jeudi 27 août 2020

épisode 185 : Les reliefs des vacances


Aujourd'hui, nous faisons une petite session de diapos de vacances, à ceci près que je ne vais pas vous embêter avec des photos de mémé ou de tatie dont vous n'aurez rien à faire, mais des photos de paysage, dont vous n'avez potentiellement pas plus de chose à faire. Aussi, pour augmenter un peu l'intérêt, les photos suivantes sont en 3D. Comment s'y prend-on ? Les images ci-dessous sont séparées en deux (je suis sûr que vous ne l'aviez pas vu), la partie droite pour l’œil droit, la gauche pour le gauche ! Pour pouvoir profiter du relief, il s'agit donc de maintenir son regard parallèle. En tentant de faire la mise au point sur l'un ou l'autre des côtés, forcément, les yeux ne sont plus parallèles et les deux yeux regardent la même image, donc pas de 3D. Il faut donc regarder dans le vague, en conservant les yeux parallèles, en approchant beaucoup l'image des yeux, puis en l'écartant lentement, toujours en gardant les yeux parallèles, la 3D finit par apparaître ! Ou pas, c'est pas forcément évident, mais je garantis que ça fonctionne, même si la qualité de la photographie n'est pas fabuleuse (autant à cause du petit appareil/téléphone que des maigres talents de l'opérateur).

Selon la résolution, et la taille de votre écran, n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour ouvrir l'image en grand, et/ou la sauvegarder si vous êtes sur téléphone. Sur ce, bon passage dans le Jura !

Idéalement, je pense que voici la façon la plus simple pour les regarder.








dimanche 19 juillet 2020

épisode 184 : Jerry Vanderstelt

L'artiste du mois de juin, quoi, on est en juillet ? Meuh non, j'ai repris un rythme pour le blog, non ? bon tant pis, l'artiste du mois en cours a commencé à dessiner dès l'âge de huit ans et a développé un goût pour les histoires de science-fiction et fantastiques à sa lecture de Narnia de C.S. Lewis; qui l'a rapidement amené à découvrir Tolkien et le Seigneur des Anneaux. Actuellement il produit des illustrations de promotion, des couvertures de livres, des cartes de collections pour des univers comme Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, Star Trek... Vous avez sûrement déjà vu pas mal de ses illustrations ! Allez jeter un œil sur son site pour plus d'illustrations. Je me suis d'ailleurs aperçu à la rédaction de ce billet que le Yoda ci-dessous est en couverture de l'un des plus beaux artbooks Star Wars de ma bibliothèque, sans que j'en ai repéré l'auteur jusqu'à maintenant !








jeudi 11 juin 2020

épisode 183 : That's the sound of da Police


Bien le bonjour toi qui es encore là à lire ce blog. Ça fait un petit moment que je n'ai pas posté. Mais ça fait un petit moment aussi que je me dis que j'ai des trucs à dire, pas forcément intéressants, mais ça me fait plaisir. Aujourd'hui, un peu d'actualités. On va dire que je copie sur le camarade Amaury qui a pondu un article d'actualité il y a peu. L'actualité, c'est le terrible destin de George Floyd et les mouvements déclenchés tout autour du monde. Clairement j'ai assez peu de légitimité à parler de Black Lives Matter et de racisme. Est-il besoin de préciser tout le mal que je pense du racisme ou de toutes les discriminations ? Je ne sais pas quels changements vont être amenés par les mouvements d'indignation et de lutte contre le racisme, et je n'ai pas la prétention de parler de ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique. Je ne vais causer que de ce qu'on peut voir dans l'hexagone où les victimes de violences policières et leurs familles réclament justice.

Le moins qu'on puisse dire sur les réseaux sociaux c'est que le sujet polarise très vite, au point même, en pleine journée de deuil pour les victimes et de révolte contre leurs assassinats de faire apparaître des hashtags de soutien aux forces de l'ordre. Je ne vais pas appeler à la violence contre une quelconque institution, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais on atteignait là un summum d'indécence. Un peu à la façon du détournement d'attention par le All Lives Matter… à ce sujet, j'ai trouvé nombre de déclinaisons d'illustrations expliquant le problème. J'espère que les personnes qui me lisent n'ont pas besoin d'explications (voici l'image quand même), parce que flemme de devoir expliquer des trucs qui ne devraient pas en avoir besoin.




La police française n'est pas censée être raciste, il ne s'agirait que de quelques individus isolés, le terme technique c'est gros connard. Et pour bien se défendre et faire entendre sa voix, la police a plusieurs syndicats assez actifs qui vont bien entendu confirmer ce que je viens d'écrire. Prenons comme premier exemple cette intervention d'un ponte du syndicat Alliance sur une émission télévisuelle :




De quoi est-il question ? Il semble que pour une fois un ministre prenne la parole de façon correcte, à savoir le ministre de l'intérieur pour un petit rappel à l'ordre du règlement intérieur (pardon, réflexe professionnel). Déjà nous en sommes à un point où le ministre de l'intérieur doit rappeler (est-ce juste un effet d'annonce ?) que le racisme c'est pas bien... Et qu'en plus, ben c'est puni par la loi... La loi, le truc là que les forces de l'ordre sont censées faire respecter non ? Dites moi, peut-être que je me trompe complètement... Mais le syndicat Alliance trouve que rappeler la loi, c'est vraiment honteux, c'est une menace contre la police...
Étrangement, ce que Monsieur Alliance considère comme une menace contre la police, moi je vois ça comme une menace du syndicat contre le gouvernement pour avoir le droit de continuer à faire de la merde impunément... Bien sûr, ce n'est que mon interprétation hein... Ah, c'est aussi celle de nombre de gens qui ont vu la vidéo... Et qui ont, à but documentaire bien sûr, complété avec cette jolie image, toujours du syndicat Alliance...



