sang et eau pour que notre avatar, que notre personnage, que nous puissions compléter le destin que le scénario nous propose. Fort heureusement les Elders Scrolls sortent à un rythme auquel on pourrait donner la note de What The Cut /20. Ça nous donne bien le temps de faire une petite pause pour s'intéresser à autre chose, qu'il s'agisse de la réalité, d'un monde virtuel ou d'un univers créé par notre imagination à partir de simples mots sur du papier.


Buvons à nos aventures les gars, aux souvenirs, bons ou mauvais !

mercredi 2 janvier 2019

épisode 126 : J.R.R. Tolkien

Nous voici en 2019.Cette année cela fera dix ans que j'ai ouvert ce blog; même s'il n'en compte d'année effectives que moitié moins. Et pour fêter ça, ouvrons en fanfare notre article mensuel sur un illustrateur par Tolkien. Oui, oui, Tolkien. En effet, s'il mondialement connu pour ses œuvres littéraires, J.R.R. a aussi illustré ses textes lui-même. Il en a aussi dessiné les cartes; ou les couvertures, preuve de ses multiples  talents. Pour Noël, son éditeur attitré en France a sorti un beau livre avec nombre de ses aquarelles, croquis, cartes revues et annotées...
J'ai failli poster cet article le mois précédent, mais comme il s'avère que j'avais en stock ledit livre à offrir à l'un de mes lecteurs, je ne voulais pas gâcher la surprise. Oui ben non, désolé, c'était pas pour toi... (enfin si?)
Comme d'habitude, je ne possède aucune des œuvres ci-dessous, achetez le livre pour d'autres illustrations.






Et je viens de voir que la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson travaille sur un gros projet, en partenariat avec le Tolkien Estate bien sûr pour tisser les plus belles illustrations de l'auteur. N'hésitez pas à jeter un œil sur la page de la Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson. Jusqu'au printemps 2021, les tapissiers vont travailler à treize tapisseries murales et un tapis. 

Édit janvier 2019: Pour le moment, quatre œuvres sont déjà achevées et seront visibles à partir de février lors de la réouverture de la Cité de la Tapisserie. La première d'entre-elles, Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves, l'une des aquarelles préférées de Tolkien a été finalisée en avril 2018, et la plus récente, Christmas 1926 vient d'être dévoilée fin décembre.



vendredi 14 décembre 2018

épisode 122 : Ted Nasmith

En ce mois de décembre, après (trop) beaucoup de Star Wars, changeons un peu de sujet avec un illustrateur pour notre article mensuel. Oui je sais il manque ceux des deux mois précédents. Eh bien, j'ai une excuse, c'est pour le travail.
Ted Nasmith donc. Ted Nasmith est un illustrateur canadien, bien connu des fans des œuvres de Tolkien pour ses illustrations, notamment de la magnifique édition grand format du Silmarillon. Nasmith aurait même envoyé ses premières illustrations de jeunesse à Tolkien, qui l'aurait complimenté ou aiguillé selon les illustrations! Et malheureusement des soucis personnels lui firent renoncer à la proposition de Peter Jackson de rejoindre l'équipe de John Howe et Alan Lee, en charge de la création visuelle. Nous avons peut-être raté des choses fabuleuses ! Mais cessons là le verbiage, vous en avez eu déjà bien assez depuis le début du mois. Place aux œuvres. Comme d'habitude, les images appartiennent à monsieur Nasmith, un clic vous enverra sur son site.












mardi 17 juillet 2018

épisode 112 : Addendum multimédiartistique

L'autre jour je parlais des modifications qu'un réalisateur ou un dessinateur pouvait effectuer sur son œuvre, une fois celle-ci déjà publiée, diffusée, mise à disposition d'une communauté qui peut déjà se l'être appropriée. Il semblerait bien qu'on ne peut pas impunément toucher à une oeuvre d'art, même si l'on en est le créateur. 