Alors oui, c'était pour les gilets jaunes, un contexte un peu différent, mais toujours un contexte de bavures policières de plus en plus nombreuses. Quand un gouvernement pas très populaire passe des réformes et se retrouve face à des mouvements populaires, c'est sa police qui lui permet de maintenir l'ordre, voire même de se maintenir en place. Comment dans ce contexte interprétez-vous ce qu'on voit ci dessus ? Ça ressemble sacrément à une menace du style : laissez nous tranquilles, vous restez au pouvoir grâce à nous, si vous nous faites chier on va venir vous péter les dents, et on a les moyens de le faire. Le tout dans un contexte où certains agents sont critiqués pour leur usage démesuré de la force, qui finit bien souvent en drame. Je ne sais pas pour vous, mais ça devient pas évident de dire qu'il ne s'agit que de quelques individus isolés quand la parole dominante d'un syndicat c'est de menacer pour avoir le droit d'utiliser la violence à outrance et de continuer à commettre des actes racistes...
Bien sûr, les autres syndicats sont plus cools non ?


Ah meeeeerde... Ah ben oui, les manifestants noirs ce sont des terroristes de Daech ou d'Al-Qaïda... Vraiment sur ce coup-là, je ne vois pas grand chose à ajouter. On n'en est plus à se battre pour avoir le droit d'être raciste, on l'est directement, mais avec un niveau d'insultes stratosphériques là...
Si toi tu es policier ou un équivalent, je te conseillerai quand même de virer tes syndicats là, parce que avec le contexte actuel, et au lieu de vouloir apaiser les tensions, se défendre d'être racistes et pointer du doigt les agents réellement problématiques, les syndicats veulent juste rajouter de l'huile sur le feu et continuer à pouvoir taper du manifestant et insulter des personnes non blanches en toute impunité. Et avec le culot de venir dire ça tout fort un peu partout...
Les médias en remettent une couche après la dernière allocution du ministre de l'intérieur. Ils ont interviewés les crayons les plus aiguisés de la trousse pour montrer que la police est totalement abattue, en dépression totale après ses annonces, clairement on sent bien que c'est le genou du ministre sur leur cou... Alors déjà, un minimum de décence ce serait trop demander ? Et puis encore une fois, les annonces (oui ce sont des annonces hein, n'oublions pas les méthodes politiques) vont dans le sens de moins de violence et de racisme... Et les forces de l'ordre interrogées en sont presque à quitter le métier... Parce qu'elles ne peuvent plus molester tranquillou des noirs ? Et pourtant, morceaux choisis du ministre (de son discours bien sûr) :






J'espère que l'avez bien senti ce lâchage de la police de la part du ministre là... Encore une fois, c'est le syndicat Alliance le premier à se plaindre de ce discours... Les mecs, ça commence à se voir là vous savez... Sur ce, à demain pour encore plus d'actualité polarisée.

lundi 4 mai 2020

épisode 182 : ... be with us




          Bon, ça y est, j'ai fini le Mandalorian. Sans tricher, sur Disney+, en attendant les sorties des épisodes en VF ! Et comme il s'agit de notre dernier morceau de Live Action Star Wars en date (et avant un petit moment), j'avais envie d'en dire un petit (ou pas) mot. Commençons par un petit résumé du premier épisode  (Oulà; ça devient compliqué, j'ai failli noter "l'épisode 1", mais c'est trompeur avec l'Episode I). Je ne vais pas spoiler toute la saison 1; je détaille un épisode, vu que c'est quand même sur le début d'une série qu'on s'y fait un avis.
Comment qualifier ce nouvel opus? Le plus simple serait de dire qu'il s'agit de science-fiction, mais je ne considère déjà pas vraiment les films de Star Wars comme de la science-fiction, plutôt du space opéra, des films d'aventures se déroulant dans l'espace. Le Mandalorian est lui plutôt un western qui se déroule dans l'espace. On y retrouve un héros solitaire et peu causant, parcourant plus ou moins seul les plaines désertiques en quête d'une prime ou d'une vengeance. D'aucun trouveront parfois le rythme un peu trop lent et pourront trouver certains moments ennuyeux; personnellement j'y retrouve l'ambiance contemplative des aventures de l'homme sans nom, interprété sous son inoubliable poncho par Clint Eastwood devant la caméra de Leone. Entendons nous bien, ces films sont des chefs d'oeuvre, la série n'atteindra pas le même niveau, je parle d'une ambiance générale.