Mais pour autant, ça ne semble pas affecter toutes les "sortes" d'art. Oui, d'après notre encyclopédie en ligne préférée, on retrouve, avec les qualificatifs idoines (premier art, deuxième art...) et plus ou moins dans l'ordre : architecture, sculpture, peinture et dessin, musique, littérature (au sens large), scène (pareil, ça ratisse large), cinéma (le 7ème), puis les "arts médiatiques", la bande dessinée (le 9ème) et enfin le jeu vidéo.

Tiens, justement, comme je suis en train de me balader sur Hyrule pour la première fois, c'est justement le jeu vidéo qui m'intéresse pour commencer cet article.




C'est plutôt joli hein, Breath of the Wild ?


"Pour sûr qu'c'est artistique" le jeu vidéo. Mais contrairement à nombre d'arts précités, ici l'oeuvre n'est pas aussi figée que dans le cinéma ou la sculpture par exemple. Personne ne se plaint d'une mise à jour faite correctement, même s'il ne s'agit que d'un upgrade graphique. Vous vous imaginez la Joconde mise à jour pour avoir une texture de peau en 4K? MaJ, Patches, DLCs, Extensions... un même titre va pouvoir offrir une expérience totalement différente à chaque joueur (sans parler du ressenti subjectif de chacun bien sûr), et même une expérience qui va évoluer au fur à mesure de la vie du jeu.

Il y a d'autres formes d'art qui offrent un peu ce genre d'"expérience"; comme le théâtre par exemple. D'une représentation à l'autre, selon la salle, la logistique, la fatigue des acteurs... et bien sûr d'un metteur en scène à un autre, l'expérience change pour le spectateur. La substantifique moelle reste la même mais le côté cosmétique évolue sans cesse. D'ailleurs on voit même des représentations de théâtre classique adaptés dans un décor et avec des costumes modernes. Pour autant personne n'a jamais essayé de remettre au goût du jour les costumes sur un tableau ou dans un film (en 4K, et en survêt' la Mona Lisa). Parce que à part un nettoyage de l'image pour s'adapter à la haute résolution, le moindre changement visuel dans un film déclenchera des levers de bouclier (ou des conneries de la part des rageux de l'épisode 109). Pauvre George qui voulait déployer un patch graphique pour virer certains bugs...


Alors pourquoi le jeu vidéo ne subit-il pas les critiques de puristes qui voudraient continuer à jouer en 400x600 aux vieux jeux qui ressortent en HD, ou qui refuseraient tout patch pour éviter un bug graphique ou scénaristique ? Oui, je vous en pose de ces questions... J'avais ça en tête l'autre jour en écrivant sur Don Rosa et George Lucas. Mais d'ailleurs, ça soulevait aussi le problème des traductions diverses.

Don Rosa avait modifié la version française de ses histoires pour y réintroduire dans certains cas la vraie traduction quand certains traducteurs avaient adapté voire carrément modifié son texte au profit d'une version qu'ils préféraient. Évacuons immédiatement les mauvaises traductions de Star Wars : je n'en parlerai pas plus parce que les exemples/articles/top10 pullulent sur la toile. Il convient néanmoins de noter que notre cher George n'a pas modifié les noms existant dans la VF alors que la trilogie classique a été traduite au bulldozer...


Au bulldozer, on vous dit, ma p'tite dame !
Puisqu'on vous dit que C-3PO ça s'prononce "sispéo" !



L'exemple que j'ai en tête immédiatement en terme de (re)traduction, c'est l'oeuvre de Tolkien. A commencer par le Hobbit, le premier à être ressorti en 2012 avec la nouvelle traduction de Daniel Lauzon. Je n'ai pas lu l'intégralité du bouquin retraduit, et le but n'est pas ici de critiquer son travail (ça vous rappelle quelque chose) : c'est un professionnel qui, à n'en pas douter, a fait son travail du mieux possible, et de façon "plus moderne et légère", en s'évertuant "à appliquer les consignes de traduction laissées par J.R.R. Tolkien dans le texte qu'il a adressé aux traducteurs" comme nous explique le site Tolkiendil

La communauté des lecteurs de Tolkien semble adopter un point de vue différent des fans de Star Wars. Comme on peut l'entendre ou le lire lors de l'interview de l'auteur, le but de refaire une traduction (au moins du point de vue du traducteur et des lecteurs) était de moderniser le texte, et de le rendre plus proche du texte original, de la volonté de Tolkien. Parfois même de surprendre le lecteur en s'approchant du sens profond quand la traduction des années 70 avait pu faire des concessions; et retranscrire aussi l'idée que le Hobbit est à la base une oeuvre pour enfants. Pour les détails sur les termes qui ont été modifiés par rapport à l'ancienne traduction, et donc par rapport à la version française des films de Peter Jackson, je vous laisse lire l'interview en entier. 


Il est indéniable que le traducteur a fait un réel travail poussé, motivé par le respect de l'oeuvre, et pour fournir au lecteur un texte plus agréable, au plus proche de l'anglais.  Mais dans ce cas-là, les sites de fans ne semblent pas crier à l'hérésie ou au calcul financier. Elle a l'air bien cette communauté là ! J'ajouterai juste à cette débauche de motivation légitime, celle de l'éditeur. Éditeur qui risquait de perdre l'exclusivité des nouveaux textes et qui ne s'est pas privé de mettre bien en avant "sa" nouvelle traduction, plus fidèle à l'oeuvre de Tolkien. Ecoutez ... Ah non, il ne me semble pas entendre de foule en colère... Décidément, elle est cool cette communauté. Une fois de plus, une question : pourquoi certains choix, faits avec les mêmes motivations, avec au final des résultats que l'on peut qualifier d'équivalents, ne sont pas du tout perçus par les lecteurs/spectateurs/clients de la même manière ? 

De la même manière, toujours avec le même univers, quand Peter Jackson sort les versions longues de ces films (je parle du Seigneur des Anneaux, la faiblesse du Hobbit cinématographique, version longue ou courte est un autre problème qui ne sied pas à cet article), on rachète, s'extasie, sans le vouer aux gémonies. Les versions longues et autres director's cut tant qu'elles n'ont pas derrière elles une communauté fanatisée semblent plutôt bien acceptées (et ne me dites pas que c'est parce que George en a trop fait, sinon, va falloir qu'on cause des 7 ou 8 versions de Blade Runner...).

Je vous laisse avec toutes ces questions sans réponses... et je m'en retourne faire un petit tour sur Hyrule, avant de passer à Nilfgaard, mais ceci est une autre histoire...

lundi 31 janvier 2011

épisode 89: "Ca ne compte quand même que pour un !"

De retour d'un petit week-end chargé, j'en profite pour ressusciter un peu ce blog. En plus d'une douzaine d'heures de transport, j'ai aussi fait quasiment 10 heures de cinéma (presque sans interruption) en deux jours. Et ça y est, enfin, j'ai vu le Seigneur des Anneaux sur grand écran ! Et quel grand ! Il faut avouer que l'écran de la grande salle du Grand Rex envoie du pât(h)é !



Déjà, suite à une mésentente (nous sommes des boulets), nous étions à 2 dans la file d'attente avec une seule place (pour moi bien entendu, même la fin du monde ne m'aurait pas empêché d'y aller). Heureusement, entre fans, on essaie pas de se faire des bénéfices en revendant une place inutilisée, mais plutôt à faire partager à un autre fan. Et nous voilà, en moins de 5 minutes armés d'une deuxième place au tarif normal !