          Alors, qu'en est-il du premier épisode? Voici un bref résumé : 
La série s'ouvre sur une planète gelée, sur une banquise, le mandalorien, un appareil de traçage luminescent et bippant à la main se rend dans une taverne, où il fait une entrée tout à fait western dans ce saloon de l'espace sous les regards des clients, ayant interrompu les conversations et les violences qu'un groupe de malfrats faisait subir à un alien. Une petite démonstration de force prévisible plus tard, on comprend qu'il est là pour embarquer l'alien en question qui vaut une bonne prime, l'occasion d'une petite punchline de la part du personnage principal, pour sa première réplique de la série. Mando (comme il est nommé quasiment jusqu'à la fin de la saison 1) rejoint alors son vaisseau avec son prisonnier, en empruntant un speeder taxi appelé par un alien Kubaz. Ils quittent ensuite la planète à bord du Razor Crest, le vaisseau de Mando, échappant de justesse à un monstre tapi sous la banquise.
Mando débarque ensuite sur Nevarro, l'une des planètes qu'on verra le plus souvent dans la série. Une autre planète, un autre saloon, d'autres Aliens. L'occasion pour Mando d'aller chercher sa prime et de réclamer d'autres missions auprès d'un intermédiaire de la Guilde des Chasseurs de primes. On lui donne alors un mystérieux rendez-vous dans un quartier sordide où il se trouve en présence d'anciens militaires impériaux. Avant de partir pour cette mission à l'objectif mystérieux, il fait un passage par les égouts de Nevarro pour s'équiper, parmi les restes de sa faction de Mandaloriens, décimés jadis par l'Empire et qui survivent dans la clandestinité. Il se rend donc sur Alvara 7 à la poursuite de sa nouvelle cible. Immédiatement attaqué par des Blurrgs sauvages, il est secouru par Kuiil, un Ugnaught qui va l'aider, désireux de se débarrasser des malandrins dont le campement abrite sa cible. L'occasion d'une scène d'action fort agréable qui va clôturer le premier épisode, où Mando fait équipe avec IG11, un autre chasseur de la guilde en quête de la même proie. Les deux chasseurs de primes mettent finalement la main sur la proie après une scène rappelant tout à fait Le Bon, la Brute et le Truand, avec ses immanquables clichés du genre : nos deux protagonistes se retournent toujours pile au bon moment pour d'un seul coup abattre un ennemi qui apparaît en hauteur, et à leur tour, ces ennemis ratent quasiment à chaque fois leur coup, malgré toute leur puissance de feu ! Quand la cible s'avère être un bébé, tout vert qu'il soit, Mando abat IG11 dont la mission impliquait plutôt la mort de la cible qu'un maintient en vie. L'épisode se conclut sur le plan assez iconique qui suit. 




          Pourquoi avons nous des mots en gras? Eh bien parce que j'ai des remarques à faire ! Alors commençons par les points négatifs qui m'ont un peu dérangés lors du premier visionnage de l'épisode. Je trouve que le début de la série tombe dans le travers de Solo. L'ambiance et les personnages originaux de la série mis à part, nous avons un petit côté "cahier des charges" à remplir; ou plutôt d'effet "qu'avons nous déjà en stock comme personnages pour tourner cette scène?" Je vous explique : pour Solo, la moindre anecdote, phrase, ou même demie réplique pouvant apporter un élément sur la jeunesse de Yan Solo tout au long de la Trilogie avait été incorporé au film. Tout était expliqué, plus de magie, plus de zone d'ombre dans le passé de Solo, le moindre accroc dans son pantalon corellien trouvait son explication dans le film. Et au début du Mandalorian, beaucoup trop d'éléments de décor, de figurants ou même d'élément audio-visuel se trouvaient déjà à l'identique dans la Trilogie. Alors oui, le concept est de faire des "références", d'attirer les fans de la Trilogie qui ont conchié la Postlogie; et a priori ça a marché ! D'ailleurs je ne comprends pas très bien les fans, mais au moins le Mandalorian offre quelque chose d'un peu différent (je ne dirait pas de nouveau) et cela a suffit pour faire kiffer des haters de la Postlogie... Comme quoi la logique du "fan"...  


Alors, point par point de quoi suis-je en train de parler ? Beaucoup trop d'aliens sont des races que l'on a déjà vues ! La galaxie est vaste, très vaste ! Et pourtant, parmi les premiers que l'on voit (ces clients, ce Kubaz, ces aliens (rodiens ou trandoshans)...) tous ont déjà été vus avant dans la Trilogie. Il en va de même de l'ambiance de Nevarro ou d'Alvara 7. Les deux planètes ont une atmosphère très proches de celle de Tatooine (même si la première semble bien plus grise): des déserts, des quartiers sordides comme ceux de Mos Esley ou Mos Espa avec des Jawas, des Singe-lézards Kowakiens , des Ugnaugths, et même les fameux vaporateurs d'humidité de la ferme de Luke Skywalker. Mais bon, nous avions déjà vu ces équipements dans Rogue One, théoriquement utilisés pour récupérer l'humidité des planètes arides, on les y avait vus au milieu d'un champ verdoyant...
Un peu l'impression d'avoir un créateur qui recycle d'anciens assets pour remplir chaque plan. Notons aussi ce fameux œil mécanique, judas électronique qui accueille les visiteurs à la porte du palais de Jabba, avec son dialecte Huttese, et que l'on retrouve à l'identique dans le repère des anciens impériaux (qui n'ont pas dû trouver un modèle parlant le basic..). Lors de la scène finale, le droïde IG11 n'en fait pas exception, tout comme le blaster lourd EWeb à la lourde puissance de feu qui s'oppose à nos héros. Apparu dans l'Empire contre attaque, ce type d'armement fait deux apparitions impressionnantes dans le Mandalorian; à croire qu'au fil du temps le modèle n'a quasiment pas changé et que les malandrins de ce premier épisode ont accès à la technologie de l'Empire. Mais pourquoi pas...
Au delà des décors ou des costumes que l'on a déjà vu, la série comporte aussi des éléments de mise en scène, je pense tout particulièrement à la première scène sur Alvara 7, quand Mando essuie une attaque de Blurrgs sauvages. Hommage? La série en elle-même est un sous produit de Star Wars, hommage aux personnages de Mandalorien tels Boba Fett. Et quand une scène repompe une autre, je trouve ça un peu dommage. Mando, tel Luke Skywalker sur Tatooine, observe de lointains Blurrgs à la macrojumelle, avant de se faire brutalement agresser par l'un d'entre eux qui surgit à l'improviste à moins de deux mètres de l'observateur, dans le champ de ses jumelles. Ainsi Luke Skywalker faisait sa première rencontre de proximité avec les Hommes des Sables en 1977.