Et c'est parti pour plus de 9 heures de films, et encore, en version courte. D'ailleurs, quand on est habitué à la version longue, enchaîner les trois films comme ça, et bien on ne voit pas le temps passer ! Les non-fans ne comprennent pas pourquoi on peut applaudir un titre qui apparaît dans une salle de cinéma, personne d'autre que nous n'étant là pour en profiter. Mais c'est comme pour L'Empire contre-attaque (dans la même salle d'ailleurs), on a vraiment pas envie d'être ailleurs et on se laisse porter par l'ambiance de la salle.

Avec une sono pareille, on remarque des détails qui passent inaperçus à la maison. Et même la VO (qui me prive un peu de l'un de mes sports favoris) rajoute un plus intéressant (plein de répliques prennent tout leur sens quand elles ne sont pas mal traduites).

Maintenant, plus que 2 films qu'il me manque à voir au cinéma ! Et pour finir la soirée, un petit THX1138 de derrière les fagots tranquillement avachi dans un canapé.
Voilà, maintenant, ce blog devrait repartir (pas comme en 40 mais presque...); à bientôt dans un prochain article (ou pas, on verra si c'est pas juste du bluff involontaire)!

jeudi 16 décembre 2010

épisode 87: Un petit air vintage

Suite à une récente discussion, un petit article sur le cinéma. Parce que j'aime bien réfléchir et argumenter un peu, une fois de temps en temps. Depuis ses débuts, le cinéma a bien évolué, du muet au parlant, du N&B à la couleur, du carton-pâte au numérique. Les films les plus anciens sont très souvent instantanément reconnaissables: le cinéma vieillit, et la plupart du temps, il viellit mal.

Il y a plein d'éléments qui ancrent un film dans son époque et sont responsables de son vieillissement. D'abord, et de très loin, les effets visuels. Notons bien ici que je ne parle que des films ayant un certain budget; car il existe toute une foultitude de films récents de type "nanards" dont les effets spéciaux sont... comment dire... spéciaux ! Reprenons donc: les effets visuels. A l'aube du cinéma, sans modifier l'image capturée, on ne pouvait que faire mumuse devant la caméra avec moults déguisements plus ou moins bien faits. Ensuite, on a utilisé l'animation image par image. Tel est par exemple le premier King Kong de 1933. Mais on a continué à utiliser cette technique jusque dans les années 80, comme dans Terminator; ce qui laisse une sensation hachée très désagréable.


1933, année du singe pour les chinois, mais aussi à New York !


Naturellement, l'animation image par image s'améliore et l'animation se fluidifie: L'Etrange Noël de mr Jack ou les Noces Funèbres en sont de bons exemples. Mais dans la plupart des cas, l'utilisation de cette technique reste assez visible, et les films qui les utilisent sont rapidement démodés.
On peut aussi parler des animatroniques, ces sortes de robots téléguidés qui vont imiter la vie, pour créer des animaux disparus comme dans Jurassic Park ou pour faire vivre des personnages qu'un humain ne pourrait jouer. Des films comme Terminator ou Alien abusent un peu trop visiblement de ces techniques.


La poupée Terminator, ou comment faire un Schwarzy en plastique


Un faux "synthétique" en morceaux... et un vrai "synthétique" en chair et en os !


Avec l'avènement de l'informatique, tous les effets se font en post production: on filme ce qu'on peut avec des vrais acteurs et on transforme tout après. Evidemment, cette technique a été améliorée progressivement et on arrive à peine à créer des plans entiers qui soient crédibles. Même dans les films récents, nombreux sont les personnages ou animaux virtuels dont la démarche et les mouvements inhabituels choquent. La technique de "motion capture" utilisée pour créer Gollum règle pas mal de problèmes, mais on ne peut pas encore l'utiliser dans toutes les situations (on équipe un acteur de capteurs pour enregistrer le comportement exact de son corps, lors d'une chute par exemple).