Ci dessous, à gauche 1980, à bord de l'Executor de Dark Vador, nous découvrons quatre des chasseurs de prime les plus fameux de la galaxie; et à droite 2019~2020, quand il s'agit de créer les personnages de deux chasseurs de prime, on voit bien que la mode n'a pas changé ! D'ailleurs la photo de droite représente des produits dérivés, de bien jolies choses de chez Hot Toys qui n'a pas son pareil pour faire échanger des reins sur le marché noir. Tiens, juste un dernier petit mot d'un pendentif mandalorien que la série nous impose un peu à la façon des fameux dés de Solo, en quête d'un nouveau gashapon à produire en masse.




          Maintenant, passons aux points positifs. Parce que finalement, tout ce que je viens de citer précédemment ne constitue qu'un unique point négatif aux multiples occurrences. Mais j'ai apprécié la série, amateur que je suis de Star Wars (tu l'as vu l'euphémisme là) et de Western, j'ai apprécié cette première saison dans laquelle j'ai senti l'influence de Clone Wars. La série ne développe pas une unique intrigue; même si toute l'histoire forme un tout, plusieurs épisodes racontent des histoires indépendantes qui s'inscrivent dans l'arc principal sans pour autant former des pièces incompréhensibles prises une par une. Et ça, moi j'aime beaucoup ! La durée des épisodes y joue aussi pour beaucoup, variant d'une petite demie heure à près de 50 minutes; ce qui évite d'avoir à subir du remplissage quand l'intrigue est plus courte, ou s'étendant pour racontant la fin de la saison.

Si nous passions maintenant aux éléments positifs en gras et vert du pilote de la série ? Malgré le recyclage mentionné ci-dessus, certaines choses comme la banquise de la première planète gelée (loin d'évoquer Hoth), la première cible alien de Mando ou le Razor Crest ont des designs originaux fort bienvenus. On trouvera par ailleurs une planète forestière un peu plus loin dans la série; et si les véhicules et la végétation qu'on y trouve peuvent rappeler la Lune d'Endor, l'environnement est assez novateur lui aussi. Mais Nevarro ou Alvara 7 et ses Jawas qui ont une bonne présence à l'écran dans leur "chenillard" sont beaucoup plus habituels.
La démonstration de force de Mando dès son arrivée à l'écran pose tout de suite la série comme un produit plus adulte; même si la présence dès la fin de l'épisode de "l'enfant" reste l'une des choses les plus mignonnes que l'univers de Star Wars nous ait pondues. En effet, grâce à une porte automatique, Mando découpe clairement en deux un malfrat; même si rien n'apparaît clairement à l'écran, on se rapproche là des découpages façon Anakin dans La Revanche des Siths qui avaient valu au film un PG13 à sa sortie en salles. Ici, je me dois de spoiler un épisode un peu plus loin, où Mando, assailli par un groupe d'ennemi réussit à s'en débarrasser, un par un, au fur et à mesure, de façon assez brutale et, semble-t-il, mortelle, avant qu'une petite scène finale ne nous les montre enfermés, amochés mais bien vivants. Pourquoi Disney n'es-tu pas fichu de t'en tenir au personnage que tu as toi-même défini? Et cette simple scène change a posteriori tout le ton de l'épisode, rebasculant dans le côté ado de The Clone Wars. Et c'est bien dommage ! Et au même moment, Mando n'a pas hésité à déclencher une balise de repérage, laissant des X-Wings de la nouvelle république détruire une station (et ses occupants). La logique Disney est donc que le personnage principal ne doit pas avoir trop de sang sur les mains, mais s'il se débrouille pour que d'autres fassent le boulot, c'est bon !



          Un bon gros point positif de la série à mon goût est son manque de texte explicatif, qu'il apparaisse tel quel, déroulant sur fond étoilé, ou dans la bouche d'un personnage. Ah c'est bien pratique un long monologue pour détailler l'univers au spectateur. Mais c'est vraiment toujours aussi ridicule de voir deux personnages s'expliquer des choses qu'ils connaissent déjà ! Eh bien ici, ce qu'il faut savoir de l'univers est dépeint subtilement par petites touches, au détour d'une réplique, d'un personnage... Les anciens militaires impériaux par exemple nous posent la défaite de l'Empire, mais la survie de petits seigneurs de guerre locaux, qui ne sont pas tous sur la même longueurs d'onde. Est aussi mentionnée "la grande purge", mettant en place par petites touches le passé des personnages et de l'univers. Plutôt une réussite de ce point de vue là ! J'aime vraiment bien les différents troopers impériaux que l'on voit lors de la série : les tout neufs, immaculés, donnant l'impression de retrouver les jours glorieux de Palpatine et de la Trilogie; mais aussi les sales, poussiéreux et cabossés que l'on voit au début. Clairement à court de pièces détachées, ces anciens impériaux se cramponnent à leur gloire passée, entretenant tant bien que mal leurs cuirasses dont le plastacier a mal vieilli, en jaunissant.
Quant au recyclage qui m'a bien embêté lors du premier épisode, ce problème disparaît petit à petit. Clairement, je n'en était pas la cible, le but devait être d'attirer le fan de la Trilogie qui pouvait se raccrocher à ces petites références, avant qu'on ne lui montre des éléments nouveaux au fur et à mesure.


Le personnage de Mando, s'il ne brille pas par son jeu d'acteur (ne nous voyons que son casque, il n'a que peu de lignes de dialogues et les créateurs de Star Wars arrivent plus facilement à faire passer des émotions via un personnage de droïde) fait le taff; badass mais pas non plus invulnérable, très classe (figurinable à l'envie) et reprenant un peu un certain code de moralité que Boba Fett avait dans l'Univers Étendu (Legends, RIP). Il est accompagné par de bons personnages secondaires, comme Cara Dune, ancien trooper de choc et personnage féminin bien badass, IG11 rafistolé, Kuiil...

Les scènes d'action parsèment les épisodes, certaines contiennent de beaux petits moment de bravoure, comme l'arrivée en pleine bataille de tout le clan mandalorien, à la rescousse d'une situation apparemment désespérée ! S'il n'est pas des plus original, le scénario est agréable à suivre au fil des épisodes, et offre un final en deux épisodes très satisfaisant. Sans spoiler, nous assistons à l'arrivée d'un nouvel antagoniste assez classe (cape, moustache, teint sombre, non ce n'est pas Lando), sans pour autant être un "méchant" que l'on a déjà vu dans les films. C'est à la fois frustrant et tout à fait logique ! Voir Maul débouler dans Solo était assez ridicule par rapport au reste du film et sans impact sur son déroulement. Ici, vu la période traitée, il ne reste pas grand monde à aligner en face parmi les gens connus; et ça permet d'avoir un nouvel ennemi, et ça c'est top ! Oui, certes, Dark Vador et son baroud de Sabre laser dans Rogue One est l'un de mes moment préférés des derniers opus cinématographiques, mais ce genre de scène n'aurait totalement pas été logique ici. Certes "l'enfant" (oui, bon, tout le monde l'appelle Bébé Yoda) peut attirer des convoitises, et ses pouvoirs pourraient s'inscrire dans un arc où interviennent d'autre utilisateurs de Force. Mais cela aurait vite tourné au ridicule d'apposer un Maul ou consort à trois ou quatre chasseurs de prime, surtout quand on a vu la puissance brute dégagée par des Jedi dans L'Ascension de Skywalker. Cela dit, même si on s'écarte un tout petit peu des six premiers épisodes, nous sommes toujours dans l'intervalle des neufs films numérotés. Et ce serait bien de comprendre que Star Wars peut s'étirer à loisir sur des siècles et des siècles (Amen). Mais clairement, Disney va continuer avec Kenobi à user cette période (et en même temps, revoir Ewan McGregor en bure de Jedi, la moustache frissonnante... 😍 Comment ça je fais une fixation sur la moustache?).

          Avec un certain plaisir on retrouve aussi des épisodes à l'histoire plus que classique mais la réinterprétation sauce Star Wars est vraiment bien fichue. Mando et Cara Dune aident un village à se défendre contre une bande de pillards, tels les fameux sept mercenaires; mais sur une autre planète; et à deux. Nous avons aussi une expédition pour s'introduire dans une prison et en faire évader quelqu'un; une chasse au monstre en vue d'en récupérer l’œuf... A chaque fois on se laisse prendre agréablement par les péripéties, l'évolution des personnages (Cara Dune évolue petit à petit, quand l'évolution de Mando tient plus d'une évolution vidéoludique, avec une armure améliorée d'épisode en épisode et qui lui fait gagner des points de protection), l'atmosphère et les scènes d'action.
Le manque d'ambition que l'on pouvait reprocher à Solo passe ici beaucoup mieux. Oui, en effet, pour le moment les personnages n'ont aucune prise sur le destin de la galaxie, mais c'est normal ! D'autant plus que l'intrigue se situe sur une période délimitée de tous les côtés par des films, films qui ne mentionnent pas les personnages que l'on suit ici. Mais n'oublions pas que c'est un western, et plus vraiment un space opéra, et jamais Clint Eastwood n'a sauvé le monde à coups de colt ! Tout est ici correctement dosé !
Que dire de plus ? Simplement un petit mot du Sabre Noir. Oui, c'est plus ou moins un spoil, mais si vous ne savez pas de quoi je parle, rassurez vous ça ne pourrira pas votre visionnage. Mais c'est un élément très important pour les mandaloriens et qui est apparu dans The Clone Wars (TCW). Faire un lien entre un film et une série animée qui était un sous produit, mauvais plan. Mais lier entre elles plusieurs séries, sachant que ne pas connaître TCW n'empêche en rien de savourer le Mandalorian, c'est plutôt bien vu ! J'avais vraiment envie de finir cette série, et maintenant, j'ai aussi rapidement envie de me replonger dans TCW; souhait aisément réalisable depuis que la saison finale est arrivée sur Disney+ ! Et cette fois, j'ai un autre article en préparation, mais il ne sera pas aussi court ! Et l'apparition de cet élément, comme des droïdes de combat de la Prélogie est vraiment un point plus que positif à mes yeux. Avant la sortie de la Postlogie, Disney avait parié à fond sur l'amour des puristes pour la Trilogie, mettant celle-ci au milieu de toute la communication, sans presque jamais faire de rappel à la Prélogie. Avec la haine que certains ont conçu pour la Postlogie, les Jar Jar et autres avatars numériques semblent meilleurs par comparaison (clairement je ne fais pas partie de ces haters basiques de la Prélogie, devenus des haters de la Postlogie, n'étant que des haters de la nouveauté). Peut-être est-ce là une raison d'un retour vers la Prélogie ? Ou en vue du succès de la saison finale de TCW? J'ai d'ailleurs lu un petit article se questionnant sur l'amour que les fans semblent porter à TCW, alors qu'il y a quelques années la série était mal considérée: son annulation lors du rachat de Disney a peut-être resserré les fans autour d'un produit Star Wars qui semblait victime de Disney...