J'espère ne pas m'avancer en disant qu'avec la technologie actuelle, on peut créer des effets spéciaux d'un tel réalisme et d'une telle précision que même dans 10 ou 20 ans, on pourra encore les regarder sans rigoler. Evidemment, ça coûte cher et plein de films actuels ont des effets plus réussis que d'autres. En toute objectivité (si si c'et vrai... enfin presque), un film comme le Seigneur des Anneaux n'a pas grand chose à se reprocher visuellement. Contrairement aux nouveaux Star Wars, pour ne citer qu'eux.


A ce jour, le plus réaliste des personnages numériques


Un copié-collé de Gungans...


Ensuite, les effets spéciaux ne suffisent pas à faire un film. Il y a d'autres éléments qui viennent vieillir un film. Ce serait trop beau, vu qu'on arrive à faire des films de plus en plus réalistes, il faut bien compenser à un moment. Tous les films sont influencés par la mode contemporaine. Et forcément, cela donne un petit air old fashion (ou has been, c'est à voir). Dans tous les grands films hollywoodiens des années 50, les acteurs ont des coupes de cheveux et des tenues à la mode de leur époque. Et si les robes de Liz Taylor jeune nous paraissent démodées, que penserons nos enfants des jeans serrés de Megan Fox ?

Il convient tout de même de nuancer ce point. Pour des films dont l'action se déroule de manière contemporaine à son tournage, certes cela nous parait vieilli mais c'est en quelque sorte de l'Histoire. C'est logique qu'un film se déroulant dans les années 30 apparaisse vieux actuellement, ça fait plus de 80 ans quand même ! En revanche, pour tous les films historiques, les costumes utilisés ne sont que l'idée qu'on se fait, au moment du tournage, du passé que montre le film (ou du futur, les représentations du futur changent beaucoup selon les époques). En se fiant aux découvertes archéologiques, on pourrait créer une oeuvre pus "hors du temps". Mais un visuel à la mode attire plus les spectateurs (et donc l'appel du pognon enterre la vérité historique). Dans Gladiator, les scènes de combat très nerveuses et violentes avaient fait hurler les historiens.


Robin des Bois à travers les époques: le collant vert de Errol Flynn n'est-il pas aussi seyant que le costume de Russel Crowe ?


Le phénomène de mode ne se réduit pas à l'apparence des acteurs. Il y a un effet de mode sur les types de films et la façon de filmer. Il suffit de voir le nombre de films fantastiques qui sortent en ce moment, tous adaptés de romans. Il y eut une grande période de westerns spaghettis dominés par Sergio Leone comme il y eut une époque de films d'épouvante, produits par la Hammer. On le voit aussi dans le choix du personnage principal. Actuellement, les héros (même les super héros) sont humains, avec des faiblesses ou même un petit côté maléfique; on est bien loins des héros toujours droits incarnés par John Wayne. Même la mise en scéne change et imprègne un film de son époque. De nos jours, elle est beauoup plus nerveuse qu'autrefois, sans avoir besoin de citer les films "caméra au poing" comme Blair Witch (que je trouve d'ailleurs déplorable).

La musique n'est pas en reste. Pour le moment, une poignée de grands noms domine les compositions, avec un style très reconnaissable mais dans 20 ans, quand ces maîtres auront tiré leur révérence, que deviendra le style des années 2000 ?
Je pense vraiment que les films actuels (sans parler de la 3D qui a encore des progrès à faire) en sont arrivés à un certain seuil de technologie; ce qui ne les empêchera pourtant pas de se démoder, mais toujours moins que les films du siècle dernier. Exception faite naturellement de quelques films (à vue de nez, je dirais 3) qui sont et resteront indémodables.