En conclusion, si les western de Leone vous ennuient et que vous faites une overdose de Star Wars, vous n'êtes peut-être pas la cible prioritaire pour le Mandalorian, mais il s'agit d'une aventure vraiment différente des formats auxquels nous sommes habitués dans cette lointaine galaxie. Et bien sûr, amateur de Star Wars, vous devriez kiffer ! Et si vous êtes totalement neutres, allez tout de même voir cette série, c'est très joli visuellement (bon, encore une fois, c'est un western hein, pas les Gardiens de la Galaxie), bien fichu, un rythme un peu lent mais bien équilibré, et un univers qui se détaille petit à petit. Personnellement je suis assez impatient de voir la saison suivante, un peu au niveau de mon attente pour Witcher saison 2. Même si dans l'immédiat, les spoils que je tentent d'éviter de la saison finale de TCW ont pile l'ambition galactique qu'il me faut, déluges de sabres lasers au poing !

Sur ce, passez tous une bonne journée Star Wars !



épisode 181 : May the 4th ...

Aujourd'hui, c'est le 4 mai, et comme chaque 4ème jour du mois de mai depuis un moment, c'est la journée de célébration Star Wars ! Cette année, passons rapidement sur la communication désastreuse du Community Manager de Disney+ quant à cet événement qui commence par nous dire en substance et traduit par Google que : "En partageant votre message avec nous en utilisant #MayThe4th , vous acceptez notre utilisation du message et le nom de votre compte dans tous les médias". Oui, a priori, sur Twitter si vous vouliez partager une anecdote, une photo ou n'importe quoi concernant la journée Star Wars, ça retombait dans l'escarcelle de Disney+. Une sorte de sale réappropriation des fans, avant de préciser (ce qui est tout de même un peu mieux) : "Le langage juridique ci-dessus s'applique UNIQUEMENT aux réponses à ce tweet en utilisant # MayThe4th et en mentionnant @DisneyPlus" sous entendant que les messages des fans célébrant leur passion allaient peut être finir dans un post spécial aujourd'hui (je n'ai pas été vérifier, vu que ce message était programmé depuis ce week-end, vous ne m'imaginez tout de même pas rédigeant un article de blog un lundi matin, qui plus est pendant des heures de cours en visio).

Pour aujourd'hui, j'avais d'abord juste envie de partager des jolies photos, que j'ai glanées à droite et à gauche sur le net depuis un petit moment. Sans aucune légende, ni même mention des tournages dont elles sont issues, voici donc juste quelques belles photos de tournage ou de promotion des films de la Trilogie (originale, est-il encore besoin de préciser que la Trilogie est la trilogie originale, sinon je parlerais de la prélogie ou de la postlogie). Du plus consistant arrive; mais un peu plus tard dans la journée, quand j'aurais fini mes cours !

Et un dernier mot en ce jour pour remercier George Lucas. Nombre de fans le conspuent pour sa prélogie, quand ce n'est pas pour avoir vendu à Disney et donc pour la prélogie, ou pour ses multiples charcutages de la Cantina... Mais soyons réalistes une seconde, sans tomber dans le dogmatisme dont font preuve certains défenseurs de la Trilogie. Oui, George Lucas n'est pas exempt de défaut, son oeuvre non plus; mais en ce jour plus que tout autre, il faut bien reconnaître que c'est lui le conteur original, le "créateur" de Star Wars. Et même s'il a permis à d'autres de faire ce qu'ils ont voulu avec, merci à lui de nous avoir livré ce fantastique univers !












dimanche 26 avril 2020

épisode 180 : Le Retour de Francis


     Aujourd'hui, un petit article de critique littéraire. Avant de rentrer dans le vif de l'article, le livre dont je vais brièvement parler ici fait suite à L'Île des Morts de Roger Zelazny. Un bon capitaine pirate de l'espace nous a fait découvrir ce roman sur son compte Instagram au début du confinement. L’Île des Morts de Zelazny s'inspire d'une série de cinq tableaux d'Arnold Böcklin peints entre 1880 et 1886 à moins que Wikipédia ne m'abuse, qui représentent tous une île similaire vers laquelle se dirige une embarcation. Dans le roman (preeeviously donc), nous suivons Francis Sandow, l'un des derniers humains vivants, né au XXème siècle mais évoluant plusieurs siècles dans le futur, et hôte d'un "Nom Vivant", une divinité extra-terrestre de laquelle il tire de grands pouvoirs. Il est par ailleurs l'une des personnes les plus riches de l'univers grâce à sa capacité rare de modelage et de création de mondes, tout en restant bloqué dans certains travers de sa jeunesse, accroché à certaines techniques ou technologies du XXème siècle totalement obsolètes. On se souviendra par exemple de l'une de ses relations, recrutées pour un travail administratif, grâce à, tenez vous bien, un doctorat en secrétariat, mais à laquelle il préfère apprendre ce qui ressemble à des techniques de dactylo du XXème siècle pour ne pas avoir à évoluer avec son temps. Certains passages du livre reflètent d'ailleurs son époque d'écriture quant à un regard sur les femmes; ce qu'il faut d'ailleurs retenir de cette secrétaire est qu'elle devient sa femme et qu'elle "avait de jolies mains". Oui, ce résumé ne vous apprend rien sur l’histoire de l’Île des morts, mais allez donc le lire, le livre est très court, fort agréable aussi bien au niveau de son rythme, de son histoire et de son style.

La version de 1883 du tableau de Böcklin

     C'était la première fois où l'on me refaisait la lecture, depuis pas mal d'années et les lectures de SF de mon Papa. Je ne compte pas les livres audio dans lesquels aucune interaction n'est possible avec le lecteur. Eh bien l'expérience est vraiment fort sympathique, le rendez vous est d'ailleurs pris pour toutes les sessions suivantes; et l'auditoire rajoute aussi beaucoup ! Bien le bonjour d'ailleurs; c'est très agréable de pouvoir discuter ainsi de tout et de rien (et de ... hum... ce blog est toujours PG13 je crois... ) sur les réseaux sociaux sans avoir de haters qui viennent critiquer à tout bout de champ. Peut-être que je passe trop de temps sur Twitter, en fait... Bon cessons cette digression, surtout quand je pensais faire un petit article.