dimanche 8 novembre 2009

épisode 28: The hunt for Gollum



Ce soir, un peu de publicité pour un film fait par des fans pour des fans: the hunt for Gollum. Fait avec un budget minimum et des acteurs inconnus, ce film ne dure que 40 minutes mais sa qualité, tant au niveau des effets (maquillage et autres...) qu'au niveau de la mise en scène, n'a rien à envier à nombre de films qui traînent sur le net. Librement inspiré du livre de Tolkien, on reprend l'histoire là où le film de Peter Jackson ne nous offre qu'une ellipse temporelle.
"j'ai longtemps cherché cette créature, ce Gollum... mais l'Ennemi l'a trouvé avant moi."
Ainsi parlait Gandalf à Frodon, avant de l'envoyer à Bree avec l'Anneau. Eh bien ce film nous donne ici la fameuse recherche de Gandalf; qui en fait délègue le travail à Aragorn. Si l'on voit bien que les acteurs ne sont pas de professionnels chevronnés, l'ensemble est agréable et le réalisateur utilise un astucieux moyen pour ne pas avoir à trop montrer Gollum (dont l'animation dans les films de Jackson fut un travail titanesque et très coûteux). En effet, le sournois passe un certain temps dans un sac; d'ailleurs cela me parait un meilleur moyen de ne pas le perdre que la fine cordelette de Sam, fût elle elfique.

Voilà, donc un petit bonus à ajouter aux films de Jackson, visible gratuitement et légalement sur le net (sur le site du film ou sur Dailymotion et consorts). Et maintenant, la bande-annonce:




Et ensuite, la bande-annonce du film suivant, prévu pour le 1er décembre, toujours fait par des fans, Born of Hope:

vendredi 16 octobre 2009

épisode 22: "They're not gay, they're Hobbits !!"


"they're not gay, they're Hobbits !!"



S'il y a un sujet sur lequel je suis toujours prêt à discuter/écrire/polémiquer, c'est bien Star Wars. C'est vrai que la plupart du temps; c'est pour en dire du bien (surtout des vrais épisodes, j'entends par là, des épisodes IV, V et VI). Les nouveaux épisodes sont très jolis visuellement mais un peu lights au niveau histoire, interprétation et background. Voire même un peu bâclés au niveau du rendu... Enfin bon, si je me lance sur ce sujet, je vais pouvoir citer une multitude de détails et personne d'autre ne réussira à finir cet article. D'ailleurs j'espère que j'ai jamais saoulé quelqu'un sur ce sujet...

Pour en revenir à nos moutons, pourquoi parler des références que tout le monde connait déjà à propos de Star Wars ? N'importe quel magazine (au moment de la sortie de l'un ou l'autre nouvel épisode) parlait des influences nazies dans la conceptions des officiers impériaux ou du modèle samouraï utilisé pour le casque de Dark Vador. Outre le fait que je trouve toujours ça un peu débile (comme si le dessinateur conceptuel pouvait se rappeler exactement à quoi il pensait en créant l'un des multiples concepts parmi tous ceux qui n'ont pas été retenus), je préfère ne pas copier tout ce qui a déjà été fait. Et à de maintes reprises ! Je vais donc reprendre l'idée que m'a généreusement donnée Amaury:" sinon, tu nous parles quand du Seigneur des Anneaux, de Star Wars, de Freud et Proust?" (sic). En gros, il s'agirait de "parler de Star Wars et de comparer ça à Flaubert, le tout par le prisme de Tolkien qui veut se taper sa mère (d'après Proust)" (sic again).

Alors, commençons par le plus facile, ce qui a l'air de tenir le plus à coeur à Amury. Parlons de sexe (Mon Dieu, j'aurais jamais pensé écrire ça sur le net, surtout pas à propos des oeuvres de Tolkien et Lucas...). Je tiens juste à préciser que tout ce qui va suivre est né dans mon cerveau malade et fatigué (le manque de musique et sommeil doit jouer beaucoup).

Par ordre chronologique, penchons nous d'abord sur le Seigneur des Anneaux (comme ça, on parlera ensuite de Star Wars qui s'en est inspiré). Suite du gentillet Bilbo le Hobbit, LOTR (oui, ça va plus vite à écrire) était censé viser un grand public mais aussi les enfants qui avaient lu le précédent. De surcroît, écrit par un linguiste dans le but avoué de créer une mythologie fictive pour pouvoir y implanter une langue tout aussi fictive, LOTR ne pouvait pas contenir de scènes explicites ni même d'allusions trop poussées. Et, en effet, même la simple histoire d'amour (enfin, c'est jamais simple ce genre de trucs) d'Aragorn et Arwen n'est qu'entr'evoquée dans le livre. Peter Jackson lui donne un impact plus important grâce des flashbacks ou à une sorte de contact télépathique entre les deux amants. Mais soyons réalistes, ça reste très difficile de trouver du sexe dans LOTR.
Et il y a même trop peu de femmes dans certaines parties de l'histoire. Le truc le plus flagrant à signaler est alors l'amitié qui lie les hobbits, et principalement Sam et Frodon. Même si je n'adhère pas (complètement) au petit extrait vidéo ci dessus, il est vrai que le regard de Sam à la fin du Retour aurait pu (et dû) être évité ! Mais je doute que toute idée d'homosexualité ait pu apparaître dans le cerveau de Tolkien (né au XIXeme siècle dans une famille anglaise aisée).

Les personnages qui m'ont le plus interpellé à ce sujet dans le livre n'apparaissent même pas à l'écran. En effet, il s'agit de Tom Bombadil et de Baie d'Or. Ces deux là vivent comme des hippies, dans la forêt et, sans avoir de souvenir précis à citer, l'ambiance de leur demeure m'a marqué par rapport au reste du livre. C'est le seul endroit où il raisonnable d'envisager une quelconque activité sexuelle. Même à Bree, dans les tripots, il n'est fait nulle mention de filles de joie qui pourtant ne devaient pas manquer de pulluler. Doit-on voir chez Tolkien un certain côté puritain (tout à fait normal à son époque) auquel il se serait permis une petite entorse ??
Quoi qu'il en soit, rendons grâce au maître, en tout bien tout honneur. La vie de Tom et Baie d'Or est naturelle, libre de tout artifice et de souillures quelconques. Et totalement à l'écart du reste de la Terre du Milieu, de ses troubles et de ses guerres. On en arriverait donc à une forme d'amour très libre (et libéré) mais assez idéaliste et hors de portée. Faut-il voir Tolkien comme un précurseur des hippies, aspirant à faire l'amour et non la guerre, et à le faire dans les prés au milieu des fleurs et des petits oiseaux ??

Sinon, dans l'ensemble de l'œuvre de Tolkien, je trouve intéressant de remarquer plusieurs cas de mariages inter-espèces, entre hommes et elfes. Et à chaque fois, c'est une elfe qui tombe amoureuse d'un homme; jamais l'inverse. Et au point de choisir une existence de mortelle pour vivre pleinement leur amour pendant quelques années au lieu de l'immortalité des elfes (c'est le cas pour Beren & Luthien, évidemment pour Aragorn et Arwen mais aussi pour la famille d'Elrond, qui a du sang humain dans les veines). Les hommes sont-ils donc des amants si extraordinaires ? C'est sûr que par rapport aux mâles elfiques...

Finalement, désolé Amaury mais fort peu de sexe dans LOTR. On se situe dans une mythologie moyenageuse imaginaire. Et pourtant, nulle présence des scènes crues que l'on peut trouver dans les romans de Chrétien de Troyes; seulement de brèves allusions plus proches de l'amour chevaleresque (entre Aragorn et Arwen ou même entre Eowyn et Faramir).

Voilà, j'en étais sûr , je me suis un peu laissé emporter... On va donc se donner rendez-vous dans la note suivante pour une petite analyse de Star Wars. Et si vous lisez ceci (et si vous n'êtes pas Amaury et que vous n'avez pas juste lu le début et la fin); je ne sais pas trop si je dois vous admirer ou vous plaindre...