Alors, de quoi parlons déjà? La suite de L'Île des Morts est le Sérum de la Déesse Bleue; que j'avais fort heureusement dans ma bibliothèque. Commençons par la quatrième de couverture. Je tiens déjà à préciser que je détaillerai un peu plus ce livre que le précédent mais je ne spoilerai pas non pour celles et ceux qui voudraient le lire.



     Le récit s'articule différemment dans sa forme par rapport au précédent. Nous suivons ici pas moins de sept personnages, avec parfois de brefs changements de points de vue, certains d'à peine une page et seul le contexte nous situe celui que nous suivons. Si c'est assez pratique pour faire avancer chaque intrigue vers le dénouement global, cela s'avère de temps en temps perturbant quand il faut une demie page pour comprendre où nous sommes, et qu'une demie page plus tard, nous avons sauté en un autre lieu. Comme bémol lié à ce découpage, je regrette aussi que le roman ne développe pas plus certains personnages. Comme dans le tome précédent, point de résumé ni d'exposé pour la mise en place du contexte historique mais des détails distillés subtilement tout au long de l'histoire. Et ça, c'est vraiment appréciable.


  • On apprend ainsi qu'un terrible guerre a eu lieu entre les NADYA et les Ligues Combinées, au détriment des NADYA, laissant la Terre totalement dévastée, morte, en proie a une intense activité volcanique, n'hébergeant plus qu'un seul homme vivant : le capitaine Miles Malacar. Héros des NADYA, la fin de la guerre le laisse avec un statut diplomatique protégé mais une intense rancoeur contre les Ligues Combinées. Il use d'ailleurs de son immunité pour voyager et secrètement poser une petite bombe à droite à gauche, dans un jeu du chat et de  la souris avec les Ligues dont personne n'est dupe, ces dernières attendant l'opportunité de le coincer sans témoin lors d'un de ses raids pour l'éliminer.
  • Nous en savons en revanche beaucoup moins sur le mystérieux H, aka Heidel von Hymack qui joue un rôle si déterminant dans l'intrigue. Auréolé d'une légende de Saint guérisseur, l'ancien archéologue traverse la galaxie pour soigner les maladies les plus exotiques et mortelles contre lesquelles les meilleurs spécialistes restent impuissants. Il est à noter que certains passages sur les épidémies et leur propagation à partir d'un patient zéro prennent un goût tout particulier en cette période de confinement. Le corps de H est en effet le lieu d'un bien étrange bouillon de culture. De sain, il finit progressivement par développer l'intégralité des maladies contagieuses connues, puis, en passant en catharsis, guérit en quelques heures, redevenant sain pour quelques jours, et le cycle recommence. Son sang, voire même sa seule présence, suffisent alors à guérir les pires maladies. En revanche, il lui suffit d'un faux pas niveau timing pour devenir le pire foyer de contagion de la galaxie. Et voir ceux qui chantaient ses louanges pour une guérison miraculeuse le vouer aux gémonies le lendemain.
  • Concernant ce cher Francis Sandow, narrateur du premier opus, il prend son temps à se montrer, mentionné au détour d'une page comme une célébrité connue de tous, et toujours par de petits détails très plaisants comme son goût pour les noms les plus étranges donnés à ses création. Par ailleurs, outre la puissance financière de Sandow, personne ne semble très au courant des divinités pe'éiennes et de son accointance passée avec Shimbo. Et Sandow n'est quasiment jamais l'un des personnages que l'on suit, il est vu à travers les perceptions qu'ont les autres personnages à proximité. La religion pe'ienne est au départ juste évoquée, ainsi que les "Noms vivants" qui s'adonnent à l'astro-façonnage (d'ailleurs Sandow qualifié de paysagiste, c'est assez drôle); mais ils sont cette fois trente-et-un !
"[il] avait mis le cap sur les noyaux des Ligues Combinées : Solon, Elisabeth et Lincoln, les trois mondes artificiels créés par Sandow lui-même."

"Il t'a même offert cette drôle de pipe [...]. C'est une Bayner-Sandow en bruyère, n'est ce pas? Elles valent une petite fortune."

"Ils maudirent l'orage qui menaçait et qui rendrait à la fois inutilisable leurs bottes et leur système de détection de chaleur corporelle. L'un d'entre eux, qui connaissait son histoire, maudit même Francis Sandow, qui avait conçu et fabriqué la planète."

"[il] écouta les crapaussignols chanter au loin. Ils chantaient un morceau de Vivaldi. Un extrait de l’Été? Oui c'était bien ça."
  • Cette fois-ci, nous avons aussi un personnage féminin, nommée Jackara. Rescapée de la guerre entre les Ligues et les NADYA dans sa jeunesse, elle vit exilée sur une planète où sa seule opportunité d'emploi est un bordel d'état. Oui, il ne s'agit pas forcément du personnage qui a la backstory la plus sympathique. Remplie de haine envers les Ligues, elle exerce sa profession un peu différemment des autres employées de son bordel, ce qui inclut des fouets, des clients très particuliers et une fréquentation de sa chambre qui ne peut jamais durer bien longtemps. Et dans sa haine des Ligues, elle a développé une sorte de culte du héros Malacar, seule décoration de sa chambre. Ce qui nous conduit à des petites scènes pleines de malaise quand Malacar se retrouve dans ladite chambre. Mais non, je vous arrête tout de suite, vous ne saurez pas ce qu'il s'y passe.
    Pas vraiment l'archétype habituel de la demoiselle en détresse; elle est tirée de son bordel par Malacar qui l'emmène avec lui dans sa quête, non sans oublier le côté cynique des personnages de Zelazny. En effet, Jackara est pas mal "utilisée" par les personnages qui l'entourent. Même si à vrai dire, Malacar utilise tous ceux qui l'entourent. Et il n'est pas le seul.
  • En plus de ces personnages mentionnons rapidement le docteur Pels, Morwin et Shind. J'aurais bien aimé voir plus souvent Pels: c'est un médecin génial mais quasi-mort. Il s'est fait congeler juste avant son décès et vit depuis uniquement grâce à un générateur interne d'énergie. Morwin quant à lui est un ancien subordonné de Malacar, télékinésiste qui s'est spécialisé dans la création artistique des rêves. Recruté à nouveau par Malacar pour sa mission, il finit par tenter de se rapprocher de Jackara dans la tentive de drague la plus malaisante depuis un moment. Vous vous rendez compte, en cas de pépin, il faut bien quelqu'un pour "veiller sur la fille".

"il croisa les mains et attendit. Il n'avait rien d'autre à faire que croiser les mains. Il ne mangeait pas, ne buvait pas, ne fumait pas, ne respirait pas, ne dormait pas, ne déféquait pas, ne connaissait pas la tentation de la chair. De fait il n'avait pas de pouls. Divers agents chimiques très puissants qui lui avaient été administrés étaient la seule chose qui préservait le Dr Pels de la putréfaction."


"_Vous êtes parents?
 _Que voulez vous dire?
 _Vous êtes unis par un lien de parenté, Malacar et vous?
 _Non; On est seulement... amis.
 _Je vois. Je voudrais être votre ami, moi aussi.
Elle sembla ne pas l'avoir entendu. Il se tourna alors et fixa le sol en contrebas: la fumée forma deux volutes divergentes qui montèrent, se courbèrent, se rejoignirent pour constituer un grand cœur criblé d'étincelles au milieu duquel le nom de Jackara apparut, puis le sien. Une flèche de feu le transperça."

  • Shind quant à elle est une créature télépathe, une sorte de boule de poils soyeuse, qui assiste Malacar, mais sans être non plus dépourvue de volonté propre. Elle permet d'ailleurs des dialogues croisés fort intéressant, communiquant sur un canal télépathique fermé avec plusieurs personnages simultanément, mais sans que les autres ne connaissent le contenu des échanges parallèles. Sa capacité de communication couplée à celle de Sandow permet à certaines scène de se dénouer de façon très fluide à la lecture sans avoir besoin d'une ellipse où les personnages se feraient des comptes rendus de situation ou de ressentis. 

Sans entrer dans le détail de l'histoire et spoiler le dénouement, tous ces personnages se retrouvent mêlés à une quête, avec comme intérêt principal la personne de H. Et comme dans le livre précédent, la tension monte progressivement, il n'y a pas vraiment de passage mou; ceux qui ne servent pas à faire avancer l'histoire servent à introduire un personnage sans omettre une petite dose d'univers qui se développe au fur et à mesure. Les personnages sont souvent cyniques, prêts à utiliser les autres pour leur projets, mais finissent aussi en vieillissant par perdre certains de leurs idéaux. Malacar était initialement un commandant militaire, qui s'est transformé en terroriste pour sa cause mais il est toujours à se demander quelle serait la meilleure approche à adopter pour sa cause, et si celle qu'il tente de suivre dans le roman est vraiment bonne pour les NADYA.
La lecture est très agréable, et à la fin de l'intrigue, avec la tension montée petit à petit, le livre ne se laisse pas fermer avant le dénouement. Bien sûr, avec L'Île des Morts avant, les "Noms Vivants" et leur fonctionnement surprennent moins le lecteur que lors de leur premier apparition; mais justement, en ce centrant à peine sur Sandow et en détaillant les autres personnages, cela permet ainsi d'autres péripéties. Même si, comme je l'avais cité avant, certains personnages mériteraient plus de temps "à l'écran" et leurs arcs ne sont pas évidents à suivre quand on saute d'une page à l'autre à un autre personnage. Au final, j'ai passé un très bon moment, et même si "le premier est mieux", celui-ci est vraiment très sympathique. 

Et pour finir deux autres petites citations : la première, pour décrire ce que pourrait être un "Nom Vivant", dans ce que l’interlocuteur qualifie de jolie formule :
"Un complexe autonome à caractère parasitique doté de capacités para-normales"
Et une dernière dont je donnerai à dessein pas le contexte :
"Toi? Laid? Par tous les Noms, tu es le plus beau de tous les êtres vivants. Retourne-toi maintenant et mets toi à genoux. Adore-moi. J'exigerai de toi que tu me rendes sexuellement hommage, puis je te consacrerai mon serviteur éternel."

samedi 25 avril 2020

épisode 179 : Daren Bader

Ce soir, pour repartir sur un rythme habituel sans trop de travail d'écriture, quelques jolies illustrations de Daren Bader. Encore un illustrateur dont j'ai connu le travail grâce à Magic. Ça faisait un petit moment que je n'avais pas regardé ses productions récentes (un euphémisme qui veut dire depuis 10 ans), et pas mal de ses œuvres me font penser à du Frazetta, mais sans en être des copies sans âme; et ça, j'apprécie beaucoup ! Internet me souffle à l'oreille qu'il aurait aussi fait des illustrations pour les univers de Harry Potter et été directeur artistique pour des jeux vidéos comme Red Dead Redemption. Son compte instagram regorge dernièrement de magnifiques illustrations animalières, allez donc vous y abonner !